Samara

Parc d’attraction archéologique

Samara, c’est une façon de voir, de comprendre, de faire et de revivre la Préhistoire. Un parc archéologique dédié à la préhistoire, à La Chaussée-Tirancourt, dans la Somme.


- la Chaussée-Tirancourt, parc de Samara Crédits : CRDP d'Amiens

L’histoire de la préhistoire naît en France dans le département de la Somme.

A partir de 1837, près d’Abbeville, le savant Jacques Boucher de Perthes se lance personnellement dans la prospection du sous-sol picard, à la recherche des vestiges du passé dans les dépôts alluviaux de la Somme.

Son action est facilitée à l’époque par le creusement du canal fluvial qui doit relier le port d’Amiens à la Manche. Ces travaux aboutissent en 1849 à la publication des Antiquités celtiques et antédiluviennes . L’ouvrage fait grand bruit. En effet, Jacques Boucher de Perthes s’attache à démontrer que les silex retrouvés sont des outils façonnés par des hommes contemporains d’animaux disparus, de grands mammifères notamment. Il nomme « diluviennes » les strates dans lesquelles ces vestiges sont trouvés et affirme qu’ils remontent à des millénaires, justifiant ainsi son appellation d’Homme « antédiluvien ».

En utilisant les méthodes de la stratigraphie, Boucher de Perthes agit en précurseur de l’archéologie moderne. Pendant le Second Empire, Amiens s’étend au-delà de ses anciennes fortifications. De grandes carrières sont ouvertes pour extraire la terre utilisée pour la fabrication des briques. Là, au cours de ces travaux, à Saint Acheul, les ouvriers terrassiers découvrent de grandes quantités de silex taillés.

Dans les décennies qui suivent, de nombreux savant étudient les lieux et ses vestiges du passé, en définissant la chronologie de la Préhistoire.

En 1872, Gabriel de Mortillet propose ainsi de nommer « acheuléens » tous les outils comparables à ceux trouvés dans ce faubourg d’Amiens.

Les caractères originaux de l’histoire géologique de la Somme expliquent ces avancées. Depuis un million d’années environ, le fleuve creuse son cours, tout en décalant petit à petit son lit. L’un des versants de la vallée s’est creusé en terrasses alluviales, recouvertes à chaque période glaciaire par les lœss (de fines particules de terre arrachées par le vent).

Aujourd’hui, ceux-ci représentent une strate de plus de huit mètres, suffisante pour sanctuariser les traces abandonnées par les hommes préhistoriques.

Dans les années 1960, celles-ci sont précisés dans la Somme par quelques pionniers de la prospection aérienne, parmi lesquels Roger Agache.

Dans les photographies aériennes, les variation de couleurs dans les terres labourées ou les différence de teinte et de hauteur de plantes dans les cultures font deviner des fondations, trous de poteaux d’anciennes constructions.

En 1967, à la Chaussée-Tirancourt sur les bords de la Somme, les archéologues retrouvent l’une des sépultures les plus importantes d’Europe.

Dans une fosse de 15 m de long sur 3,50 m de large, le plancher à 1,70 m du sol, a été creusé dans la craie. Des dalles de grès délimitent un espace funéraire de 11 m sur 3 m et deux blocs placés en travers marquent l’entrée.

Celle-ci s’inscrit dans une vaste nécropole. Occupée pendant un millénaire, elle regroupait plus de 350 corps et n’avait subi aucune intervention humaine depuis plus de 4.000 ans.

Autour de cette découverte naît le parc à thème de Samara, nom gaulois de la Somme.


- la Chaussée-Tirancourt, parc de Samara Crédits : CRDP d'Amiens

Le parc se trouve non loin du Camp César, qui a fait l’objet de plusieurs campagnes de fouilles entre 1983 et 1993.

Ce que l’on a longtemps considéré comme un oppidum gaulois est en fait un camp romain, édifié après la Guerre des Gaules et qui s’inscrit dans un système plus vaste de lieux fortifiés par les Romains sur la Somme.

Le parc de Samara ouvre ses portes en 1988. Destiné à un large public, sur un espace de plus de 24 ha, le visiteur peut y visiter des reconstitutions d’habitats de la préhistoire (à quatre époques différentes), des animations et des expositions qui retracent l’évolution de l’homme et de son environnement depuis 600000 ans dans la Vallée de la Somme.

La parc présente des animations qui montrent comment vivaient nos lointains ancêtres : on peut y voir travailler un potier, un forgeron, un tisserand, des démonstrations de tir au javelot, à l’arc, de fabrication d’outil en silex, en os, en bois...

Disséminées sur le domaine, se dressent diverses habitations préhistoriques reconstituées avec les matériaux et les outils que devaient utiliser les populations d’alors. 

La conception et l’esthétique du site sont dues à Bruno Lebel, sculpteur, grand prix de Rome. Notamment le jardin botanique, à la forme de croix cistercienne, au centre de l’arboretum.


- la Chaussée-Tirancourt, parc de Samara Crédits : CRDP d'Amiens

L’espace rural accède à la fonction d’espace de récréation et de culture. Le parc s’étend depuis le sec plateau crayeux jusqu’aux prairies humides et aux marais qui bordent le cours d’eau. Il présente une variété de sites topoclimatiques préservés dont la flore et la faune peuvent être objet d’observation.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Désiré Emmanuel (CRDP d’Amiens)

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