Zic Zazou

Les Indiens Picards, Pupitre Casserole, puis Zic Zazou, ce sont les mêmes musiciens picards qui composent la formation. 30 ans ! Une prouesse en ces temps de zapping. Le coeur de cette compagnie au parcours atypique a toujours balancé entre spectacles de rue et prestations en salles, avec en fil rouge la musique et l’humour.


Zic Zazou - La preuve par 9 Crédits : larue.com

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L’aventure a débuté dans les années 1980, lorsqu’ils avaient de 20 à 30 ans. Après une décennie au cours de laquelle ils se nomment tour à tour Les Indiens picards et Pupitre Casserole, ils se constituent, en 1992, en compagnie professionnelle au fonctionnement proche d’une troupe théâtrale : l’un assure la direction, l’autre la trésorerie, tandis qu’un tiers compose, un quatrième construit les instruments, et que tous bricolent plus ou moins. Ils deviennent groupe d’humour musical : à mesure des spectacles, des sketchs se développent, avec jeu sur objets saugrenus, bouteilles, voire sandwichs, en parallèle de la prestation musicale.

Neuf musiciens-comédiens-chanteurs jouent de multiples instruments, souvent incongrus : guitare électrique, piano, trombone, mais aussi pieds de chaise, marteaux, bouteilles, tuyaux, et même barrière de passage à niveau... Leur registre ? Il est tout aussi éclectique : quelquefois fanfare des Beaux Arts recyclée punk, ils se transforment en groupe de rock mâtiné de musette et de funk... Leur secret ? Un authentique vitalité, et une grande complicité avec le public.

Les ’secrets’ des Indiens Picards-Pupitre Casserole-Zic Zazou :

On trouve tout, chez Zic-Zazou, surtout ce que l’on ne cherche pas : tubes en PVC, tuyau d’arrosage, moulins à café et chaises pliantes, batterie de casseroles, balais et pelle à poussière.

Chaque instrument, fabriqué en exemplaire unique, est rangé dans leur local des quartiers populaires du sud-est d’Amiens, leur port d’attache. L’endroit leur sert à la fois d’atelier à bidouille, où naissent leurs rêves, et d’entrepôt à bric-à-brac, musée farfelu où se conserve la mémoire de créations pour la rue ou la scène.

On y trouve, pèle-mêle, quantité de tambours (y compris de machines à laver) – caisses maquillées, barriques cabossées et de trompettes – de toutes tailles, de tous tons, à plusieurs pavillons. Ainsi qu’un trombone « de bureau », des pianos d’enfants, des sifflets d’agents. Enfin une « clarinette contrebasse » de quatre mètres de long, qui ne se joue qu’à quatre : « L’un souffle, les trois autres bouchent les trous avec les paumes, ce qui oblige à une décomposition des gestes en respectant la fluidité de la mélodie, belle à regarder et à écouter  » explique l’un des musiciens.

Michel, Patrice, Pierre, Bruno, Jean-François, Hervé, Frédéric, François et Alain sont musiciens, bien sûr, chanteurs à l’occasion ; ils jouent de la basse ou de la guitare, de l’accordéon ou des percussions, de la trompette, du trombone ou du saxophone. Dans leur spectacle Hors les rails, ils jouent aussi de la barrière de passage à niveau, sur laquelle chaque tige de métal est une note : «  Nous ne faisons pas de trompe-l’œil mais du trompe-l’oreille, en camouflant un instrument de musique derrière chaque objet », explique Jean-François Hoël.

Zic Zazou, en trois décennies, a surtout connu la reconnaissance et le succès dans la rue, lors de mémorables déambulations collectives qui ont emmené la troupe jusqu’au Costa Rica, au Mexique, en Australie, à Hong Kong. Depuis l’origine, un membre, un seul, a passé la main.

Leurs créations : La Bête dans la Ville (1988), La Fantastique Chevauchée (1994), Ze Spectacle (1995), En 1000 morceaux (1998), Le Kiosque (2000), Brocante Sonore (2004), Hors les Rails (2006), Obstinato (2010) et La preuve par 9 (2011). Ils ont enregistré 5 CD, un DVD et reçu plusieurs prix.

En 2012, la compagnie a connu son pic de notoriété grâce à un coup d’éclat télévisuel : devant 2 millions de téléspectateurs, Zic Zazou a remporté la « La grande battle », sur France 2, en interprétant en bleu de travail le grand air du Carmen de Bizet (joué entre autres sur caisse de vin millésimé).

Zic Zazou, désormais, cumule une soixantaine de dates chaque saison. Et fait en Picardie figure d’institution locale. « À Amiens, nous finissons par avoir pas mal de fans, notamment des jeunes adultes qui nous voyaient déjà dans la rue quand ils étaient gosses », s’amuse Michel Berte.

Certains membres du groupe interviennent régulièrement en milieu scolaire pour apprendre les secrets du bruitage aux enfants : « Je leur donne à bruiter des séquences de Mon Oncle, de Jacques Tati. » explique Michel Berte. De quoi préparer la relève.

Contributeur(s) initial(ux)

LAVAL Nadine

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