Viollet-le-Duc, Eugène

Architecte (1814-1879)

Architecte passionné par l’époque gothique et écrivain, Viollet-le-Duc (1814-1879) dirigea des dizaines de travaux de restauration, notamment sur les cathédrales d’Amiens (1849) et de Laon, les châteaux de Pierrefonds, de Coucy et de nombreux édifices.


Eugène Viollet Le Duc phtographié par Nadar Crédits : perso.wanadoo.fr/patrimoineindustriel/Petit20Fagnières/tour
Durant toute sa vie, Viollet-le-Duc a cédé à son goût immodéré pour le Moyen Age. Il disait « le nouveau ne peut consister que dans l’emploi de moyens inusités avant nous à des formes déjà trouvées » et il le prouvait.
Pourtant, c’est lui qui a préconisé l’emploi simultané du fer et de la maçonnerie et défini la préfabrication : « Une construction entièrement conçue à l’avance et dont toutes les parties seraient préparées à l’atelier ou à l’usine et qu’il ne s’agirait plus que de monter. »

Viollet-le-Duc est un artiste aux dons multiples. Ami de Mérimée, un temps inspecteur des monuments historiques, il lui est confié la restauration de monuments prestigieux, à laquelle il s’attache avec l’enthousiasme « scientiste » du temps. Il veut reconstruire « ce qui aurait dû être » et avoir raison contre « ce qui est » quand ce n’est pas conforme à l’idée qu’il s’en fait.
Hostile à tout éclectisme, il n’hésite pas à démolir ce qui détruit l’unité de style d’un édifice. Pourtant, ses conceptions ne sont pas celles d’un conservateur, et sur le plan technique il est favorable aux innovations comme celles de l’architecture métallique. Comme Michelet dans son domaine, Viollet-le-Duc, croyant restituer le passé, témoigne pour son époque : c’est bien un homme du XIXe siècle.
Plan de la cathédrale de Laon Crédits : Dictionnaire raisonné de l'architecture
Plan de la cathédrale de Laon, extrait du Dictionnaire raisonné de l’architecture.

Ses théories soulevèrent des critiques véhémentes, notamment après 1870 : « lorsque la fin du siècle met en cause, partout en Europe, la pratique des restaurations trop lourdes, le nom même de l’architecte devient synonyme de mauvais goût et d’inauthentique » (Anatole France, Proust, Rodin…). Cependant, lorsqu’après la première guerre mondiale, il faut restaurer les grands monuments médiévaux victimes des bombardements, sa lecture de la structure gothique et la conception qu’il se fait la restauration reviennent à l’honneur. C’est d’ailleurs une des grandes leçons que les architectes du XXe siècle ont tirées de l’œuvre de Viollet-le-Duc : concevoir la restauration non pas comme une réparation, mais comme « un projet qui mette en œuvre une lecture de l’édifice. » (Jean-Michel Leniaud)
Chateau de Coucy, croquis de Viollet le Duc

1834 : professeur suppléant à l’école de dessin de Paris
1841 : début de la restauration de Vézelay
1845 : début des travaux à Notre-Dame de Paris
1852 : début des travaux de la cité de Carcassonne
1854 : publication du Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle
1858 : début de la restauration du château de Pierrefonds
1861 : échec au concours pour la construction de l’Opéra de Paris
1863 : publication des Entretiens sur l’architecture
1873 : publication de Histoire d’une maison
1875 : publication de Histoire de l’habitation humaine depuis les temps préhistoriques jusqu’à nos jours

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia

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