Industrie sucrière en Picardie

Évolution et concentration

La Picardie est l’une des deux grandes régions betteravières françaises. Ses terres fertiles lui assurent un rendement de 12 à 13 tonnes de sucre à l’hectare contre une moyenne de 8 tonnes pour les autres pays européens. L’Aisne est un grand département betteravier, et donc sucrier. 


- vue aérienne rapprochée de la sucrerie de Bucy le Long (02) Crédits : CRDP d'Amiens

Sucrerie-distillerie de Bucy-le-Long (Aisne)

Sur la photo, à droite, l’Aisne navigable, utilisée pour le fonctionnement de l’usine (appontements sur la rive), au centre : les installations industrielles et les silos de stockage, à l’arrière : ballastière crevant le fond de vallée.

Présentation de l’entreprise sur son site : « Le site de Bucy-le-Long (Aisne) produit du sucre pendant la campagne betteravière, et développe des activités de conditionnement des sucres industriels et de production d’alcool tout au long de l’année.
La capacité de l’usine est de 15 200 tonnes de betteraves par jour. Le site emploie 161 salariés permanents et 57 saisonniers durant la campagne betteravière.
La sucrerie-distillerie travaille  21 500 hectares de betteraves produites par par 850 associés coopérateurs . Elle fabrique 220 000 tonnes de sucre blanc par an. La distillerie produit 41 000 m3 d’alcools traditionnels par an. Le site produit également 85 000 tonnes de pulpes surpressées et 64 000 tonnes de pulpes déshydratées. »

La sucrerie d’Origny-Saint-Benoite (Aisne)


- Sucrerie d'Origny (02) Crédits : CRDP d'Amiens

A Origny, petite commune située entre Saint-Quentin et Guise, au nord du département, une distillerie est créée en 1932 par des planteurs de betteraves constitués en coopérative. Elle devient sucrerie-distillerie en 1951.

En 2006, à la suite de nouveaux investissements – 200 millions d’Euros - est inaugurée la nouvelle unité de production du groupe Tereos, anciennement Beghin-Say.


- Sucrerie d'Origny (02) Crédits : CRDP d'Amiens

Celui-ci, premier français et deuxième européen, a fait du site axonnais d’Origny la plus grande distillerie de betteraves au monde. Il est devenu une entreprise multinationale. Cette activité industrielle est aujourd’hui fortement marquée par les restructurations, un intense mouvement de concentration de sa production. 

Outre les activités classiques de production et de conditionnement du sucre grand public (100000 tonnes de sucre blanc par an), l’usine d’Origny produit 300000 m3 d’alcool et d’éthanol par an à partir de jus de betterave d’Origny en campagne – issus des 22222 hectares de betteraves produites par 900 associés-coopérateurs -, mais également de sirops de basse pureté des autres sucreries d’Origny, Boiry, Escaudoeuvres et Chevrières en inter-campagne.

La capacité de l’usine est de 20237 tonnes de betteraves par jour et le site emploie 300 salariés permanents, ainsi que 72 saisonniers durant la campagne betteravière.

Situé sur les rives de l’Oise canalisée, de part et d’autre, il couvre plusieurs hectares : parking, cuves de stockage, distillerie, zone d’expédition … en bordure de la commune et de ses nouveaux lotissements pavillonnaires. Quelques haies, quelques parcelles de bois préservées tentent bien de cacher un peu de l’ensemble à la vue. Celui-ci, comme toutes implantations industrielles à proximité d’une agglomération, apporte son lot de nuisances, visibles dans le paysage, mais également invisibles (bruit et odeur).

Sucrerie de Sainte Émilie (Oise)


- Sucrerie de Sainte Émilie (02) Crédits : CRDP d'Amiens
Dans la Somme, la Société Vermandoise Industries s’est également développée au cours de ces dernières décennies, en rachetant la sucrerie de Pithiviers, dans le Loiret, en 1972, puis celles de Fontaine-le-Dun, en Seine-Maritime, et de Toury, en Eure-et-Loir, en 1993. Et si le siège social de l’entreprise est situé à Estrées Deniécourt, depuis 2001, sa création remonte à 1857, un siècle et demi déjà, avec l’usine de Sainte-Émilie, à Villers-Faucon, près de Roisel.

Émilie, une jeune femme devenue religieuse, est le prénom de la fille cadette d’Henry Vion. Ce dernier, propriétaire et exploitant de la ferme de Leuilly, décide d’installer sa propre sucrerie-distillerie sur ses terres, sur la colline dite du Mont de Leuilly. Plus tard, son château témoignera de la réussite et de la prospérité de son entreprise. Elle est reconstruite en 1924, après la première Guerre mondiale et les destructions issues du retrait allemand autour des lignes dites Hindenburg.


- Sucrerie de Sainte Émilie (02) Crédits : CRDP d'Amiens

A cette époque, Sainte-Émilie, qui est la sucrerie principale, est alimentée par 5 râperies des communes avoisinantes.

Elle emploie plus de 600 ouvriers et sa production annuelle s’élève alors à 7000 tonnes, soit 10 fois plus que lors de sa création.

Actuellement elle est de 210000 tonnes de sucre et ne cesse de croître. A l’est du village, la cité sucrière comprend un ensemble de bureaux et d’ateliers de fabrication, de bâtiments à usage industriel, mais aussi des logements construits en briques et des jardins qui datent pour la plupart des années 1930.


- Sucrerie de Sainte Émilie (02) Crédits : CRDP d'Amiens

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; CRDP Picardie

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