Valentine Soufflet

Déportée (1919 - 1945)

Pour avoir été fidèle à ses patrons, cette employée de maison a été déportée. Avant sa mort en camp, elle a regretté de ne pas avoir été résistante. Une rue porte son nom à La Capelle.


Plaque de la rue Valentine Soufflet Crédits : CDIFF de l'Aisne
 

Victime de la Déportation, née le 17 mars 1919 à La Capelle, décédée le 28 mars 1945 à RECKLIN (Allemagne).
 

Elle est employée de maison chez le Docteur Claude MAIRESSE à Saint-Quentin dès janvier 1942. Celui-ci a organisé la résistance dans le nord du département en qualité de chef du groupement B. Valentine Soufflet suit Monsieur et Madame Mairesse dans leur fuite, sachant les risques qu’elle encourt en faisant cela. Elle connait depuis longtemps l’activité clandestine de Monsieur Mairesse. Après l’arrestation de Claude Mairesse à Paris, la GESTAPO effectue une perquisition à son domicile. Valentine Soufflet, seule présente, répond aux Allemands qu’elle ne sait pas où sont son patron et son épouse.

Elle est arrêtée le 5 avril 1944 « pour renseignements complémentaires ». Malgré la promesse de liberté en échange d’informations sur son patron, elle persévère dans son mutisme. Elle a toujours ignoré l’arrestation du Docteur Mairesse, se félicitant même tout au long de son emprisonnement et de sa déportation d’avoir été prise à sa place, persuadée que son sacrifice avait servi. En revanche, son attitude a permis de sauver Mme Françoise Mairesse. Le 6 avril 1944, elle est emmenée à Fresnes où elle reste jusqu’au 1er août. Elle est déportée à Ravensbruck le 25 août. Le 2 septembre, elle est transférée à Torgau, dans une poudrerie où elle est employée à la manutention.

Le 5 octobre, c’est le retour à Ravensbruck et le 16 octobre le transfert à Koenigsberg sur Oder où elle travaille aux terrassements sur le champ d’aviation puis à du bûcheronnage, dans des conditions d’hygiène épouvantables, des restrictions alimentaires drastiques et un froid très rigoureux. Le 5 février 1945, c’est le retour à Ravensbruck, à pied dans la neige et sans manger. Le 12 février, elle est transférée à Recklin, dans un camp d’aviation au nord de Berlin. Devenue affreusement maigre et faible, elle se rend à l’appel, pieds nus dans la neige, car on lui avait volé ses chaussures. Quelques jours après, le 28 mars 1945, elle meurt d’une broncho-pneumonie.

Elle a regretté de ne pas avoir été résistante. Très aimée de ses camarades, très pieuse, elle a trouvé refuge dans sa foi.

 

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia

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