Spahis sur le front

Spahi est une appellation d’origine turque, (issu du persan سپاهی sipâhi « soldat », qui a aussi donné cipaye ou sepoy), traduite le plus fréquemment par « cavalier ».

En 1914, quatre régiments de spahis algériens sont encasernés à Médéa, Sidi-bel-Abbès, Batna et Sfax (en Tunisie). Un 5e régiment de spahis algériens est créé lors de la mobilisation générale d’août 1914. Un mois plus tard, en septembre, une brigade de marche est constituée à l’aide d’escadrons provenant de toutes les unités. Les spahis algériens combattent dès le début des hostilités.

Pendant ce temps-là, au Maroc, les autorités françaises réunissent quatre escadrons auxiliaires de chasseurs marocains et les dirigent sur la France, où ils forment le régiment de marche de chasseurs indigènes à cheval.

Les Spahis algériens en Picardie


Patrouille de Spahis algériens - Calendrier 1916 Crédits : Leburnous

Les Spahis algériens sont déterminants dans la bataille de la Marne, lorsqu’ils ’couvrent’ l’armée française depuis l’Aisne.

On les retrouve en 1916, ils combattent dans la Somme, et font partie des unités qui libèrent l’Oise, et ce sont eux qui entrent les premiers à Noyon, en mars 1917.

« Le Spahi a combattu sous tous les cieux, suivant une tradition immuable. Essentiellement cavalier, il en a l’esprit, même si de nouvelles règles l’obligent à délaisser sa monture. Face aux plus vastes horizons, son intelligence est toujours en éveil ; son coup d’oeil, son mépris de la mort font de lui le meilleur cavalier d’avant-garde. (...) Il a cette élégance et cette noblesse qui donnent à son action un cachet particulier. Orgueilleux des missions délicates qui lui sont généralement dévolues, il est toujours à la pointe du combat et, chaque fois que la situation tactique le demande, il va jusqu’au sacrifice total... » (Général Wateau).

http://www.okbob.net/article-beau-reportage-sur-les-spahis-54691032.html

Fatima la Marocaine, l’amour et la guerre


Fatima la Marocaine - « Des femmes qui se battent en vrais soldats », Le Miroir du 13 juin 1915 Crédits : Gallica

Fatima est Marocaine. Elle est amoureuse. Alors, lorsque son compagnon, qui sert dans le 1° Régiment de Spahis Marocains, est mobilisé, elle se déguise en homme, s’introduit dans un transport de troupes à destination de la France ..., certainement avec la complicité d’autres Spahis, d’aprés le général Dupertuis ( alors commandant du régiment ).

Elle est découverte à son arrivée en métropole.
Autorisée à rester avec son régiment, elle participe aux combats, mais lorsque le régiment prend la direction de l’Orient , en 1918 , elle rentre vraisemblablement au Maroc.

Le MIroir * du 13 juin 1915 publie une photo de Fatima, légendée « Fatima la marocaine a suivi son unité maghrébine depuis le début de la bataille et a combattu courageusement comme un homme ».

* Le Miroir , hebdomadaire illustré consacré essentiellement à la photographie d’actualité a été fondé en 1910 ou en 1912 pour succéder au Supplément illustré du Petit Parisien. Il connut sa plus grande diffusion durant la Première Guerre mondiale, et se consacra exclusivement au conflit, jusqu’à la fin de la guerre.

Une part décisive, et quelle reconnaissance ?


Campement de Spahis marocains - Ribécourt Crédits : Wiki commons

L’armée d’Afrique s’illustre dans les principales batailles, en Champagne, à Verdun , dans la Somme, et dans les offensives victorieuses finales. La Division Marocaine est l’unité la plus décorée de la cavalerie.

Les faits d’armes de cette armée lui vaut les plus hautes distinctions : drapeaux décorés de la Légion d’honneur ou de la Médaille Militaire , la Fourragère rouge à la couleur de la Légion d’honneur, alors que les affectifs au combat à la fin de la guerre ne représentent que 5% des combattants.

« Les musulmans ont plutôt bien répondu à l’appel de ce qu’on nommait leur »patrie adoptive« . Au front, les Algériens furent des soldats parfaitement disciplinés. Les appels à la guerre sainte venus de l’Empire ottoman (allié de l’Allemagne, ndlr) n’ont eu quasiment aucun écho. En revanche, les colons n’étaient pas très chauds de voir que l’on apprenait aux »indigènes« à se battre. Après la guerre, ces musulmans croyaient obtenir une meilleure reconnaissance. Mais rien ne vint. » (Jean-Dominique Merchet, libération.fr)


Spahi sénégalais Crédits : Wiki commons

Bilan approximatif des troupes maghrébines : aux côtés des appelés de la métropole , 175 000 Algèriens ( dont 35 000 tués blessés ou disparus ) , 40 000 Marocains ( dont 12 000 tués blessés ou disparus ) et 80 000 Tunisiens, dont 21 000 blessés tués ou disparus.
http://france3-regions.francetvinfo.fr/picardie/il-y-cent-ans-les-saphis-dans-la-guerre-789195.html

Contributeur(s) initial(ux)

LAVAL Nadine

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