Tissages Saint Frères de Flixecourt

Fondés en 1857

L’usine est construite en 1857 et régulièrement agrandie. Le site, avec la grande demeure, le château et les logements ouvriers (construits de 1892 à 1938), a été le centre principal de décision de la société et la résidence de ses dirigeants. Une partie de ce patrimoine a été repris par le groupe belge Sioen.


- Les ateliers de fabrication du tissage Saint à Flixecourt Crédits : Ministère de la Culture/Région Picardie/ T. Lefébure ,1988

Le tissage mécanique de jute (toile à sacs) Saint Frères de Flixecourt, s’étend également sur la commune de Ville-le-Marclet. L’usine fondée en 1857 comprend alors bureau, chaufferie, conciergerie, atelier de réparation et atelier de fabrication. Une machine à vapeur actionne des métiers à tisser le jute, les premiers à être installés en France.

Histoire

Le tissage est agrandi au sud, vers 1889, d’un atelier de fabrication et d’un bureau. La chaufferie est construite sur les plans de l’ingénieur V. Dubreuil, comme le souterrain d’accès au premier noyau.

De nouveaux ateliers sont construits au sud et à l’est, après 1901. Une partie des matériaux a été fournie par la Briqueterie Flamande créée en 1905. En 1939, le tissage employait 1300 ouvriers.

Après la seconde guerre mondiale, l’usine est à nouveau agrandie (ateliers, bureaux et réservoirs au nord-est occupés par la Cie Industrielle des Textiles et Emballages Plastiques).

Le site est devenu le centre principal de décision de la société Saint frères et le lieu ordinaire de résidence de ses dirigeants.

Après la transformation de Saint frères en S.A. en 1924, puis la reprise par Marcel Boussac, l’usine est passée sous le contrôle du groupe Agache Willot, puis de V.E.V. Prouvost.

Aujourd’hui, le groupe belge Sioen a des unités de production à Flixecourt ; il a conservé le nom Saint Frères.

Splendeur et châteaux

Au XVIIe siècle, le textile était aux mains des marchands-fabricants. Au XIXe siècle, l’industrialisation de ce secteur propulse la famille Saint au cœur de la grande bourgeoisie d’affaires.

Elle en adopte les valeurs et le genre de vie, fondé sur le travail, mais aussi sur l’imitation de la noblesse d’autrefois.

Sous la Troisième République, il ne manque qu’un château aux frères Saint, ces grands bourgeois, pour témoigner de leur réussite.

Ainsi, à la sortie de Flixecourt, face aux usines et en direction d’Abbeville, s’élèvent au cours des décennies Saint de Flixecourt trois châteaux. Sur la photo, on voit, dominant l’ensemble, le grand château familial, le château blanc construit en 1912 (au centre de l’image), puis le château rouge, qui sert de logement pour les cadres de l’entreprise, avant d’accueillir ses œuvres sociales. Le dernier bâtiment enfin est une maternité.


- Les trois châteaux des frères Saint à Flixecourt Crédits : CRDP d'Amiens

Le détail des châteaux

Rue Courbet. La demeure de l’industriel , commencée vers 1870, a été modifiée et agrandie en 1892, puis convertie en maison sociale. 


- La première demeure des Saint à Flixecourt Crédits : Ministère de la Culture/Région Picardie/ B.Dufournier,1991

Rue Jules-Verne. Le château (inscrit au titre des monuments historiques en 1980) a été construit de 1884 à 1886 (dates portées sur la grille du grand portail), pour l’industriel Jean-Baptiste Saint. Les plans en sont de l’architecte amiénois Paul Louis Delefortrie, également grand pourvoyeur d’églises néo-gothiques dans le diocèse d’Amiens au siècle du Concordat.


- Le château construit pour Jean-Baptiste Saint, sur les plans Paul Louis Delefortrie. Crédits : Ministère de la Culture/Région Picardie/ T. Lefébure ,1988

Ce bel ensemble architectural qu’éloigne de la route et du regard un vaste parc, des passants une grille également monumentale pourrait être pris pour un château de nobles de l’Ancien régime.
Pourtant, on peut lire les dates de 1884 et 1886 sur la grille du grand portail.
 


- Le château des frères Saint à Flixecourt Crédits : CRDP d'Amiens

Paternalisme et encadrement social

Avec le paternalisme, les frères Saint reprennent à leur compte l’encadrement social des populations de la vallée de la Nièvre, en même temps qu’ils s’impliquent dans la vie politique locale.


- Cité ouvrières à Flixecourt Crédits : Ministère de la Culture/Région Picardie/ B.Dufournier,1991

Les cités ouvrières à loyer modéré, ont été construites à l’initiative des frères Saint, de 1892 à 1938.

A la cité Saint-Guillaume (1892) succèdent les habitations de la rue Neuve (1895).

La cité Saint-Maurice et la cité de la Cartonnerie sont construites en deux tranches, la première vers 1898 et la deuxième vers 1900 (Cartonnerie) et vers 1907 (cité Saint-Maurice).

En 1900, le tissage à la main se pratique dans les maisons ouvrières. 

La construction de logements se poursuit après la première guerre mondiale avec la cité du Grand-Vivier (1918 ca.), le groupe de la rue Courbet (1922 ca.), la cité du sentier du Becquet (commencée vers 1922 et achevée vers 1938.), une tranche de la rue Gambetta (1923 ca.). 


Le magasin de commerce, dit économat, construit en 1910, sur les plans de l’architecte A. Bienaimé. 


- L'économat de Flixecourt Crédits : Ministère de la Culture/Région Picardie/ B.Dufournier ,1991

Les usines textiles de Flixecourt et leur environnement furent la source d’inspiration de l’écrivain Hector Malot pour son roman En famille

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Service Régional de l’Inventaire ; CRDP Picardie

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