Falaises et bas-champs
Un article de Picardia: L'encyclopedie Picarde.
Falaises et bas-champs par "Le Conservatoire des Sites Naturels de Picardie", publié le 04/07/08
Malgré sa modeste étendue (environ 50 km de long), le littoral picard égrène une incroyable diversité de paysages naturels. De Mers-les-Bains à Ault, viennent mourir les ultimes falaises normandes, hautes de 20 à 80 mètres. Enormes parois de craie entrecoupées de lits de silex, elles offrent leur front rectiligne à la houle et au vent. Sous les assauts répétés des éléments naturels, la craie s’effrite, libérant les silex qui tombent à l’eau, s’arrondissent, et sont entraînés vers le nord par les courants marins. Entre Ault et le Hourdel, leur accumulation constitue, sur 16 km, l’un des plus grands cordons de galets d’Europe.
À l’abri de cette mouvante muraille de pierres, ou en retrait du massif dunaire du Marquenterre, s’étendent de vastes étendues planes, les bas-champs ou renclôtures, soustraits durablement à l’influence de la mer grâce à la construction d’une série de digues. Ces espaces, dévolus au pâturage, et plus récemment, aux cultures, sont limités à l’est par une falaise “morte”, séparée depuis des siècles de la mer et qui est le témoin de l’évolution constante de la ligne de rivage.
Le gazon d’Olympe
Sur le rebord étroit des falaises, s’accroche le gazon d’Olympe dont les fleurs roses accompagnent le chou sauvage. Plus au nord, là où les levées de galets ont été colmatées par le sable et enrichies en débris organiques, s’installent le pavot cornu et le silène maritime parmi lesquels niche le traquet motteux. Plus en arrière, entre mares et prairies, les vanneaux huppés et plusieurs espèces de canards (souchet, chipeau, sarcelle d’été) nichent régulièrement. La zone est, bien plus encore, une halte pour de très nombreuses espèces migratrices (plus de 200 !), comme le bruant lapon, venu des lointaines toundras scandinaves.
Fragile édifice
Ce territoire original est cependant menacé par l’amaigrissement du cordon de galets. Divers ouvrages (jetées portuaires, épis…), implantés sur le littoral normand, ainsi que des prélèvements opérés de longue date, ont considérablement perturbé le cheminement des galets et la consolidation naturelle et permanente du cordon.
Mots Clés
Nature
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Source : Picardie buissonnière, texte de Emmanuel Thévenon








