Babeuf à Paris sous la Convention (1793-1794)
Un article de Picardia: L'encyclopedie Picarde.
Babeuf à Paris sous la Convention (1793-1794) par "Jacques Bernet", publié le 27/03/08
Babeuf chercha des appuis dans la capitale, mais plus que jamais démuni, devait impérativement trouver un emploi. Il se lia tour à tour avec l'équivoque FOURNIER dit l'Américain (1745-1823), rédigeant ses pamphlets enflammés contre Marat lui-même au moment des troubles taxateurs de février-mars 1793, avec le patriote hollandais MAKERSTROT prétendant libérer son pays avec une "Légion batave", dont Babeuf eût été secrétaire, puis aux journalistes Sylvain MARECHAL et PRUDHOMME, pour un travail dans l'imprimerie. En avril-mai 1793, Babeuf participa à l'offensive des sections et de la Commune de Paris contre DUMOURIEZ et les Girondins, soutint le projet de Déclaration des Droits de ROBESPIERRE, se lia au procureur de la Commune de Paris Anaxagoras CHAUMETTE, applaudit à l'insurrection des 31 mai-2 juin 1793, qui élimina le "côté droit" de la Convention au profit des Montagnards, alliés au mouvement sans-culotte parisien.
Babeuf avait enfin trouvé un emploi stable grâce à l'appui de CHAUMETTE et MARECHAL, au département des subsistances de la Commune de Paris, devenant de mai à octobre 1793, secrétaire de GARIN, administrateur général des approvisionnements de la capitale, pour qui il rédigea le pamphlet "Paris sauvé par l'administration des subsistances". Le tribun royen aurait joué un rôle souterrain mais essentiel dans l'agitation des sections qui aboutit en septembre 1793 à l'adoption du maximum général des prix et salaires et à la création de l'Armée révolutionnaire parisienne envoyée surveiller les réquisitions de subsistances dans les districts autour de la capitale. Cette liaison avec le mouvement sans-culotte parisien fut une grande école politique et une riche expérience d'économie administrée pour le futur dirigeant des "Égaux".
Mais Babeuf fut alors rattrapé par l'affaire de "faux", le commissaire de la Commune de Paris à Montdidier ayant appris et communiqué sa condamnation par contumace du 23 août 1793 par le Tribunal criminel de la Somme, il fut destitué et arrêté le 14 novembre 1793. Il s'efforça alors d'éviter le transfert dans la Somme, présentée par André DUMONT lui-même comme "une seconde Vendée" ; grâce à l'appui de ce dernier et de la Commune de Paris, il put être mis en liberté provisoire, le 7 décembre. Mais le tribunal d'Amiens obtint du ministre de la Justice jacobin GOHIER sa réincarcération le 31 decembre 1793. Babeuf resta donc en prison, à Paris, puis à Laon, pendant toute la Terreur.
Le 9 juin 1794, après les démarches de sa famille et de ses amis, il obtint de la Cour de Cassation l'annulation de la procédure et du jugement d'Amiens pour "excès de pouvoir", mais fut renvoyé devant le tribunal criminel de l'Aisne, Transféré à Laon le 4 juillet 1794, défendu par la Société populaire et le procureur général syndic du département Polycarpe POTTOFEUX, futur adhérent de la Conjuration des Egaux, Babeuf put être libéré sous caution le 18 juillet, et revenir à Paris à la veille de la chute de Robespierre. L'affaire du faux rebondit pourtant le 17 décembre 1795, la Cour de Cassation estimant nécessaire de reprendre l'accusation contre le seul Babeuf et renvoyant le procès devant le tribunal de Compiègne, dont le jury d'accusation demanda, le 9 mars 1796, sa réincarcération à Beauvais. Mais à cette date, Babeuf avait déjà été arrêté à Paris sous l'inculpation bien plus grave de complot, dans le cadre de la Conjuration des Egaux, qui fit passer le révolutionnaire picard au tout premier plan de la scène parisienne et nationale, de l'époque thermidorienne au Directoire.
Babeuf, avant la Révolution (1760-1789)
Babeuf, le révolutionnaire picard, 1789-1792
Babeuf, De thermidor à la Conjuration des Egaux (1794-1797)
Mots Clés
Hier Humain Utopie Solidarité
Mentions légales
Sources :
Victor DALINE, Gracchus Babeuf, 1785-1794, Ed. du Progrès, Moscou, 1976, 582 p.
Philippe BUONARROTI, Conspiration pour l'Egalité dite de Babeuf, Bruxelles, 1828, Rééd. Ed. Sociales, Paris, 1957, 2 vol.









