Sucrerie et distillerie de Francières

Créée en 1829

Créée en 1829, la sucrerie de Francières est rachetée dès 1833 par Crespel-Delisse qui la modernise. Cette sucrerie, l’une des plus ancienne de Picardie, a fonctionné jusqu’en 1969.


Sucrerie et distillerie de Francières Crédits : Région Picardie

Fondée en 1829 par Thirial et Bertin, la sucrerie de Francières est l’une des plus anciennes sucreries de Picardie ; elle a fonctionné jusqu’en 1969. Elle témoigne par son histoire et par ses bâtiments, dont certains remontent à la création de l’usine, d’une aventure industrielle importante de la région, marquée par la personnalité de Crespel-Delisse, l’un des pionniers de l’industrie sucrière en France.

Inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1999, la sucrerie de Francières est au cœur d’un projet de valorisation, porté par la Région Picardie et inscrit au Contrat de plan Etat Région 2007-2013.


Les origines et l’apport de Crespel-Delisse (1829-1859.

Une première sucrerie est établie en 1829, près de la ferme de Fresnel, à l’écart du village de Francières. La société qui dirige cette première fabrique de sucre associe un important propriétaire de l’Eure, le général Pierre Alexandre Dauger, et son fermier, César Auguste Thirial, exploitant de la ferme du Fresnel et Maire de Francières depuis 1815. Parmi les fondateurs figurent aussi le maître de la poste aux chevaux de Roye, Edouard Bertin, ainsi que plusieurs membres de l’aristocratie, tels Louis-Fortuné, vicomte de Riencourt, Barthélemy-Léonard de Talloubre et Hector Ledru, fabricant de sucre à Roye, disciple de Crespel-Delisse. L’établissement affiche la raison sociale Thirial et Bertin. En 1830, il prend le nom de Cadeau, à la faveur de l’arrivée de ce dernier. Des difficultés de fonctionnement aboutissent à la dissolution de la société Cadeau en 1932. Sous l’impulsion d’Hector Ledru, Crespel-Delisse rachète la sucrerie en avril 1833 et en prend la direction. A l’époque, la fabrique ne se compose que d’un atelier de fabrication principal, de deux pavillons d’entrée et de logements destinés aux ouvriers. Mais rapidement, Crespel-Delisse va développer la productivité du site en installant des machines à vapeur plus puissantes et en construisant plusieurs bâtiments industriels et agricoles. La production annuelle atteint alors 320 t de sucre en 1849. A l’époque, une cinquantaine de personnes travaille et loge au hameau de la sucrerie.

Malgré de sérieuses difficultés financières, Crespel-Delisse souhaite poursuivre la modernisation de l’usine de Francières. Il commence par racheter en 1850 les terrains voisins de Dauger en vue de l’extension. Mais en 1854, il est contraint de trouver d’autres ressources financières pour mener à bien ses projets. Il s’associe à Jean-François Claude Leyvraz, ingénieur, et à deux banquiers parisiens, Jean-Pierre Pescatore et Frédéric Grieninger, et fonde la société Leyvraz et Cie. A la sucrerie est adjointe une distillerie, autorisée par arrêté préfectoral du 15 mars 1855. Leyvraz assure dès lors la direction de l’usine. En 1857, Crespel-Delisse se retire, ruiné. Pour solder une partie des dettes, l’usine de Francières est vendue en 1859. Elle est, à l’époque, l’une des plus importantes sucreries du département de l’Oise, équipée entre autres de six générateurs d’une capacité de 200 chevaux, de deux ateliers de râpes, de seize presses hydrauliques, et de quatre râpes montées.

 

L’ère Charles Gallois et François Dupont (1859-1881)

En 1859, l’ensemble est acquis par Frédéric Grieninger, déjà actionnaire de la précédente société, et Denis-Marin Bachoux. Ils confient la direction de l’usine à Charles Gallois, auparavant directeur d’une sucrerie en Egypte. L’usine retrouve une activité importante et emploie jusqu’à deux cents personnes en campagne. Le site est également agrandi en 1867 et en 1874. Il est doté d’une nouvelle chaufferie avec une cheminée au centre de la cour, d’un four à chaux, et de nouvelles extensions des ateliers. De cette période datent également l’orangerie, plusieurs logements destinés aux contremaitres et aux ouvriers. En 1877, Gallois fait venir le chimiste François Dupont, particulièrement investi dans l’association des chimistes de sucreries. Grâce à ses compétences, la sucrerie adopte très rapidement le procédé de diffusion qui permet d’accroître la productivité de l’usine. L’ensemble est encore modernisé et étendu au sud vers 1880, avec la construction d’une nouvelle distillerie, d’un four à potasse et de deux entrepôts industriels.

La plupart des constructions de cette période particulièrement faste existent toujours et participent pleinement à l’intérêt historique et architectural du site.

L’ère Bachoux et les débuts de la société anonyme (1884-1906)

A partir de 1884, Denis-Marin Bachoux transforme la structure juridique de l’entreprise et crée la société anonyme de la Sucrerie et Distillerie de Francières. Il évince le directeur Gallois et le remplace par Prudent Druelle, qui dirigeait la sucrerie de Courcelles. Les débuts de la société sont marqués par une grande prudence financière ; la faillite personnelle de Bachoux se répercute sur la société. Cette période est également marquée par le raccordement du site à la ligne de chemin de fer en 1893 et par quelques modernisations techniques, comme l’adoption d’une nouvelle diffusion en 1904.

L’ère Gaston Benoît (1900-1947) et les aménagements du XXe siècle.

A partir de 1906, la direction de la sucrerie est assurée par Gaston Benoît, ancien directeur de la sucrerie de Crépy-en-Laonnois (Aisne) et époux de Marguerite Lesage, petite-fille de Prudent Druelle. Jusqu’en 1945, Gaston Benoît va montrer une volonté marquée de veiller au développement technique de la sucrerie ; il est en effet impératif de se moderniser pour rester concurrentiel ! Dans les années 30, Benoît investit la partie nord du site en construisant une nouvelle distillerie, deux réservoirs à alcool, une laverie et une chaulerie.

L’industriel se montre également attentif à l’aspect social et à l’amélioration des conditions de vie de ses salariés. Dès 1907, il installe une école dans une partie des anciens logements ouvriers. Outre les nouvelles maisons ouvrières qu’il finance dans les années 30, de l’autre coté de la route nationale, il favorise l’accès aux soins médicaux gratuits. Il fait également aménager une chapelle au rez-de-chaussée de la grande halle de fabrication.

Le souci de protection et de bienveillance de Gaston Benoît envers son personnel ira jusqu’à la construction d’un bunker souterrain, en face de l’usine. La tradition locale rapporte que cet abri servit en mai 1940 et en août 1944. Gaston Benoît décède en juillet 1947, deux ans après avoir cédé la tête de l’entreprise à son gendre, Jean Valette. A partir de 1951, Marguerite Benoît, femme de Gaston Benoît, assure avec sa fille le maintien de l’activité sucrière sur le site jusqu’en 1969. Après cette date, la sucrerie ferme définitivement ses portes. Désormais, le site est partiellement occupé par une activité agricole.

Les enquêtes de Mémoire Vivante de Picardie

Vous retrouverez ici plusieurs dizaines de photographies du site de Francières. Dans ces enregistrements sonores, une institutrice revient sur l’école et la vie sociale et quotidienne à la sucrerie de Francières http://www.memoirevivante.picardie.fr/4DCGI/X_Web_AffichePlayerMP3/sucrerie26.mp3/MEMO03/
On peut également entendre un calorifugeur,un laborantin, un conducteur de tracteur et un transporteur sucrier. http://www.memoirevivante.picardie.fr/4DCGI/X_Web_AffichePlayerMP3/sucrerie07.mp3/MEMO03/ http://www.memoirevivante.picardie.fr/4DCGI/X_Web_AffichePlayerMP3/sucrerie13.mp3/MEMO03/

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Service Régional de l’Inventaire

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