Terre-Neuviens de Beaumont-Hamel

Site et monuments à la mémoire des combattants Terre-Neuviens

Lieu émouvant de la bataille de la Somme, le site des Terre-Neuviens de Hamel a été conservé en l’état. Un monument y est dédié aux combattants Terre-Neuviens de la Première Guerre mondiale.


Site et monument à la mémoire des combattants Terre-Neuviens à Beaumont-Hamel Crédits : CRDP d'Amiens / Michel Gombart

Le site des Terre-Neuviens de Hamel, présente la particularité d’avoir été pratiquement conservé en l’état.

Ce vaste cimetière (de nombreux corps n’ont pu être retrouvés) rappelle que le 1er juillet 1916, en quelques heures, 90 % des hommes du Premier Royal de Terre-Neuve furent tués par les Allemands.
L’aménagement de ce terrain de 16 hectares et le mémorial ont été conçus à l’architecte paysagiste Rudolph Cochius.

Entretenu par un aumônier canadien après 1918, il a été racheté par le Canada qui aujourd’hui encore en assure l’entretien.
L’ensemble a été inauguré le 7 juin 1925, par le général Douglas Haig, promoteur, avec Joffre, de la bataille de la Somme.
Le réseau de tranchées est toujours visible.


Site des Terre-Neuviens de Beaumont-Hamel - Réseau de tranchées Crédits : CRDP d'Amiens / Michel Gombart

Les monuments commémoratifs

  • Une pyramide (dédiée à la 29e division anglaise), deux stèles et la statue d’un soldat écossais en kilt (51e division écossaise).
  •  The Danger Tree (l’arbre du danger) : un arbre totalement décharné, pétrifié, seul rescapé du déluge de feu demeure au milieu des vestiges de tranchées. Il signale un point d’observation particulièrement exposé.
  • Un grand caribou en bronze, réalisé par le sculpteur anglais Basil Gotto, largement tourné vers les lignes allemandes domine une stèle sur laquelle figurent 800 noms de soldats de Terre-Neuve. Au sommet de la butte, une table d’orientation. Aux pieds de ce symbole de Terre-Neuve, trois plaques de bronze recensent les noms des 814 soldats terre-neuviens qui tombèrent au champ d’honneur et dont la sépulture reste inconnue.


Inauguration du mémorial « caribou » terre-neuvien en 1925 Crédits : National library of Scotland, Wiki commons

Particularité des combattants Terre-Neuviens

À Vimy (Pas-de-Calais), on peut visiter le Mémorial national canadien de la Première Guerre mondiale. Mais à Beaumont-Hamel, dans la Somme, près d’Albert, se trouve le monument des Terre-Neuviens parce qu’à l’époque, Terre-Neuve (Newfoundland) est un État autonome de l’Empire britannique et ne fait pas partie du Canada. L’île de Terre-Neuve n’est rattachée au Canada qu’en 1949.
En 1914, comme tous les autres pays de l’Empire Britannique, Terre-Neuve lève une armée de volontaires. Sur 250000 habitants , 6000 hommes partent au combat, dont 1305 tombent au cours du conflit.

A Beaumont-Hamel, au matin du 1e juillet 1916, 801 soldats sont pris sous le feu des mitrailleuses allemandes. À peine une heure plus tard, les 60 officiers sont tués et il ne reste plus que 68 soldats indemnes.

Ce régiment de la 29e Division reçoit à ce titre le titre de Corps royal, un privilège accordé trois fois lors de la Première Guerre mondiale, et devient le Royal Newfoundland Regiment .

Il faut attendre le 13 novembre 1916 pour voir les Écossais s’emparer de la tranchée ennemie, au terme de deux mois et demi de combats (pour gagner environ 300 m de terrain !). 

Un petit cimetière où reposent les corps de soldats de douze nationalités différentes a été aménagé à l’issue des combats.
Un autre monument dédié aux Terre-Neuviens est érigé à Gueudecourt près de Bapaume. 

The Hunter cemetery


The Hunter cemetery Crédits : Canopé-CRDP Amiens

C’est l’un des trois cimetières du parc terre-neuvien. Trois cimetières sur une vingtaine d’hectares. Plusieurs autres se trouvent à l’extérieur du mémorial, à proximité immédiate. Un tel nombre traduit l’âpreté des combats. Cette multiplicité des nécropoles relève également de la tradition d’inhumation britannique : les soldats morts ne sont pas rapatriés et sont enterrés au plus près de l’endroit où ils sont tombés. Ainsi, si l’origine du nom de ce cimetière n’est pas connue, les 46 soldats appartenant à la 51e division écossaise qu’on y dénombre sont tombés le 13 novembre 1916 lors de l’assaut qui a permis aux troupes britanniques de s’emparer de la première ligne allemande et du village de Beaumont-Hamel. Cet assaut marque symboliquement la fin de la bataille de la Somme.

L’aménagement d’après-guerre a épousé et respecté les conditions d’une inhumation conditionnée par les conditions de combat : la forme du Hunter’s Cimetery est celle d’un trou d’obus comblé par les corps ensevelis. Il offre en cela une impression violemment contrastée : celle d’un rapport apaisé avec la mort de masse grâce à cette omniprésence des fleurs et cette conception d’un cimetière perçu comme un jardin anglais, et celle d’un rappel à ce que fut la réalité de cette guerre : près de 80% des victimes furent tués par des tirs d’obus et d’artillerie.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Sahaguian Franck

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