Sociétés savantes

Les créations à Amiens

La Picardie n’échappe pas à l’engouement déclenché au XIXe siècle par à la création des sociétés savantes réunissant des érudits décidés à faire progresser leurs disciplines et la société. Plusieurs sociétés savantes sont créées à Amiens.


Société des antiquaires de Picardie Crédits : Société des antiquaires de Picardie

Naissance des sociétés savantes à Amiens au XIXe siècle, influence dans la cité.

Le XIXe siècle est considéré par de nombreux historiens comme « l’âge d’or » des sociétés savantes. Hommes de sciences, de lettres et penseurs éclairés se réunissent et tâchent de mettre en commun leurs efforts, leurs savoirs et leurs ressources en vue de faire progresser leurs disciplines respectives et la société de leur temps.

La Picardie n’échappe pas à l’engouement déclenché par à la création de ces sociétés d’érudits. Sont créées, à l’époque à Amiens, l’Académie, la Société Industrielle, la Société d’archéologie du département de la Somme ou encore la Société Médicale.

Un regroupement des savoirs

La loi Le Chapelier (1792), promulguée au cours de la Révolution française, a mis fin à tous les collèges et autres corps littéraires présents dans le pays. Il faut attendre le Consulat puis le Ier Empire pour que ces communautés renaissent de leurs cendres.

Dans le département de la Somme, sous l’impulsion du préfet Quinette, est fondée en 1803 l’Académie des Sciences, de l’Agriculture, du Commerce, des Belles-Lettres et des Arts. Regroupant notables, personnalités influentes du département et autres membres de l’élite « scientifique » amiénoise (médecins, chimistes, herboristes), l’Académie invite ses membres à réfléchir de concert et à mettre en commun leurs savoirs.

Napoléon Ier reconnaît très vite l’utilité de telles associations. Il n’hésite pas à envoyer des questionnaires aux différentes académies provinciales dans le cadre de ses prochaines profondes réformes. Les réponses apportées à ces questionnaires influenceront la rédaction de certains chapitres du Code Civil ou encore du Code Rural.

Collaborer, produire du savoir, étudier l’Histoire…

Les sociétaires s’emploient, par leurs travaux et leur réflexion, à faire avancer la connaissance dans leur domaine d’activité. C’est le cas dans la Société Industrielle d’Amiens, créée en 1836.

Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie © Société des Antiquaires de Picardie, 1840 - BNFSous la présidence du maire Lemerchier, des personnalités de la région – industriels, médecins, avocats et autres édiles picards – s’engagent à favoriser l’industrie et encouragent l’application de nouvelles techniques d’exploitation. Organisant des expositions annuelles, la Société Industrielle s’attache à instruire la classe ouvrière, contrôle le travail des enfants dans les manufactures et envisage de créer des écoles de tissage...

La mutualisation des savoirs au sein de ces sociétés peut donc clairement être considérée comme un moteur de progrès social. Cette thèse est illustrée dans le règlement de la (nouvelle) Société Industrielle d’Amiens, publié en 1861 : cette société « pourra s’occuper de tout ce qui peut aider à propager et à consolider dans la classe ouvrière l’amour du travail, de l’économie et de l’instruction ».

La fondation de la Société d’Archéologie de la Somme découle également de cette volonté d’évolution de la société. Les savants à l’origine de cette réunion entreprennent d’étudier l’histoire de la Picardie, par le rassemblement d’antiquités, d’œuvres d’art et la tenue d’expositions. L’influence de cette société savante, devenue Société des Antiquaires de Picardie en 1839 et toujours active aujourd’hui, se traduit par exemple par le don du Musée de Picardie à la ville d’Amiens, le 18 mai 1869.

… pour mieux comprendre et aider la société

A l’époque, ces sociétés savantes sont des relais efficaces pour les autorités municipales. La Société Médicale d’Amiens par exemple, forte de l’éminence de ses premiers membres (dont Parmentier ou Jean-Louis Baudelocque, le plus grand obstétricien du début du XIXe siècle), est le porte-voix de la mairie d’Amiens ; elle met en évidence les problèmes de l’organisation sanitaire de la ville, veille à la santé générale des habitants. Par ailleurs, elle organise des débats, cherche à trouver des moyens efficaces pour lutter contre l’insalubrité et les épidémies. Elle s’engage enfin à promouvoir dans la capitale picarde les progrès de la médecine.

Certaines corporations culturelles sont créées, comme la Société des Amis des Arts, la Société Philharmonique ou encore la Société d’Horticulture. Au-delà d’un intérêt certain pour l’essor culturel picard, on peut voir dans ces communautés une motivation tant utilitaire qu’artistique. Les nombreux médecins présents dans ces sociétés entreprennent d’instruire et « éduquer » la population par la tenue de concerts, d’expositions ou de déambulations dans le jardin des Plantes d’Amiens. Cette théorie, très en vogue au XIXe siècle, insiste sur l’influence directe du soin de l’esprit sur la santé - « la cure du corps par celle de l’âme » chère à l’Allemand Georg Stahl.

Vers une ouverture des sociétés savantes

Les sociétés savantes ont traversé le XIXe siècle : elles ont joué un rôle de diffusion des savoirs et ont aussi été un accélérateur de progrès social. Ce progrès est illustré par les différentes améliorations apportées au quotidien des Picards (assainissement des villes, tenues d’expositions, de concerts…) mais aussi par l’ouverture progressive des sociétés savantes. Aux notables et autres professions libérales qui monopolisent les fauteuils de membres, s’ajoutent au fil du temps des membres venus de tous horizons.
Société historique de Maignelay-Montigny Crédits : Société historique de Maignelay-Montigny

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Berlemont Henri

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