Soissons

Commune de l’Aisne

Soissons, seconde ville du département de l’Aisne fut l’une des villes royales des premiers Mérovingiens.


Soissons, vue aérienne - Soissons, vue aérienne Crédits : CRDP d'Amiens

Code postal : 02200

Nombre d’habitants : 28646 en 2010

Gentilé : Soissonnais et Soissonnaises

Le sobriquet picard des habitants de Soissons est : Chés béyeus d’ Soissons (Les habitants regardaient bouche bée). 

Soissons se place au sixième rang des agglomérations picardes.

La ville est située au pied d’un plateau boisé, modestement incisé par la vallée de la Crise (à droite) et d’un petit ru affluent (premier plan). A l’avant droit sur la photo, on remarque le village suburbain de Berzy-le-Sec, avec, en arrière, une ligne boisée soulignant le fond de vallée de la Crise que suit le hameau de Vignolles, tout en longueur. Au second plan : Soissons avec, à gauche, un grand ensemble d’immeubles collectifs et, au centre gauche, le coeur de la ville. Vers la droite : la zone industrielle de Saint-Médard.

L’histoire

 Au cœur du dispositif militaire romain, la cité est une des villes royales des premiers Mérovingiens, une faveur qu’elle conserve sous la monarchie capétienne. Les XIIe et XIIIe siècles sont une grande période de prospérité pour la riche région agricole du Soissonnais, les bourgeois de Soissons.

Cette période faste de l’histoire de la ville marque son paysage à la fin du Moyen Age.

La ville connaît les ravages de la Guerre de Cent Ans, étant saccagée par les Armagnacs, au mois de février 1415.

L’épisode le plus célèbre de l’histoire de Soissons :

Le vase de Soissons

La ville aujourd’hui


Soissons, vue aérienne - Soissons, vue aérienne Crédits : CRDP d'Amiens
Son plan quadrangulaire s’ordonne de part et d’autre de l’axe rectiligne ouest-est qui, venant de Rouen-Beauvais-Compiègne, franchit l’Aisne (en haut à gauche) pour rejoindre Reims. Il croise l’axe nord-sud au niveau de la grande place plantée d’arbres. Ce géométrisme vient de la reconstruction après la Première Guerre mondiale.


Soissons, vue aérienne - Soissons, vue aérienne Crédits : CRDP d'Amiens

L’agglomération, assez peu étendue, s’étale entièrement dans la plaine alluviale, et pour l’essentiel à l’ouest de la rivière.

À l’arrière-plan, elle se prolonge par des faubourgs dominés par quelques immeubles collectifs et de nombreuses usines attirées par les espaces plats le long de la voie navigable. Accessible seulement aux petites péniches de 300 t, celle-ci n’en accueille pas moins de puissants silos à céréales. Sur le bord gauche du cliché, juste en avant de l’Aisne, se dresse l’hôtel de ville.

La sous-préfecture se trouve entre la cathédrale et l’abbaye Saint-Jean, en bordure du vaste espace arboré où sont implantés divers établissements scolaires.

Soissons, vue aérienne - Soissons, vue aérienne Crédits : CRDP d'Amiens

La nationale 31 relie le complexe industrialo-portuaire de la Basse-Seine à Reims en passant par Beauvais, Compiègne et Soissons. Malgré l’importance économique de cet axe, aucune autoroute n’a été programmé. Aussi le conseil régional a décidé d’élargir et de moderniser la N31 qui croise à Soissons l’axe routier sud-nord menant de Paris à Laon, Maubeuge, Bruxelles ou Liège.

Une rocade, visible sur la photo, permet de contourner le centre de l’agglomération qui se situe aussi sur la voie navigable à petit gabarit de l’Aisne. Cette position favorable explique son développement urbain.

Zone d’activités


Soissons, zone d’activités - Soissons, zone d'activités Crédits : CRDP d'Amiens

Au premier plan, à l’est de Soissons, une vaste zone d’activités associant usines et entrepôts vient d’être créée en pleine campagne sur des terres soustraites à l’agriculture.

Le prix du terrain est plus faible et l’accès automobile plus aisé qu’en ville. Implantée à l’écart de la voie d’eau, pourtant navigable aux petites péniches de 300 t, elle est desservie par la voie ferrée (de gauche à droite en arrière d’elle) et surtout par les axes routiers dont dépend principalement son activité.

Près de l’Aisne, qui dessine à l’arrière-plan un méandre, se dressent d’énormes silos à grains (pour l’exportation par péniches) et une sucrerie responsable des vastes plans d’eau géométriques qui sont les bassins de décantation de ses eaux de lavage.

Technopole


- Soissons, technopole Crédits : CRDP d'Amiens

La technopole de l’Aisne, Parc Gouraud, 52 Boulevard Jeanne d’Arc, à Soissons est la première technopole européenne du logiciel libre.

Les années 1990 sont une période dépressionnaire pour l’économie du Soissonnais. En 1999, Michelin quitte Soissons. Et ce n’est qu’un exemple, puisqu’au total, près de 1200 emplois ont été directement supprimés dans cette ville d’alors 30000 habitants.

S’y ajoute pour le commerce local le départ du 67e régiment d’infanterie, dans le cadre de la restructuration de l’armée française.

Face à cette crise et à la concurrence directe d’autres agglomérations, comme Reims, Compiègne ou Saint-Quentin, et la proximité de Paris, Soissons a fait le choix d’une politique de développement originale : créer un pôle d’excellence en logiciel libre, le S.I.L.(Soissons Informatique Libre). Le site retenu est d’ailleurs l’ancienne caserne Gouraud.

Acquis au mois de juillet 2001, inaugurée en deux tranches successives en 2006 et 2008, la technopole est située sur l’un des grands boulevards résidentiel, au cœur du centre-ville.
D’une surface de 13 hectares et d’une capacité de plus de 40000 m2 de bureaux et de services, elle est ouverte aux entreprises œuvrant dans le domaine du tertiaire, des hautes technologies, de la recherche, du développement et des services.

Celles-ci peuvent d’ailleurs bénéficier d’un dispositif d’exonérations de taxe de la Zone Franche Urbaine de Soissons.

Hôtel, parking, clinique, logements, auditorium et Internet à très haut débit sont les équipements proposés, pour un coût total de plus de 4 millions d’euros, financés pour moitié par le Conseil régional et l’appel à des Fonds européens de développement (F.E.D.E.R.).

Le marché couvert 


Soissons, marché couvert - Soissons, marché couvert Crédits : CRDP d'Amiens

En 1895, Honoré-Charles Deboves, fils d’importants cultivateurs du Soissonnais, lègue à la ville de Soissons, sa ville natale, une importante somme d’argent pour l’établissement d’un marché couvert qui devra porter son nom.

D’incessantes tractations portent sur son emplacement et sur les conditions d’hygiène requises. L’hôtel-Dieu du XIIIe siècle, à proximité du choeur de la cathédrale, doit être évacué prochainement et pourrait servir à cette nouvelle affectation. En 1905, les architectes consultés trouvent cette hypothèse déraisonnable pour des raisons d’inconfort et d’insalubrité et proposent d’utiliser l’espace de la place Saint-Pierre.

Si le projet de Max Sainsaulieu reçoit l’approbation de la Ville, en revanche la suppression d’une des places de Soissons, anciennement resserrée et fortifiée, est très mal perçue pour des raisons d’hygiène. Une nouvelle étude est commandée à l’architecte pour établir le marché couvert sur la Grande Place. Les années passent et le délai limite de réalisation exprimé par le légataire expire en 1909.

Les Hospices civils vendent à la Ville les terrains et les bâtiments de l’hôtel-Dieu libérés seulement en 1908. Six architectes sont alors désignés pour concourir au projet. Guilbert, architecte parisien, probablement à confondre avec Albert-Désiré qui avait construit les abattoirs de Soissons en 1901, sort premier du concours. En mai 1909, les travaux peuvent enfin commencer et sont retardés en 1911 par une grève des serruriers parisiens et par l’endommagement en gare de Soissons d’un train portant les structures métalliques nécessaires à la construction des supports. Le premier jour de marché dans la halle couverte a lieu le 29 novembre 1911.

Paradoxalement, dans la ville de Soissons qui a tant souffert pendant la guerre de 1914-1918, le marché couvert a échappé aux destructions et a même servi d’axe central pour redéfinir la trame urbaine de la place derrière la cathédrale.

Publicité murale

 
Soissons, publicité murale - Soissons, publicité murale Crédits : CRDP d'Amiens

Chaque été désormais, la nuit venue, la façade de la cathédrale d’Amiens s’illumine sous les feux des projecteurs. Le but : reconstituer l’antique aspect du monument, montrer au public curieux les polychromies qui le décoraient au Moyen Âge, à l’origine, quand les cathédrales étaient peintes … Ces murs peints font donc l’événement dans la capitale picarde.

Lascaux et l’art pariétal, Pompéi et le riche décor des villae romaines, Giotto et ses fresques d’Assise, Michel-Ange et le plafond de la chapelle Sixtine … Depuis la nuit des temps, les murs sont un support privilégié par l’inspiration de l’artiste.
On redécouvre la surface murale à la fin du XXe siècle avec l’apparition du tag. Quel statut a cet art et comment faire la part de l’art et de la pollution visuelle ?
L’École Émile Cohl à Lyon forme chaque année une soixantaine d’étudiants, spécialistes de la « fresque monumentale, trompe-l’œil et design urbains ». L’entreprise CitéCréation , créée en 1978, est devenue leader mondial des murs peints. Elle a réalisé 530 peintures murales monumentales dans 23 pays différents et possède cinq filiales et des bureaux de représentation, à Québec, Berlin, Moscou, Jérusalem et Shanghai ... Les murs peints, entre tradition artistique et nouveau business.

Sur Internet, les sites répertorient les anciennes publicités, datant souvent de l’entre-deux-guerres. Et si les Bébés Cadum, Chevrons Citroën et Dubonnet disparaissent des façades parisiennes, victimes de l’usure du temps et des reconstructions, quelques passionnés immortalisent leur présence.

Au-delà de l’attachement à une marque, ces « archéologues du quotidien » préservent l’univers esthétique d’un passé révolu.

D’autres peintures murales intéressent l’historien local. Car sur les pignons et façades des habitations et immeubles, au cœur des villes, celui-ci peut ainsi retrouver la trace d’un commerce, d’une entreprise disparue.

Soissons, publicité murale - Soissons, publicité murale Crédits : CRDP d'Amiens

À Soissons, des peintures publicitaires, rouges et noires, sur la façade d’une ancienne habitation située rue de la Paix, à proximité de la cathédrale, témoigne de la présence d’une Brosserie-Droguerie, en centre-ville. Le peintre a varié les emplacements, la typographie ou les couleurs utilisées pour attirer l’œil de l’éventuel client et lui indiquer les produits vendus à l’intérieur de la boutique : « Couleurs, vernis, verres à vitres, produits chimiques, baguettes pour encadrements, articles de nettoyage et d’entretien ». La provenance de ces différents articles est elle-même indiquée : « Usine 139 rue du Fort Aubervillers ».

Les monuments

  • L’ancienne abbaye Saint-Médard
  • Le monument aux morts


Soissons, monument aux morts - Soissons, monument aux morts Crédits : CRDP d'Amiens

Voici une curieuse construction qui attire l’œil des promeneurs.

Sur la place Saint-Christophe de la ville de Soissons, devant un arrière-plan de verdure, se dresse le monument à l’œuvre des sociétés coopératives de reconstruction des régions libérées, à la mémoire de Guy de Lubersac.

Cet arc de triomphe, classé Monument historique par arrêté du 7 septembre 2001, est une des premières œuvres d’art en béton sculpté, due aux frères Jan et Joël Martel, et inaugurée en 1935.

À cette époque, Soissons et le nord du département de l’Aisne se relèvent de leurs ruines.

La première guerre mondiale a bouleversé le paysage urbain. La ville est investie par les Allemands, dès le 2 septembre 1914, libérée le 12, lors de la contre-offensive française de la Marne, elle demeure soumise à des bombardements nourris de la part de l’ennemi. Jusqu’en mars 1917, celui-ci occupe la cote 312 et les hauteurs qui dominent Soissons.

À l’heure de l’armistice, la ville est détruite à 80 % ; des cartes postales de sa cathédrale, coupée en deux en 1918, illustrent le martyr de la cité axonaise.
Soissons se transforme à la fin de la guerre en un vaste chantier. La reconstruction est prise en charge par des coopératives que fédère et dynamise le sénateur de Lubersac.

Ce monument est à la mesure de l’œuvre accomplie.

Mesurant 20 mètres de longueur et 12 mètres de hauteur, cet arc de triomphe, au centre de la place, est constitué de huit colonnes soutenant deux entablements sculptés de bas-reliefs :


Soissons, monument aux morts - Soissons, monument aux morts Crédits : CRDP d'Amiens

à gauche, la destruction et l’exode ;


Soissons, monument aux morts - Soissons, monument aux morts Crédits : CRDP d'Amiens

à droite, la reconstruction et les travaux des champs.

Au centre enfin, un portique se dresse, au milieu duquel s’élève un pylône, surmonté d’une allégorie ailée symbolisant la paix. A son pied, une statue de Guy de Lubersac en uniforme d’aviateur.


Soissons, monument aux morts - Soissons, monument aux morts Crédits : CRDP d'Amiens
 

Les spécialités

La spécialité culinaire du Soissonnais est le haricot de Soissons, haricot blanc cultivé dans l’Aisne depuis le XVIIe siècle.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Désiré Emmanuel (CRDP d’Amiens) ; Plouvier, Martine

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Vous pouvez aussi laisser un commentaire sur cet article

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.