Oudry en Picardie
Un article de Picardia: L'encyclopedie Picarde.
Oudry en Picardie par "Service Régional de l'Inventaire", publié le 16/06/08
Château de Condé-en-Brie (Aisne)
Construit au XIIIe siècle puis remanié aux siècles suivants, le château de Condé est acquis en 1719 par Jean-François Lériget, marquis de La Faye, qui y fait faire de nombreux travaux d’aménagement et de décoration. La salle à manger, située au premier étage dans l’angle nord-est, est décorée peu après sous la conduite d’Oudry. Le lambris, orné de motifs végétaux et cynégétiques, enserre quatre grandes toiles, ainsi que deux dessus-de-porte et un dessus de cheminée en grisaille figurant des chiens.
Les quatre compositions principales, formant deux paires en pendants sur deux murs opposés aux fenêtres, représentent le Loup mort, le chevreuil mort, le Chien gardant un cygne mort et autres oiseaux et le Cygne se retournant vers une nature morte de poissons et d’oiseaux. Seul la dernière est signée. Les deux cygnes sont des compositions originales, le second reprenant un motif de la Pêche, une des toiles décoratives peintes par Oudry vers 1720-1723 pour l’intendant des Finances Louis Fagon au château de Voré (Paris, musée du Louvre). Les deux premiers tableaux, en revanche, sont probablement des versions d’atelier de deux toiles du maître, signées et datées de 1721, et conservées aujourd’hui à la Wallace Collection (Londres).
Cet ensemble, qui n’a pas quitté le lieu pour lequel il a été conçu il y a près de trois siècles, est exceptionnel et forme le seul décor de tableaux de salle à manger créé par Oudry encore en place.
Source :
Guillaume Glorieux, Le château de Condé. Une demeure de plaisance au siècle des Lumières, Paris, Somogy Éditions d’art, 2004, p. 74-85.
Stephen Duffy, Jo Hedley, The Wallace Collection Pictures. A complete catalogue, Londres, Unicorn Pressand Lindsay Fine Art, 2004, P 626 et 630.
Musée Condé-Château de Chantilly (Oise)
À la même époque, Henri-Jules de Bourbon-Condé, duc de Bourbon, commande en 1724 à Oudry un ensemble de trois tableaux de chasse pour la salle des gardes de l’appartement du roi au château de Chantilly : la Chasse au loup, la Chasse au renard et la Chasse au chevreuil. Ces trois compositions cynégétiques sont parmi les sujets animaliers les plus aboutis du peintre.
Les trois tableaux sont saisis en 1797. Tandis que la Chasse au chevreuil est mise en dépôt au musée des Beaux-Arts de Rouen en 1820, la Chasse au loup et la Chasse au renard sont restituées au prince de Condé sous la Restauration, avant que le duc d’Aumale ne les fasse placer en 1885 dans l’antichambre du grand appartement du petit château de Chantilly.
Sources :
J.-B. Oudry (1686-1755), cat. expo Paris, Galeries nationales du Grand Palais, 1982-1983. Paris, RMN, 1982, cat. n° 40.
Nicole Garnier-Pelle, Chantilly. Musée Condé. Peintures du XVIIIe siècle, Paris, RMN, 1995 (Inventaire des collections publiques françaises 38), cat. n° 51-52, p. 101-104.
Musée national du château de Compiègne (Oise)
En 1728, Oudry reçoit l’ordre de suivre les chasses royales et de préparer un grand tableau montrant le roi et sa suite. Le tableau Louis XV chassant le cerf dans la forêt de Saint-Germain, livré en 1730 et placé dans le cabinet du roi au château de Marly (Toulouse, musée des Augustin), obtient un tel succès que le peintre reçoit en 1733 la commande de cartons pour une tenture ayant pour sujet les Chasses royales de Louis XV. Cette suite de neuf pièces, dont le peintre doit également superviser l’exécution à la manufacture royale de tapisserie des Gobelins, est destinée à parer l’antichambre, la chambre et la salle du conseil du roi au château de Compiègne.
Les esquisses (dont huit sont conservées au musée Nissim de Camondo, Paris) et les cartons (huit au musée national du château de Fontainebleau, un au musée du Louvre) sont réalisés entre 1733 et 1746. Deux suites sont tissées simultanément aux Gobelins dans l’atelier de Monmerqué (puis de Cozette) et dans celui d’Audran. La première est placée à Compiègne et la seconde est vendue encore inachevée en 1749 à l’infant Don Philippe de Bourbon, duc de Parme.
La suite de Compiègne est présentée depuis 1947 dans l’ancienne galerie de peinture de l’impératrice Marie-Louise. Elle se situe dans la tradition séculaire du thème de la chasse royale (notamment des célèbres Chasses de Maximilien dont elle s’inspire), tout en offrant un aspect décoratif et un naturalisme éblouissants. Cet ensemble très ambitieux, qui connut un grand succès dès sa création, illustre l’apport essentiel d’Oudry dans le domaine de la tapisserie dans le deuxième quart du XVIIIe siècle. En effet, le peintre marque de son empreinte non seulement la manufacture des Gobelins, mais aussi celle de Beauvais, dont il est nommé peintre à partir de 1726, puis co-directeur de 1734 à 1755, et qu’il porte à son apogée.
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Sources :
J.-B. Oudry(1668-1755), cat. expo. Paris, Galeries nationales du Grand Palais, 1982-1983. Paris, RMN, 1982, cat. n° 60 à 62. Maurice Fenaille, État général des tapisseries de la manufacture des Gobelins. Tome III : Période du XVIIIe siècle. Première partie depuis la réouverture des ateliers jusqu’à 1736, Paris, Imprimerie nationale, 1904, p. 345-359.








