Saint-Valéry-sur-Somme

Commune de la Somme

C’est de Saint-Valéry-sur-Somme que Guillaume le Conquérant est parti à la conquête de l’Angleterre en 1066. C’est l’un des trois ports de la baie de Somme. Un Festival de Théâtre s’y déroule la dernière semaine de juin.


Saint-Valéry-sur-Somme, le port de plaisance

Code postal : 80230

Nombre d’habitants : 2873 en 2009

Chef-lieu de canton

Arrondissement d’Abbeville

Communauté de communes : Baie de Somme Sud

Gentilé : Valéricains, Valéricaines

Situation


Saint-Valéry-sur-Somme - Saint-Valéry-sur-Somme

Saint Valéry-sur-Somme, au Sud, et Le Crotoy, au Nord, sont les deux ports de l’estuaire de la Somme. Se faisant face, ces deux petites villes partagent également le même destin, celui d’une vocation touristique qui ne cesse de s’affirmer.

La commune peine à retrouver la démographie d’avant guerre ou même d’après guerre. Saint-Valéry a connu deux vagues d’exode rural. Il est bien difficile pour un natif de Saint Valéry-sur-Somme d’exercer son activité professionnelle dans la cité, d’y trouver à se loger. À l’échelle du canton, la population accuse un vieillissement plus accentué que celui du département de la Somme et un niveau de revenus annuels plus faible.


Saint-Valéry-sur-Somme et Le Crotoy - Saint-Valéry-sur-Somme et Le Crotoy Crédits : CRDP d'Amiens

Au premier plan, le plateau crayeux du Vimeu se termine au-dessus de la vallée de la Somme et au fond de l’estuaire par un talus escarpé haut de 40 m. Il a servi de point d’appui aux murailles qui protégeaient Saint-Valéry. Venant de la droite (est), la Somme, après une dernière ondulation, arrive dans la baie, guidée par une digue rectiligne que la mer recouvre à marée haute et qui évite aux eaux fluviales d’aller se perdre au milieu de l’estuaire. Ainsi corseté, le flot maintient un chenal de bonne profondeur devant Saint-Valery qui a pu conserver une petite fonction portuaire, surtout touristique.

De l’autre côté de l’estuaire, se situe la ville rivale du Crotoy, avec ses immenses plages qui s’allongent vers l’arrière-plan gauche (nord), son petit port que s’efforce de maintenir accessible le bassin de chasse (vaste plan d’eau à l’arrière-plan droit).

Au milieu de l’estuaire grandit le colmatage du fond de la baie : taches vertes des alluvions colonisées par la végétation, taches gris beige des alluvions nues.

L’ensablement de la baie de Somme


Saint-Valéry-sur-Somme - Saint-Valéry-sur-Somme Crédits : CRDP d'Amiens

Etudié par les géologues et les historiens, l’ensablement s’est accéléré au cours des deux derniers siècles, avec la canalisation de la Somme.

Inauguré par le roi Charles X en 1827, mais achevé en 1843, le canal ne fait qu’un avec le fleuve à partir d’Abbeville. Le cours de celui-ci est déjà lent tout au long de ses 235 Km, en raison de la faible pente de son bassin versant – le fleuve prend sa source à 86 mètres d’altitude. Mais il s’en trouve encore ralenti.

Avant la construction du canal, la Somme se dirigeait plutôt vers le Nord et le Crotoy.
Le Crotoy conserve encore des activités de pêche, à pieds tout d’abord, celle des « hénoniers », les ramasseurs de coquillages, mais également une flottille de chalutiers, de barques de pécheurs. Ce n’est plus le cas de Saint Valery, depuis 1991, son port ayant alors cessé toute activité commerciale. 


Saint-Valéry-sur-Somme, le canal - Saint-Valéry-sur-Somme, le canal Crédits : CRDP d'Amiens
L’ensablement de la baie de Somme, ce phénomène séculaire semble inéluctable, malgré la construction d’un bassin de chasse au Crotoy, d’une écluse à marées sur la côte d’en face, à Saint Valéry.

L’enjeu de ces constructions : préserver un chenal permettant aux bateaux du port d’accéder à la haute mer. En 1991 pourtant, le port du Sud de la baie a cessé toute activité commerciale et les bateaux qui le fréquentent sont ceux des plaisanciers.


Saint-Valéry-sur-Somme, le port - Saint-Valéry-sur-Somme, le port Crédits : CRDP d'Amiens

Après un parcours de deux cents kilomètres, la Somme apporte ses eaux à la Manche dans un estuaire dénommé baie de Somme. D’Abbeville à Saint-Valéry, au second plan à gauche dans la boucle du fleuve, son lit a été transformé en un long chenal rectiligne, navigable. La vue prise à marée basse, de l’est-sud-est vers l’ouest-nord-ouest, montre le chenal de la Somme se frayant un passage au milieu des alluvions grises. L’envasement de l’estuaire a ruiné l’ancienne fonction de port maritime d’Abbeville, effective jusqu’au XVIIIe siècle.

Les multiples petits étangs sont des « mares » creusées par les chasseurs pour attirer le gibier d’eau qu’ils tirent depuis des abris semi-enterrés. Cette activité très prisée des habitants se révèle fort lucrative pour les propriétaires de marais dans l’estuaire comme dans la moyenne vallée de la Somme. 


Saint-Valéry-sur-Somme et baie de Somme - Saint-Valéry-sur-Somme et baie de Somme Crédits : CRDP d'Amiens

La baie de Somme est vaste pourtant, 7.200 hectares, mais les mollières gagnent du terrain.

À raison de 15 hectares par an environ, ces terres, non immergées habituellement par la marée, à végétation basse, couvrent actuellement 40 % de sa surface. La baie disparait donc. Les médias s’en font l’écho car ces changements bouleversent la vie des hommes.


Baie de Somme, les mollières - Baie de Somme, les mollières Crédits : CRDP d'Amiens

Au Sud de la baie de Somme, deux sites marquent la limite extrême de l’avancée des terres et de l’estran, de ses molières. À la pointe du Hourdel, un ancien hameau de pécheurs, un phare signale l’entrée de l’estuaire aux plaisanciers. Ceux-ci doivent ensuite suivre le chenal balisé, et ses 46 bouées qui le jalonnent. Ce chemin serpente à travers les bancs de sable, jusqu’à l’entrée du port Saint Valery, en fond de baie. Au passage, il double le cap Hornu, un promontoire qui annonce la petite ville touristique.

Tourisme à Saint-Valéry


Baie de Somme - Baie de Somme Crédits : CRDP d'Amiens

La vocation touristique de Saint Valéry ne cesse de s’affirmer, la ville profitant du cadre exceptionnel de la baie de Somme. Celle-ci peut se traverser à pieds grâce à l’association Somme Nature , en courant même pour les plus courageux, lors du raid annuel de la Transbaie

Depuis 1989, le printemps venu, les touristes et locaux peuvent rivaliser dans une épreuve de course à pied originale, la Transbaie : 15km d’un parcours éprouvant - entre bitume, eau, sable et boue - dans le cadre exceptionnel de la baie de Somme, un aller-retour entre Saint-Valéry-sur-Somme et Le Crotoy.

Impensable à l’époque de Louis XIV !


Saint-Valéry-sur-Somme - Saint-Valéry-sur-Somme Crédits : CRDP d'Amiens

Se loger à Saint Valery, se restaurer à Saint Valery, on trouve tout sur le site web de la ville. Celle-ci est devenue une destination de choix, en hiver comme en été, une terre de résidences secondaires. Ses points de vue , ses lieux promenades et son patrimoine historique sont exceptionnels.


Saint-Valéry-sur-Somme, le port - Saint-Valéry-sur-Somme, le port Crédits : CRDP d'Amiens

À gauche, la vieille ville de Saint-Valery s’étage, depuis le quai de la Somme jusqu’au rebord du plateau du Vimeu. 

Pas de yacht luxueux sur la côte picarde mais de nombreux voiliers et bateaux de plaisance de bas et de milieu de gamme. Ceux-ci ont le choix d’apponter dans le port du Crotoy, ouvert directement sur la mer ou, ici, dans celui de Saint-Valery, sur la Somme, derrière l’écluse qui donne accès à la baie.

Si l’on peut apercevoir l’écluse à marée à l’entrée de la ville, celle-ci ne sert plus qu’à préserver un chenal permettant aux plaisanciers d’accéder à la haute mer, au port. Elle s’ouvre 1h30 avant la pleine mer, à ceux qui viennent de la vallée de la Somme.
Le port de plaisance de Saint Valéry compte 250 places d’amarrage. Sanitaires, laverie, bar, connexion wifi, ainsi qu’un poste d’avitaillement en carburant inauguré en 2011 sont disponibles pour ces visiteurs sur l’eau.

Le port accueille des bateaux de faible gabarit : 16 mètres de longueur au maximum pour un tirant d’eau de 2,30 m. Ceux-ci doivent attendre une marée de coefficient important avant d’entrer dans la baie depuis la haute mer, suivre le chenal balisé jusqu’à l’entrée du port, ses 46 bouées.
Au large et à marée haute, se pratique le kayak de mer. 

Enfin pour ceux qu’intéressent le calme et la vue de la baie, ce que la petite ville de Saint Valéry peut proposer de plus authentique demeure une promenade depuis le quai Blavet, le long de l’ancien estacade, jusqu’au cap Hornu.


Saint-Valéry-sur-Somme, le cap Hornu - Saint-Valéry-sur-Somme, le cap Hornu Crédits : CRDP d'Amiens

Quelques kilomètres de bord de mer humanisé. C’est aussi le rendez-vous des amoureux, de ceux qu’inspire la baie de Somme. Peut-être est-ce là que celle-ci se laisse le mieux contempler.
En 1890 , le peintre Edgar Degas a peint une vue du cap Hornu.
 

Histoire et patrimoine


Saint-Valéry-sur-Somme, l’ancienne porte de la ville - Saint-Valéry-sur-Somme, l'ancienne porte de la ville Crédits : CRDP d'Amiens

Ce site stratégique, lieu de départ de la flotte de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, en 1066 vers l’Angleterre, fut fortifié très tôt. Il fut l’objet d’une lutte acharnée pendant la guerre de Cent Ans.
La construction des premiers remparts remonterait au XIVe siècle à l’initiative des Anglais, maîtres des lieux de 1346 à 1369. La place fut disputée entre 1346 et 1475, années où Louis XI donna l’ordre d’incendier la ville.

Cette dernière subit près de quinze sièges.
Au XVIIIe siècle, elle paraît ruinée, dévastée, abandonnée de ses habitants.
De l’enceinte urbaine il reste seulement deux portes, quelques tours et des fragments de courtine.

Des gravures de Chastillon ou de Du Viert montrent un ensemble de courtines flanquées de treize tours. Deux ouvertures permettaient d’entrer dans la ville. Une à l’ouest : la porte Guillaume, une à l’est : la porte de Nevers.

Le château polygonal était situé au point ultime de l’enceinte : l’angle sud-ouest. Au nord, la partie la plus exposée était la plus forte, défendue par des murailles et des tours massives, ainsi la tour Harold au nord-ouest (déformation récente du nom d’origine : tour à Roc), ou la tour Gonzagues au nord-est, ou tour de l’Échevinage, détruite en 1784.
Les deux portes encore en place ont connu plusieurs transformations.
La porte de Nevers, qui s’appelait autrefois porte d’Abbeville ou de la Ferté, se reconnaît par son appareil en brique, contemporain d’Henri IV.

Elle possède un passage voûté où subsistent les traces d’un pont-levis à flèche ; la porte Guillaume, ancienne porte d’Eu ou d’En Haut, possède deux tours massives qui encadraient autrefois un passage couvert. Elles possédaient salles de tir et geôles. 

La chapelle des marins


Saint-Valéry-sur-Somme, la chapelle des marins - Saint-Valéry-sur-Somme, la chapelle des marins Crédits : CRDP d'Amiens

Comme il se doit, un lieu de dévotion, une chapelle des Marins, domine les hauteurs, modestes, du cap Hornu. Celle-ci est construite à la mémoire du saint patron de la ville, qui serait mort en ces lieux en 622.

L’hagiographe nous précise que sa présence en ces lieux est marquée par une source d’eau sacrée, dont il se servait pour guérir les maladies des yeux.

La chapelle actuelle est élevée en 1878, sur les ruines de l’ancien édifice, grâce aux dons des pécheurs des environs. A cette époque, l’Église l’a vouée à la dévotion mariale.

Elle présente un curieux appareillage en damier de pierre et de grès, technique fréquemment employée pour les bâtiments religieux sur la côte d’Opale.

Elle fut longtemps au centre d’un pèlerinage de marins qui venaient y vénérer les reliques de saint Valéry, comme en témoigne le nombre important d’ex-voto qu’elle renferme. Quatre tableaux évoquent la vie de ce moine de Luxeuil, d’origine auvergnate qui, à la fin du VIe siècle et au début du VIIe siècle, évangélisa la région située entre Seine et Somme, dont le Vimeu où, en accord avec l’évêque d’Amiens, il bâtit le monastère de Leucone.
C’est à l’endroit même où se dresse aujourd’hui cette chapelle que Valéry serait mort le 12 décembre 622, au terme de onze années d’ermitage.

Inhumé ici selon ses propres volontés, ses reliques auraient été dérobées par le comte de Flandre en 939, en même temps que celles de Saint-Riquier.

Transportées à Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais), c’est à Hugues Capet, alors comte de Paris, que revint la charge de les récupérer et de les restituer en leurs lieux et places. En 980, il vit Valéry en songe : ce dernier lui promit le trône de France s’il s’emparait des reliques des deux saints. Ce fut chose faite en 981, six ans avant qu’il ne soit sacré roi de France par l’archevêque de Reims, à Noyon.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Désiré Emmanuel (CRDP d’Amiens) ; Boulnois Alain ; Sahaguian Franck

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Vous pouvez aussi laisser un commentaire sur cet article

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.