Zone rouge en Picardie (la)

Rouge comme le sang… Le terme de zone rouge se rapporte en fait à la couleur utilisée pour cartographier les zones agricoles considérées comme irrécupérables après la Grande guerre.


Tergnier, destructions Crédits : Creative commons l
Le boulevard Gambetta, à Tergnier

Quel devenir pour les zones dévastées ?

Zone rouge, c’est ainsi qu’on nomme une bande de terre, s’étirant des Flandres aux Vosges, et qui devait être rachetée par le gouvernement et re-boisée. Les conditions d’indemnisation des propriétaires sont fixées en 1919. Il est vrai qu’il suffit de regarder les images d’archives, pour constater à quel point il semblait impossible de rendre vie à cette terre éventrée, profanée par obus et schrapnells.

En Picardie, c’était sans compter sur le lien fort entre le paysan et sa terre, sur sa volonté de valoriser cette richesse léguée par ses ancêtres. Les rapports préfectoraux (Somme), dès 1918, et notamment en 1920, en témoignent : «  Il semblait qu’un miracle seul pourrait rendre vie à cette nature désolée et morte. Or, ce miracle s’est produit, et c’est l’éternel miracle de l’amour : il a suffi que le paysan picard revienne à sa terre, et séparée des souillures du combat, la terre s’est livrée à son maître, comme si la guerre n’avait pas passé par là ».


Soissons, destructions Crédits : Creative commons

Dans la même période, on évalue les dommages de guerre et des réparations sont proposées sur les zones sinistrées. A la Chambre des députés, Abel Gardey, député du Gers, propose que les ‘dommages de guerre’ ne soient pas réservés à la zone rouge ; les élus de la Somme protestent et obtiennent gain de cause.

 
Foucaucourt-en-Santerre, destructions Crédits : Creative commons

Quelle reconstruction  ?

Les Picards, urbains et ruraux, ont tous, peu ou prou, souffert des combats, de l’occupation allemande, subi des bombardements, et manifestent un désir d’immuabilité, en quelque sorte : la terre, aussi dévastée qu’elle soit, doit revenir à son usage premier. Et les usines, les maisons, ils les souhaitent reconstruits quasi à l’identique.

Les Picards ne partagent pas les « rêves » des architectes et urbanistes. Ceux-ci en effet, alors que la guerre n’était pas terminée, imaginaient déjà une reconstruction qui ne tiendrait pas compte des structures urbaines ou villageoises existantes, et qui répondrait aux impératifs de la géométrie et de la régularité ; dès 1916, l’Association générale des hygiénistes et techniciens municipaux avait organisé une exposition sur la ‘cité reconstituée’… Les Picards rejetèrent ne bloc toute idée de bouleversement des plans des villages.

Alors, tendance au repli sur soi, sur l’identité locale ? Ou, face au traumatisme profond engendré par la guerre, sécurité retrouvée et retour à la normale ?

 
Dans la même période, on évalue les dommages de guerre et des réparations sont proposées sur les zones sinistrées. A la Chambre des députés, Abel Gardey, député du Gers, propose que les ‘dommages de guerre’ ne soient pas réservés à la zone rouge ; les élus de la Somme protestent et obtiennent gain de cause.

 

Contributeur(s) initial(ux)

LAVAL Nadine

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