Saint-Gobain

Ancienne manufacture royale des glaces, 1665

Saint-Gobain, c’est un village de l’Aisne, c’est la Manufacture royale des glaces, créée par Colbert en 1665, c’est aujourd’hui son illustre héritière, la société Saint-Gobain, l’une des dix plus grandes entreprises françaises.


- Saint-Gobain, vue aérienne Crédits : CRDP d'Amiens

Le plateau de calcaire lutétien, situé vers 200 m d’altitude, se morcelle à son extrémité septentrionale en promontoires comme celui qui porte la petite ville de Saint-Gobain (4 000 habitants).

Le plateau picard (à gauche et à l’arrière-plan) s’étend 100 m plus bas, constitué de craie.

La forêt constitue le massif domanial de Saint-Gobain, l’un des plus vastes de Picardie avec ses 4 000 ha de hêtres et de chênes. La ville y a troué une large clairière de défrichement.

Au centre du cliché s’étalent les bâtiments gris et blancs de la « Manufacture de glaces ». En effet, entre les calcaires lutétiens et la craie, se trouvent des sables dont la qualité permettait de produire du verre. On les extrayait en carrières sur le talus reliant les deux plateaux.

Le dernier lien qu’entretient l’entreprise avec l’ancienne manufacture royale, son berceau historique, est aujourd’hui son nom.

L’usine, au milieu de l’agglomération et de ses 2.300 habitants, est devenue une friche industrielle après avoir employé jusqu’à 1200 personnes, sur une surface totale de 6 ha, dont 2 ha de constructions. Aux bâtiments industriels proprement dit se mêlent des monuments historiques issus de l’ancienne manufacture royale - un corps de logis du XVIIIe siècle, une chapelle, une porte d’entrée monumentale, provenant du château féodal des sires de Coucy.

Un lieu hétéroclite. Depuis 2006, un projet d’ensemble émerge lentement à Saint Gobain, piloté par la communauté de communes des Villes d’Oyse, afin de requalifier ce site industriel qui a cessé toute production et a été oublié par l’entreprise. 


- Saint-Gobain, vue aérienne Crédits : CRDP d'Amiens

Le 31 décembre 1995, l’histoire s’est arrêtée à Saint Gobain, petite ville de l’Aisne, située au milieu d’un massif forestier, celle qui lie les habitants de la ville au verre et à sa fabrication.

C’est une histoire vénérable pourtant, vieille de plus de trois siècles. Ce jour là en effet, le dernier atelier encore en activité dans l’usine rejoint la localité de Condren, située entre Chauny et Tergnier. Pourtant la production industrielle axonaise, depuis ses origines, a brillé par son excellence. L’usine s’est en effet spécialisée dans la fabrication du verre à vitres, généralisant ainsi l’usage des grandes fenêtres. Un savoir-faire reconnu. En 1986 encore, elle fournit à la pyramide du Louvre en construction ses 666 – ou davantage – triangles et losanges de verres extra-blancs qui font la réussite esthétique du monument.
Mais le capitalisme impose son implacable logique de rationalisation industrielle et de compétition. La modernisation des techniques de production, l’importance d’une localisation sur de grands axes de transport ou près du marché d’une grande agglomération défavorise cette verrerie trop isolée en pleine Picardie rurale et a raison du site primitif de la firme Saint Gobain.

Historique

Descendant directement de la Manufacture des Glaces de miroir, créé par Colbert, sous Louis XIV, en 1665, la société Saint-Gobain fait partie des dix plus grandes entreprises françaises en termes de chiffre d’affaire.

En 1692, la Manufacture royale des Glaces s’installe à Saint Gobain, sur l’esplanade qui domine la petite ville, en fait un ancien château fort. Elle est la première en France à produire des glaces de grande dimension par coulée du verre fondu. 

La société Saint-Gobain fabrique à l’origine de la glace polie (« façon de Venise »), que l’on considère comme un produit de luxe dans le secteur du verre. Une manufacture comme celle située à Saint-Gobain fait figure d’exception dans le paysage industriel balbutiant du XVIIIe siècle : 1500 employés, une discipline militaire, un secret industriel bien gardé.

L’entreprise perd l’adjectif de « royale » en 1792, avec la Révolution. Elle devient une société anonyme en 1830, avec la révolution industrielle.

A partir de 1830, grâce à l’énergie de ses ouvriers qui travaillent parfois dans des conditions très éprouvantes (c’est notamment le cas des souffleurs de verre) et aux choix stratégiques opérés par les polytechniciens qui dirigent l’entreprise, Saint-Gobain connaît un essor remarquable.

Pour l’occasion, Saint Gobain, adopte le nom de la commune où la manufacture s’est jadis installée. En 1853 déjà, son activité s’internationalise, puisqu’une filiale allemande est créée. 

Au XIXe siècle déjà, le choix du site apparaît comme un handicap. Le charbon remplace à cette époque le bois comme combustible et la grande forêt voisine devient inutile au fonctionnement de l’usine.

Son approvisionnement en matières premières – le sulfate et le carbonate de soude - impose également la venue du chemin de fer depuis Chauny jusqu’au milieu de l’agglomération et au sommet du relief qui la domine, jusqu’à l’usine.

L’entreprise Saint-Gobain aujourd’hui


- Verres Saint-Gobain

La compétition internationale conduit à la fusion d’avec Pont-à-Mousson, d’où le logo actuel.

En 2010 enfin, le groupe Saint Gobain est une firme multinationale, membre de l’indice C.A.C. 40 de la bourse de Paris. Elle est également présente sur les cinq continents. Plus précisément, 200.000 de ses employés travaillent sur le territoire de 64 pays dans le monde pour le groupe Saint Gobain.
L’époque est loin où l’entreprise ne produisait que du verre plat et des glaces.

4200 de ses points de vente de matériaux se dispersent dans le monde. Citons Point P et Lapeyre en France.

Outre le verre, le groupe Saint Gobain est également producteur de laine de verre - Isover -, de plaque de plâtre – Placoplatre -, de canalisation – Pont à Mousson -, de mortiers industriels – Weber - … Et ainsi le vitrage proprement dit ne représente plus que 12 % de son activité et son activité en France 30 % de son chiffre d’affaires.

Saint-Gobain possède encore de puissantes usines en Picardie : Mers-les Bains, Crouy (près de Soissons), Rantigny (entre Clermont et Nogent-sur-Oise), Chauny, Thourotte.


- Usine Saint-Gobain à Thourottes Crédits : CRDP d'Amiens

Sise au nord de Compiègne, l’usine de Thourotte emploie 1500 salariés à la fabrication de verre plat. 


- Usine Saint-Gobain à Mer-les-Bains Crédits : CRDP d'Amiens

Installée à Mers-les-bains, sur les terrains plats de la plaine alluviale de la Bresle qui la longe, cette usine du groupe Saint-Gobain serait la plus grosse verrerie du monde fabriquant des flacons de tailles, de formes et de destinations très variées.

Elle perpétue la tradition verrière de la vallée de la Bresle. Fondée par Desjonquères, qui fut à l’origine d’une dynastie verrière et multiplia les implantations dans la région (son nom figure au fronton de l’usine). Avec 1500 salariés, elle est le premier employeur de l’agglomération et recrute sa main-d’oeuvre dans les campagnes voisines.

Le verre, fondu dans les bâtiments surmontés d’une sorte de tour, à gauche, est façonné dans les ateliers situés à droite. Les produits finis partent par voie ferrée et par route qui pénètrent jusqu’au coeur de l’usine.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Désiré Emmanuel (CRDP d’Amiens)

Vos commentaires

  • Le 7 décembre 2015 à 15:18, par Bilitis En réponse à : Saint-Gobain

    Bonjour,

    J’ai été amené à m’intéresser à Saint Gobain par une amie qui travaille à la Défense pour cette
    entreprise. Elle m’a proposé de venir voir l’exposition qui avait lieu : place de la concorde à Paris.
    Vraiment bien j’ai beaucoup aimé ! depuis j’ai refait un retour en arrière jusqu’à Louis XIV et
    Colbert et j’ai découvert plein de choses et le travail que cela représente pour faire des glaces.
    Mon amie peut être fière de travailler pour eux !
    vive Saint Gobain, j’irai peut-être faire un tour là-bas en picardie (bientôt qui va faire partie du nord)
    il reste la porte d’entrée de l’usine, j’ai envie d’y aller me promener !
    Bonne continuation à cette superbe entreprise qui a 350 ans d’existence !

    Répondre à ce message

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