Voiture, Vincent

Homme de lettres (1598 - 1648)

Il fut l’archétype du « bel esprit ».

A n’en point mentir, j’aime un peu plus la vérité quand c’est moi qui la trouve que quand c’est un autre qui me la montre. (Lettre)


Vincent Voiture, portrait par Philippe de Chapaigne

Né à Amiens, le 23 février 1598, fils d’un marchand de vins en gros (ce dont on le railla souvent), Vincent Voiture occupa diverses charges à la cour.

Il fit des poésies latines, françaises, espagnoles, italiennes, et a laissé des Lettres. « C’est lui, au reste, dit Pellisson, qui renouvela en notre siècle les rondeaux, dont l’usage était comme perdu depuis le temps de Marot. »

Admis à l’Académie française le 27 novembre 1634, il y vint peu : sa réputation de bel esprit s’était étendue à l’étranger.

Pellisson, écho de l’opinion de son époque, a dit : « Ses œuvres ont été publiées après sa mort en un seul volume, qui a été reçu du public avec tant d’approbation, qu’il en fallut faire deux éditions en six mois. Sa prose est ce qu’il y a de plus châtié et de plus exact... la lecture en est infiniment agréable. Ses vers ne sont peut-être guère moins beaux, encore qu’ils soient plus négligés. »

« Voiture, dit Voltaire, donna quelque idée des grâces légères de ce style épistolaire qui n’est pas le meilleur, puisqu’il ne consiste que dans la plaisanterie. C’est un baladinage que deux tomes de lettres dans lesquelles il n’y en a pas une seule instructive, pas une qui parte du cœur, qui peigne les mœurs du temps et les caractères des hommes ; c’est plutôt un abus qu’un usage de l’esprit. C’est le premier qui fut en France ce qu’on appelle un bel esprit. Il n’est guère que ce mérite dans ses écrits, sur lesquels on ne peut se former le goût ; mais ce mérite était alors très rare. On a de lui de très jolis vers, mais en petit nombre ».

Il meurt le 27 mai 1648 à Paris.

Vincent Voiture par « Picardia », publié le 23/05/08

Pour la tortue, poème

Voici ce que La Fontaine a écrit sur Voiture :

Chantez-nous

Non pas du sérieux, du tendre ni du doux ;

Mais de ce qu’en français on nomme bagatelle,

Un jeu dont je voudrais Voiture pour modèle.

La lecture du poème Pour la tortue confirme cette filiation :

Pour vous venir baiser la main,

je partis au mois de septembre,

du bout du faux-bourg Saint Germain,

et nuit et jour faisant chemin,

j’arrivay hier ceans à la fin de decembre ;

quelques-fois Salladin va plus diligemment,

mais il n’ est rien de tel que d’ aller seurement.

Voulant doncques vous estrenner,

pour vous faire heureusement vivre,

je n’ ay rien de meilleur que je puisse donner,

si ce n’ est mon exemple à suivre.

Vous autres beaux esprits battez trop de païs,

croyez-moy, suivez mon avis,

soit que vous poursuiviez evesché, femme, ou fille :

faites tous comme moy, hastez-vous lentement,

ne formez qu’un dessein, suivez-le constamment.

Mais c’est trop discourir, je r’ entre en ma coquille.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia

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