Usines textiles Saint Frères

L’empire du textile de la vallée de la Nièvre (1857-1936)

L’entreprise Saint frères a contribué à la transformation profonde de la vallée de la Nièvre et de ses environs. Usines et logements ouvriers ont été édifiés à partir de 1857.


- Les usines Saint à Flixecourt Crédits : CRDP d'Amiens

Au cours du recensement du patrimoine industriel du département de la Somme, mené par le Service Régional de l’Inventaire de 1983 à 1990, plusieurs usines textiles fondées ou rachetées par les Saint frères ont été identifiées.

Celles-ci sont implantées dans la vallée de la Nièvre où est fondée la célèbre usine de Flixecourt ( Berteaucourt-les-Dames, Saint-Ouen), jusqu’à Beauval et Doullens mais également dans la vallée de la Somme, d’Amiens à Abbeville et Cahon ( Longpré-les-Corps-Saints, Condé-Folie, L’Étoile, Pont-Remy) ou encore dans la vallée de la Bresle (Gamaches).

Les Saint frères et la vallée de la Nièvre

La vallée de la Nièvre, comme beaucoup de vallées picardes, fut à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle une active région d’industrie textile. Un chapelet d’usines créées au long de son cours accueillaient des milliers de salariés. Les usines s’égrainaient dans chacun des villages dont elles ont profondément modifié le paysage. Flixecourt est la ville-centre de cet ancien axe industriel.

Des entrepreneurs audacieux, les frères Saint, établirent ici un empire industriel dont la spécialité résidait dans le travail du jute.

Originaires de Beauval, une commune située au Nord d’Amiens, les frères Saint ont bâti leur fortune en l’espace d’une génération grâce à leur outil industriel, le tissage de la toile de jute. Cinq usines au total s’ouvrent dans la vallée de la Nièvre, la première à Flixecourt en 1857, où travailleront plus de 6500 employés.

Usines Saint Frères, mais aussi cités ouvrières dans les communes avoisinantes (Saint Ouen, Harondel, L’Etoile …), voies de chemins de fer et … châteaux vont au cours de ces années modifier le paysage de la vallée.

Le déclin

La concurrence des pays neufs et des pays en voie de développement, le retard dans la modernisation ruinèrent l’activité textile de la région.

La crise du textile a amené des réductions successives d’effectifs, puis la fermeture des usines.

D’anciens locaux (en briques, couverts de tuiles) de l’usine textile de Flixecourt, aujourd’hui disparue, sont réutilisés par une activité commerciale. Au premier plan : la voie ferrée qui desservait l’usine.


- Reconversion d'une des friches industrielles à Flixecourt Crédits : CRDP d'Amiens

Il reste de ces usines des paysages de friches industrielles que l’on s’efforce de réutiliser (nouvelles industries, entrepôts...), sans grand succès tant ces locaux sont inadaptés aux méthodes modernes d’exploitation.

En revanche, les cités ouvrières construites par les frères Saint ont souvent été réhabilitées en logements comme celle de Moreaucourt .


- Cité ouvrière de Moreaucourt construite par les frères Saint

Ou de Saint-Léger-les-Domart : petites maisons individuelles jointives, en briques.


- Maisons ouvrières à Saint-Léger-les-Domart Crédits : CRDP d'Amiens

Un atelier de l’usine de Flixecourt, repris en 1996 par le groupe belge Sioen, travaille encore sous le nom Saint frères ; l’unité de production est spécialisée dans les tissus de camouflage et le traitement de textile technique..

Contributeur(s) initial(ux)

CRDP Picardie

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