Rousseau, Jean-Jacques

Pilosophe et écrivain (1712 - 1778)

Jean-Jacques Rousseau et la Picardie : le philosophe découvre Amiens en 1767, Trie-Château en 1768, où il est l’hôte du Prince de Conti. C’est à Ermenonville qu’il passe les dernières années de sa vie dans la maladie et l’isolement et que l’on peut visiter sa tombe.


Rousseau par Quentin de la Tour Crédits : Brigham Young University

Né à Genève dans une famille calviniste, Jean-Jacques Rousseau, orphelin de mère, est abandonné par son père à l’âge de 10 ans et élevé par son oncle. Son éducation se fait au gré de ses fugues, de ses errances à pied, et de ses rencontres, en particulier Mme de Warens. Sa maîtresse et bienfaitrice qui influencera son œuvre s’attache à parfaire son éducation et le contraint à se convertir au catholicisme.

Passionné de musique, il élabore un système de notation musicale qui ne rencontre pas le succès espéré. Il se lie d’amitié avec Diderot qui lui demande d’écrire des articles sur la musique pour l’Encyclopédie. Rousseau vit en ménage avec Thérèse Levasseur, modeste servante, avec laquelle il a cinq enfants. Ne pouvant les élevés correctement, il les confie aux Enfants-trouvés, ce que lui reprocheront plus tard ses ennemis.

Rousseau acquiert la gloire en 1750 avec son « Discours sur les sciences et les arts » : selon lui, l’homme naît naturellement bon et heureux, c’est la société qui le corrompt et le rend malheureux. Il réfute ainsi la notion de péché originel.

Jean-Jacques Rousseau retourne dans sa patrie d’origine en 1754 et retrouve la religion calviniste. Il y publie le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes en 1755.

Son œuvre principale, « Du contrat social », analyse les principes fondateurs du droit politique. Pour Rousseau, seule une convention fondamentale peut légitimer l’autorité politique et permettre à la volonté générale du peuple d’exercer sa souveraineté. Il va plus loin que Montesquieu et Voltaire dans la défense de la liberté et de l’égalité entre les hommes, en proposant un ordre naturel qui concilie la liberté individuelle et les exigences de la vie en société. Le « Contrat social » a inspiré la Déclaration des Droits de l’Homme et toute la philosophie de la Révolution.

Dans « L’Emile ou l’Education », Jean-Jacques Rousseau soutient que l’apprentissage doit se faire par l’expérience plutôt que par l’analyse. Il y professe également une religion naturelle, sans dogme, par opposition à la révélation surnaturelle, ce qui lui vaut d’être condamné en 1762 par le parlement de Paris. Il se réfugie alors en Suisse puis en Angleterre où il est hébergé par David Hume avec lequel il se brouille rapidement. Il revient en France en 1769.

Critiqué par les philosophes et attaqué par Voltaire (qui se moque de sa théorie où la société dénature l’homme), Jean-Jacques Rousseau se sent persécuté. Il tente de se défendre et de s’expliquer dans « Les Lettres écrites de la montagne » et les « Confessions ». Attisée par Voltaire, la population va même jusqu’à lapider sa maison et brûler ses livres. Les dernières années de sa vie se passent à Ermenonville dans la maladie et l’isolement.
Temple de la philosophie Crédits : P.Charpiat, Creative Commons

Le temple de la philosophie à Ermenonville (P.Charpiat, Creative Commons)

En Picardie

Après Amiens en 1767, l’écrivain découvre en 1768 Trie-Château où il est l’hôte du Prince de Conti. Sur l’invitation du Marquis de Girardin, il s’installe à Ermenonville, qui l’enchante, en mai 1778. C’est là qu’il meurt quelques mois plus tard (voir ci-dessous une photographie de sa tombe).

L’écrivain et universitaire Vincent Guillier, dans un texte drôle et irrévérencieux intitulé « Jean-Jacques, Derniers instants », imagine la vie du philosophe à Ermenonville. En voici un extrait :

« Il me dit que ses vacances à Ermenonville commençaient à lui peser. Tout le monde lui en voulait, l’espionnait, et le forçait à rester au parc du matin jusqu’au soir, sous prétexte que ce retour à la nature aurait été aussi l’une de ses idées. Mais Rousseau en vieillissant s’en moquait bien. La musique lui plaisait encore, un violoniste italien allait de temps à autre se cacher dans un buisson pour lui jouer des airs de Vivaldi. Le problème avec l’âge était que la musique, en adoucissant ses mœurs barbares de philosophe, le poussait à dormir. (...) C’était un peu l’attraction du parc à l’anglaise. Les invités trouvaient cela un peu exotique d’avoir installé un philosophe au fond du parc. Mais le marquis d’Argenson avait décrété un jour : »On devrait tous avoir un philosophe au fond du jardin".


Tombeau de Jean-Jacques Rousseau sur l’île des peupliers Crédits : Girardin

La tombe de Rousseau (Brunoh)

A lire !

Discours sur les sciences et les arts (1750)

Le Devin du village (Opéra, 1752)

Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1755)

Discours sur l’économie politique (1755)

Lettre à d’Alembert sur les spectacles (1758)

Julie ou la Nouvelle Héloïse (roman, 1761)

Du contrat social (1762)

L’Emile ou De l’éducation (1762)

Lettres écrites de la montagne (1764)

Les Confessions (1665-1770, publié en 1782)

Pygmalion (1770)

Rousseau, juge de Jean-Jacques ou Dialogues (1772-1776 publié en 1780)

Les Rêveries du promeneur solitaire (1776-1778, publié en 1782).

 

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia

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