Sylvius, Jacobus (Jacques Dubois)

Médecin (1478 - 1555)

Vraisemblablement issu du collège de médecine d’Amiens, Sylvius est un adepte fervent de Galien. Ses dissections ont permis de faire progresser l’anatomie. Il nomme de nombreuses parties du corps humain, et s’intéresse particulièrement au cerveau. Il enseigne l’art de la dissection en faisant pratiquer ses élèves eux-mêmes.


Jacobus Sylvius - Creative commons
Parcours scientifique

Jacques Dubois, dit Jacobus Sylvius, dit encore Sylvius d’Ambiani est plus connu sous le nom de Sylvius, né à Amiens en 1478 et mort à Paris le 14 janvier 1555. Il est fort probablement issu du collège de médecine d’Amiens (voir le collège de médecine Picard de Paris du XIVe au XVIe siècle). Ardent défenseur du Galénisme, il l’enseigne à de nombreux disciples. Le galénisme se réfère aux pensées de Galien telles que la théorie des humeurs ou le fait d’observer l’anatomie humaine à travers les cadavres d’animaux considérant que ces derniers sont conçus comme l’homme. Sylvius apprend à ses élèves à disséquer par eux-mêmes pour mieux observer et décrire. Parmi ses étudiants, l’un d’entre eux va suivre les préceptes du maître : le médecin belge Vésale, à qui nous devons les premières planches anatomiques de l’homme. En pratiquant lui-même les dissections de cadavres humains sans l’aide des barbiers-chirurgiens, il va remettre en cause les descriptions de Galien. Cette critique du médecin grec entraîne un conflit entre Sylvius et Vésale. Sylvius réfutera toute sa vie les remises en cause effectuées par son élève.

Découvertes

En pratiquant lui-même ses dissections, Sylvius observe de nouvelles structures anatomiques auxquelles il a donné son nom. Ces parties du corps humain sont toujours nommées de cette manière. La scissure de Sylvius est un pli de l’encéphale donnant l’impression d’une fente. L’aqueduc de Sylvius également appelé aqueduc du mésencéphale est un tube au niveau du tronc cérébral, il draine le liquide céphalo-rachidien. L’artère sylvienne ou artère cérébrale moyenne, irrigue le cerveau et la chair carrée de Sylvius ou muscle carré plantaire est un muscle fléchisseur des orteils passant au dessus du pied. Ces découvertes sont d’ordre anatomique car la médecine de cette époque est surtout descriptive alors que la médecine du soin traite les symptômes et non les causes des maladies.

Retombées

Les retombées de l’influence de Sylvius sont de deux ordres : anatomique et professoral. L’anatomiste a contribué à nommer différentes parties du corps. Donner des noms c’est avant tout identifier une structure particulière et une fonction. Les travaux d’anatomie de Sylvius portent essentiellement sur le cerveau.

Le professeur est plus ambigu. Il enseigne l’art de la dissection en renvoyant les barbier-chirurgiens et en faisant pratiquer ses élèves eux-mêmes. Quand Vésale poursuivra ses travaux très largement influencés par Sylvius dans la pratique, ce dernier réfutera ses conclusions. Sylvius n’acceptera jamais la remise en cause de Galien pourtant effectuée par sa méthode. Il y a rupture épistémologique entre lui et son disciple. Il n’y a aucune différence entre la pratique de Sylvius et de Vésale. La différence se fait dans l’analyse des observations. Quand Sylvius dissèque pour montrer ce que décrit Galien, Vésale dissèque pour constituer une planche anatomique en s’appropriant les techniques de son maître. Nous pouvons donc conclure que Sylvius est à la fois un anatomiste galéniste et un passeur de savoir. Il est la charnière entre l’héritage galénique et la naissance d’une nouvelle médecine.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Vous pouvez aussi laisser un commentaire sur cet article

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.