Senlis

Commune de l’Oise

Le patrimoine de Senlis est à la hauteur de sa destinée : la ville fut la demeure des rois de France. Elle se trouve également au carrefour d’un poumon vert : les forêts d’Ermenonville, d’Halatte et de Chantilly. 


Senlis - Senlis

Sous-préfecture de l’Oise, Senlis (17192 habitants) est située à 40 kilomètres au nord de Paris. La ville se trouve au carrefour d’un poumon vert : les forêts d’Ermenonville, d’Halatte et de Chantilly.

Senlis fut la demeure des rois de France, ce qui explique son très riche patrimoine historique.

Histoire de la ville

Au premier siècle, le petit peuple gaulois des Silvanectes participe à la fondation d’Augustomagus (marché d’Auguste). La cité est ruinée par les invasions du IIIe siècle et se replie sur elle-même. C’est à la fin de ce sombre siècle qu’elle est évangélisée par saint Rieul ; la première cathédrale est alors construite.
Les attraits de la ville vont séduire les dynasties royales des Mérovingiens aux Capétiens. Son site aux bords de la Nonnette, près de deux grandes forêts, Halatte et Chantilly, territoires de chasse privilégiés des rois de France jusqu’à Henri IV, sa situation au coeur du domaine royal, proche de Paris, la font devenir résidence royale régulière. Hugues Capet est élu roi de France en 987 dans ses murs.
La ville connaît son apogée aux XIIe et XIIIe siècles grâce à son vignoble, au travail de la laine et du cuir, aux foires. La ville s’agrandit et s’enrichit. Une nouvelle cathédrale voit le jour à partir de 1150. Cette période faste se termine avec la guerre de Cent Ans qui épargne la ville mais dévaste ses campagnes.
Au XVIe siècle, elle connaît un rapide redressement qui permet la reconstruction du transept de la cathédrale (détruit en 1504). 

La vieille ville


Un porche dans le vieux Senlis - Un porche dans le vieux Senlis Crédits : CRDP d'Amiens / Michel Gombart

En 1962, au titre de la loi Malraux, la vieille ville a été préservée par la création d’un secteur sauvegardé de 42 hectares.

L’église Saint-Pierre


Eglise Saint-Pierre - Clé de voûte de l'église Saint Pierre de Senlis Crédits : CRDP d'Amiens / Michel Gombart

Située dans la partie basse de Senlis, l’église Saint-Pierre a été remaniée à plusieurs reprises. La petite tour de gauche est romane (XII siècle), la façade est de style gothique flamboyant, la grosse tour est de 1596. Depuis la Révolution elle a connue différentes attributions. Actuellement elle sert de salle d’exposition et de concert.

Les remparts


Remparts de Senlis. Au fond, la cathédrale - Les remparts de Senlis. Au fond, la cathédrale Crédits : CRDP d'Amiens / Michel Gombart

Pour se protéger des invasions la ville, dès le troisième siècle, s’entoure de remparts avec trente tours de défense. En arrière plan on aperçoit la cathédrale de Senlis.

 La cathédrale


Cathédrale de Senlis, transept - Transept de la cathédrale de Senlis Crédits : CRDP d'Amiens / Michel Gombart

Notre-Dame de Senlis appartient aux quelques édifices du premier art gothique mais d’importantes transformations aux XIIIe et XIVe siècles dénaturent son harmonie primitive. Cette petite cathédrale possède quelques aspects remarquables : la plus ancienne représentation du thème du Couronnement de la Vierge, une magnifique flèche qui servit de modèle, ses façades flamboyantes du XVIe siècle. Sa petite taille résulte de contraintes topographiques et financières : la modestie du diocèse ne procure que de faibles ressources (compensées fort heureusement par les largesses royales et celles des grandes familles senlisiennes). La densité du tissu urbain fut une gêne plus considérable : le quartier canonial au nord, le palais épiscopal au sud, des édifices antérieurs comme le rempart antique sur lequel butte le chevet.
La construction de l’édifice actuel débute sous l’épiscopat de Thibaud (1151-1156) et avance rapidement. Le bâtiment est achevé en juin 1191. À partir du XIIIe siècle, le plan est totalement remanié.

1230 : la tour sud-ouest de la façade occidentale est surélevée d’une flèche magnifique.
1240 : un nouveau transept est construit avec bas-côtés, ce qui a pour effet de rallonger le choeur et de raccourcir la nef.
À la fin du XIVe siècle, la salle capitulaire et la bibliothèque du chapitre sont construites.
1465 : une nouvelle chapelle de style flamboyant dite du bailli est ajoutée.
1504 : la foudre provoque un incendie qui ravage le haut de l’édifice.
La reconstruction est l’oeuvre de Gilles Hazart et de Chambiges, père et fils. En 1534, les façades flamboyantes au sud sont terminées, celles du nord le sont en 1560.
La cathédrale possède les caractéristiques du premier art gothique et les traits du gothique tardif : une nef avec bas-côtés et tribunes, un chevet avec déambulatoire et chapelles rayonnantes, une alternance marquée des supports. 


Cathédrale de Senlis, portail de la vierge - Portail de la vierge de la cathédrale de Senlis Crédits : CRDP d'Amiens / Michel Gombart

Le portail de la cathédrale présente une iconographie totalement vouée à la Vierge. Ses sculptures exécutées vers 1170 sont exceptionnelles par l’impression de sereine liberté qu’elles dégagent, malgré les mutilations de 1793 et les restaurations hasardeuses du XIXe siècle.
Le linteau se compose d’une scène présentant la Dormition et l’Assomption entourée par les anges.
Le tympan est consacré au Couronnement de la Vierge par son fils (première représentation connue de ce thème).
L’ensemble est encadré par huit statues de personnages liés au sacrifice du Christ :
au nord : saint Jean-Baptiste, Samuel, Moïse, Abraham ;
au sud : David, Isaïe, Jérémie, Siméon.
Sous les socles se trouve le seul calendrier sculpté de l’Oise où chaque mois est symbolisé par son activité principale. 


Portail de la vierge de la cathédrale de Senlis - Détail du portail de la vierge de la cathédrale de Senlis Crédits : CRDP d'Amiens / Michel Gombart

Ce grand portail central de la vierge est remarquable par son tympan qui inaugure dans l’art gothique la représentation du Couronnement de la Vierge. Ce tympan représente Marie, déjà couronnée, assise aux côtés de son fils Jésus. Plusieurs anges entourent les deux personnages

Le linteau du portail est divisé en deux parties. La moitié gauche représente la dormition de la Vierge. Elle est hélas fort abîmée. On peut voir le corps de la Vierge, parfumé par des encensoirs . Plus haut, dans le ciel, deux anges tiennent une petite forme humaine entourée de bandelettes. On pense qu’il s’agit d’une représentation de l’âme de la mère de Dieu. La moitié droite est bien mieux conservée et représente la résurrection de Marie. Un ange prend la Vierge par les épaules, tandis qu’un autre la saisit par les pieds. Une série d’autres anges assistent à la scène.

Le monument aux Spahis

Monument aux Spahis Crédits : CRDP Amiens/Michel Gombart
Voila une vision improbable au centre de Senlis, pour qui ne connaît pas son histoire. Un monument aux morts honorant la mémoire des Spahis au cœur du département de l’Oise, voila qui est étrange en effet. C’est que cette ville et cette cavalerie indigène de l’Armée de Terre française ont entretenu des rapports privilégiés.

Dans les années qui suivent la conquête de l’Algérie, sous la Monarchie de Juillet, les régiments de Spahis apparaissent à la suite de la loi du 9 mars 1831 – qui autorise la formation de corps militaires composés d’indigènes -, puis par l’Ordonnance royale du 2 juillet 1845 qui crée trois régiments de ces « chasseurs » attachés à l’Armée d’Afrique. Sur le continent, ceux-ci sont sur tous les fronts de la conquête coloniale au XIXe siècle. Ils combattent également en Europe au cours des deux Guerres mondiales, tandis que le nombre de leurs régiments est multiplié par trois dans les années 1920. L’un de ces cavaliers, le capitaine Henri de Lespinasse de Bournazel, mort au combat en 1933, devient une figure de légende. La décolonisation et l’année 1962 voient donc logiquement la fin de ces corps de troupes indigènes, même si demeure le 1er Régiment de Spahis, stationné à Valence.

L’un d’entre eux, le 7e Régiment de Spahis marocains, devenu une unité de blindés légers, a longtemps stationné à Senlis, de 1927 à 1964. Et, en 1961, quand se pose la question du lieu de destination du monument aux morts de Casablanca, après l’indépendance du Maroc, celui-ci est réinstallé à Senlis, en 1965, sur la place située en face de l’ancienne caserne des Spahis. Quelques années plus tard, en 1991, un Musée des Spahis s’ouvre également dans la ville.
Ce monument, qui représente un Spahi marocain à cheval serrant la main d’un cavalier français qui lui fait face, est l’œuvre du sculpteur Paul Landowski, à l’origine également du monument de la butte Chalmont, dans l’Aisne, les célèbres « Fantômes ». Sur les quatre faces du socle, sont rappelés les faits d’arme des Français et des Marocains pendant la Ire Guerre mondiale. Inauguré le 20 juillet 1924, par le Maréchal Lyautey lui-même, et dédié à l’époque « A la victoire et la paix », il a été rebaptisé de nos jours Monument « de l’amitié franco-marocaine ».

La ville de Senlis sait donc conserver la mémoire de son histoire, et de sa garnison.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; CRDP Picardie ; Boulnois Alain

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