Yvert, Louis

Imprimeur et éditeur (1866 - 1950)

Après ses études de droit, Louis Yvert rentre à Amiens pour reprendre l’imprimerie et le journal royaliste de son père, L’Écho de la Somme. Républicain. Il s’associe avec un collectionneur de timbres et un expert et homme d’affaires pour éditer en 1896 le catalogue Yvert et Tellier, LA référence pour les philatélistes.


Immeuble Yvert et Tellier à Amiens - Amiens, ancienne imprimerie Yvert et Tellier Crédits : CRDP d'Amiens

Les ingrédients d’une réussite

Louis Yvert est imprimeur, éditeur à Amiens et critique d’art dans plusieurs revues parisiennes.

Son collaborateur Théodule Tellier qui a la manie de collectionner les timbres, le pousse à acquérir un modeste bulletin, l’Echo de la timbrologie, qu’il entend développer.

Pour être sûrs de réussir, ils s’associent avec Théodore Champion, un expert suisse à la mémoire encyclopédique, homme d’affaires redoutable et champion de vélo. Son jugement est sans appel.

En établissant la cote du catalogue Yvert & Tellier, il en fait une bible. Les deux Amiénois le poussent donc à s’installer à Paris, rue Drouot et vogue la galère ! Le succès est au rendez-vous.

Le catalogue Yvert et Tellier est connu dans le monde entier, c’est LA référence pour les collectionneurs de timbres. Édité pour la première fois à Amiens en novembre 1896, il est né de la rencontre entre trois hommes exceptionnels, trois personnalités insolites : Louis Yvert, Théodule Tellier et Théodore Champion.

L’héritier qui bouleverse les codes

Louis est le fils unique d’Henri Yvert qui installe son imprimerie à Amiens en 1831 et édite -entre autres- un hebdomadaire royaliste. 

Homme de convictions, Louis tente de faire évoluer la ligne éditoriale pour être en accord avec ses idées avancées. Mais, à peine a-t-il trempé sa plume dans l’encre « rouge » qu’il croule sous les lettres de protestations d’abonnés affolés. Il renonce alors à écrire et vend le journal pour rester fidèle à ses principes.

On est en 1895. Son chef d’atelier et ami, Théodule Tellier, homme de collections, lui propose aussitôt un autre magazine qui le passionnera, l’Echo de la timbrologie.

Tous deux étudient à fond le marché, discutent avec les collectionneurs et décident de lancer un catalogue international assorti d’un album pour classer les précieux papiers crantés. « Deux outils indispensables du collectionneur averti et bien organisé. Organisée comme la vie de Louis Yvert, » précise Pierre Mabire.

Au mois de novembre 1896 sort le Catalogue prix-courant de timbres-poste par Yvert et Tellier

Louis profite des bons résultats de l’affaire pour s’évader. Il voyage en Europe et sur les rives de la Méditerranée.

Le patron incontesté

Il prend l’habitude de passer l’hiver dans sa résidence niçoise. Mais il continue à diriger son entreprise d’une main de fer, se tient au courant tous les jours par téléphone et par la poste. Il signe tous les courriers.

Durant un demi-siècle, il reste l’unique décideur. Il est strict, exigeant, scrupuleux, précis et ses décisions ne peuvent pas être discutées. Par ailleurs, il respecte chacun de ses employés, qu’il salue toujours le premier et il fait tout pour que la maison tourne comme une horloge et se développe.

En son absence, l’imprimerie roule sous la houlette de Théodule Tellier et de Jeanne Petit.

Le chef de famille

Louis Yvert aime avoir ses enfants et petits enfants à côté. Mère poule, guide ou patriarche selon les jours, il exige que ses enfants et petits enfants déjeunent chez lui tour à tour, il exige que son gendre renonce à la médecine pour travailler à l’imprimerie, il exige que ses deux fils le rejoignent dans l’entreprise.

Celle-ci reste naturellement le sujet de conversation principale, mais Louis prend du temps pour s’adonner à ses penchants artistiques, pour réciter des vers ou jouer du piano et du violoncelle.

L’amateur d’art éclairé

Louis qui avait adoré sa jeunesse de dandy parisien, les années d’études en droit qui lui permettaient de sortir au théâtre et au concert et de donner libre cours à sa furieuse envie de tout connaître, renoue avec les soirées parisiennes dès que l’entreprise se porte bien. Avec son épouse, ils sont invités à toutes « les premières », ils courent les expositions internationales, parcourent les villes d’art, goûtent les plats les plus fins, bref, ils vivent à fond.

Louis, avec sens de l’humour, note toutes ses impressions, ses sensations, ses émotions dans un petit carnet. « Il collectionnait chaque instant d’une vie qu’il voulait pleinement remplie. »

Il cédera une entreprise florissante à ses enfants.

L’Écho de la timbrologie continue à paraître, les philatélistes trouvent chez Yvert & Tellier les catalogues annuels, les conseils, les outils et accessoires dont ils ont besoin et, naturellement des timbres du monde entier.

L’imprimerie Yvert et Tellier à Amiens, monument historique

la publication au mois de novembre 1896 d’un Catalogue prix-courant de timbres-poste par Yvert et Tellier . L’ouvrage assure le succès de l’entreprise jusqu’à nos jours.
L’imprimerie Yvert est installée, dès 1839, au centre-ville d’Amiens, rue des Trois-Cailloux, dans un immeuble de facture classique de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

Le développement des activités d’Yvert et Tellier rend nécessaire l’agrandissement de ses locaux.

En 1903 l’entreprise achète l’ancien hôtel de Mons, construit en 1844 et mitoyen de l’immeuble précédent.

Agrandi de nouveau en 1926, l’ensemble forme l’ilot Yvert et Tellier, qui s’organise autour d’une cour intérieure et abrite les bureaux de l’imprimerie, ses ateliers et entrepôts.

Classée à l’inventaire des Monuments historiques en 1999, la façade du bâtiment, témoin du passé architectural d’Amiens, a été préservée de la destruction lorsque l’ensemble de l’îlot est rasé en 2008.

À la place sont créés en centre-ville logements et commerces.

L’entreprise Yvert et Tellier possède toujours son siège social dans la cité picarde, au 2 rue de l’Etoile, près de Camon. Le centre des expéditions est situé dans la commune de Bonneuil-les-Eaux (Oise).

Les magasins sont présents à Amiens, Le Havre, Lille, Lyon et Paris.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Gillion, Elisabeth ; CRDP Picardie

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