Robida, Albert

Dessinateur et romancier (1848 -1926)

Robida touche à tout, l’illustration, la caricature, le journalisme, le roman, etc. Son coup de crayon est génial, il dessine l’avenir comme personne, il est scrupuleux dans la représentation du présent. Effervescent, inclassable, il lance plusieurs magazines.


« Écarquille les yeux à la beauté du monde ! » Telle est la devise d’Albert Robida.

Surdoué, débordant d’imagination, inclassable, Albert Robida rivaliserait actuellement tour à tour avec Plantu, Coluche, Stéphane Guillon, Nicolas Canteloup et les Guignols de Canal+, les reporters de guerre, les frères Bogdanoff, Georges Lucas et Spielberg et Walt Disney, Google earth, Jules Verne, Rabelais, les éditeurs Glénat et Fluide Glacial plus un créateur de panneaux Decaux... Curieux, ouvert, passionné, érudit, scrupuleux. Il a tout tenté et il a réussi partout. Le coup de crayon de ce touche-à-tout de génie s’est fait remarqué par son premier employeur dont il croquait les clients avec exactitude et un soupçon de cruauté. Son patron, notaire, n’a pas apprécié et il a remis son commis sur le trottoir.

Le « people »

Monté à Paris, le jeune Albert est devenu graveur, lithographe, dessinateur de presse, romancier, illustrateur de magazines et de livres, critique littéraire, éditeur, affichiste, publicitaire, caricaturiste, il a lancé des magazines … Une référence dans les milieux littéraires, artistiques, la presse, l’édition. Fils d’un menuisier de Compiègne, Albert est un « people », introduit dans tous les milieux : la coqueluche des médias et des éditeurs. A la fois fantaisiste, toujours drôle -voire truculent, il sait travailler vite et bien. Ses critiques de la société sont résolument documentées et ses préoccupations sociales évidentes. Si son imagination est débridée, son humour permanent, au fond, il est sérieux, il décrit ses sujets avec une exactitude minutieuse.

Le prophète

Albert Robida dessine l’avenir comme personne. Dès 1867 il anticipe avec pertinence les découvertes techniques du XXe siècle qui bouleversent la vie …Il annonce un déplacement Paris-Bordeaux en tube en 45minutes, l’ère atomique, la télé, le magnétoscope, le téléphone, les sous-marins … Parmi ses écrits célèbres, il faut connaître : Le XXe siècle, la guerre au XXe siècle, La vie électrique, Voyages extraordinaires de Saturnin Farandoul dans les mondes connus et inconnus, même de M. Jules Verne (dont il se moque franchement).

Albert Robida croit au progrès social lié aux nouveautés techniques, au progrès induit par l’électricité, l’aviation, l’automobile. Il insiste sur les changements de vie, la pollution, le tourisme de masse, les transports incessants, la guerre bactériologique et imagine mêmes des manifestations de rue à date fixe … Un de ses dessins les plus connus montre la sortie de l’opéra à Paris en l’an 2 000, dans une sorte de coque métallique-nacelle-hélicoptère.

La vie parisienne

« Il crée un type de femme… d’une féminité épanouie, la Parisienne affiche une indépendance mutine et une allure pour le moins pittoresque, » résume Eric Georgin. Albert prévoit la révolte des féministes en 1953, bien que la promotion des femmes leur permette d’assurer tous les métiers, y compris les plus prestigieux, il les voit élues politiques, avocates, banquières. Il évoque la mode du mariage par téléphone et du divorce éclair !

L’historien soucieux du détail vrai

Notre binoclard scrupuleux n’a pas son pareil pour évoquer le passé, les ravages de la guerre, l’Histoire de sa ville natale où il revient voir son ami Ferdinand Bac, avec son épouse Cécile et leurs 7 enfants. Ainsi : Les assiégés de Compiègne (Ed. Henri Laurens 1905). Il aime décrire le paysage, les forêts en prenant le temps de détailler chaque essence d’arbre, chaque animal avec passion. S’il perçoit l’avenir avec justesse, il a l’air de rêver tout autant dans le passé. Il rêve sûrement d’un Moyen-Âge idéal et va jusqu’à reconstituer la ville de Paris à l’époque, l’île de la Cité en détail avec ses maisons et ses rues. Il réalise cette œuvre colossale en maquette en 1900 pour l’exposition universelle.

Et il continue avec ferveur, rédige l’Histoire de Paris à travers les siècles, établit pour chaque période les plans, adapte la calligraphie et crée un papier original et une encre assortie, un style et des illustrations spécifiques, pour mieux évoquer chacune des ambiances de ces temps jadis.

Le publicitaire

Voyageur infatigable, véritable nomade, il parcourt les provinces françaises et l’Europe entière, avec un goût prononcé pour les villes anciennes. Ses guides touristiques illustrés forment de bons reportages, exacts, précis, presque un travail de photographe.

L’homme de presse

Avec ses amis, Albert Robida a créé de nombreux magazines, dont La Caricature qu’il a tenu durant douze ans. Il a illustré l’actualité, les guerres et les romans feuilletons en tant que collaborateur régulier de journaux, il a accompagné la publication de chefs d’œuvres de tous styles, de Shakespeare à Walter Scott et de George Sand à Mistral et Alexandre Dumas.

Références :

A.Robida : 1848/1926. Il laisse 60 000 dessins, 200 livres illustrés, 520 évocations de la guerre. On trouve ses dessins dans La Caricature, l’Almanach Vermot, Le journal des Voyages, Le monde moderne, La nature, Le petit Français illustré, L’assiette au beurre, La vie élégante, La gazette du vieux Paris …

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Gillion, Elisabeth

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