Réseau ferroviaire en Picardie

Picardie, région de passage et noeud ferroviaire

La Picardie est un noeud ferroviaire important et une région incontournable pour la liaison entre Paris et les grands foyer économiques du Nord de l’Europe. Les trains se contentent-ils de la traverser ?


Gare de Longueau - Gare de triage de Longueau Crédits : CRDP d'Amiens

La gare de Longueau se situe à la bifurcation de deux axes ferroviaires nord-sud.

L’axe Paris-Amiens-Boulogne-Calais (et au-delà Londres) s’éloigne vers l’arrière-plan gauche pour rejoindre le centre d’Amiens.

L’axe Paris-Amiens-Arras-Lille (et au-delà : Bruxelles, ou Anvers, Rotterdam) se dirige vers la droite.

Leur rôle a beaucoup diminué pour le transport des voyageurs depuis la mise en service de la ligne à grande vitesse Paris-Lille-Bruxelles ou Londres, celle-ci évitant Amiens.

En revanche, elles gardent leur importance pour le transport de marchandises.

La gare de Longueau doit l’immensité de ses installations au fait qu’elle fut le premier point d’arrêt obligé des machines à vapeur parties de Paris : on y refaisait le nécessaire plein d’eau (Tergnier était dans la même position).

Elle le doit aussi à sa gare de triage, à ses hangars et à ses ateliers ferroviaires dont on voit les bâtiments au centre du cliché, entre les deux branches divergentes des voies ferrées.

Ces activités employaient une abondante main-d’oeuvre logée dans une vaste cité SNCF aux maisons dispersées au milieu de jardins (premier plan à droite).

En raison de la généralisation des « trains complets » ne nécessitant plus de triage, Longueau a perdu l’essentiel de son ancienne activité.

Le vaste espace verdoyant, parsemé d’étangs, correspond à la vallée de l’Avre (à gauche) qui conflue avec la Somme dont on devine le cours à l’arrière-plan, au centre.

À l’arrière-plan gauche commencent les faubourgs d’Amiens. 


Gare de Tergnier - Tergnier, gare de triage Crédits : CRDP d'Amiens

Tergnier doit sa puissance à sa position sur l’un des axes de transit sud-nord qui traversent la Picardie, reliant Paris aux grands foyers économiques européens : Bruxelles, Anvers, Rotterdam d’une part, Namur, Liège et la Ruhr d’autre part.

Elle constitue, avec les villes voisines de La Fère et Chauny, une conurbation industrielle qui a profité de la présence d’un grand axe ferroviaire et de l’Oise navigable, là où la Somme rejoint le canal de Saint-Quentin. Ce dernier la branche sur le réseau navigable du Nord, de la Belgique et des Pays-Bas.

La zone industrielle, où se dresse une usine de la firme Saint-Gobain, s’est développée entre voie ferrée et voie navigable. Le canal de Saint-Quentin passe à l’est du faisceau de voies ferrées de la gare de triage.

Tergnier, ville cheminotte


Tergnier, la cité cheminote - Tergnier, cité ouvrière Crédits : CRDP d'Amiens  

On y rencontre des cités-jardins ouvrières dont la plus connue est celle de Quessy-Vouël-Tergnier.

Elle s’articule autour de trois grandes artères circulaires reliées entre elles par de larges avenues. Vu du ciel, l’ensemble de 100 ha figure les roues et les bielles d’une locomotive.

Cette cité fut édifiée au lendemain de la Première Guerre mondiale pour le compte de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord, par l’architecte Raoul Dautry. Ingénieur polytechnicien, celui-ci devint par la suite ministre de l’Armement (1937) et de la Reconstruction (1944-1945).

La publication en 2000 d’un « Dictionnaire de mémoire collective » par la ville de Tergnier, souligne l’importance de cette cité. Des maisons de trois pièces, aux murs peu épais, entourées d’un jardinet, étaient bâties par groupe de quatre. L’ensemble de la cité vivait de façon autonome, à la manière des ouvriers du Familistère Godin de Guise : écoles, poste, commerces, dispensaire, maternité, coopérative, économat, pharmacie, cinéma,stades, rien ne manquait.

La cité était administrée par un président du Conseil de la cité. Un réel esprit de solidarité animait ses habitants qui bénéficiaient d’un cadre de vie salubre, confortable (eau courante et électricité) et fleuri.

Propriété de la SNCF depuis sa création en 1937, la cité a souffert du désengagement de celle-ci. Peu entretenue, elle a tendance à laisser la place aux friches. Elle demeure néanmoins un bon exemple de paternalisme d’entreprise.

Quelques rappels sur la SNCF


Boutique SNCF Senlis - Boutique SNCF à Senlis Crédits : CRDP d'Amiens

Le 1er janvier 1938, la S.N.C.F.(Société nationale des chemins de fer français) est créée à l’issue de la nationalisation des principales compagnies de chemin de fer (Chemins du Nord et de l’Est, P.L.M. ou Paris-Lyon-Méditerranée, Paris-Orléans-Midi…).

Malgré la scission en 1997 d’avec Réseau ferré de France (qui est désormais propriétaire des 29000 km de lignes en service et autres 108000 ha de terrains répartis sur plus de 10000 communes différentes), l’entreprise de transport demeure un des grands propriétaires fonciers de France : 6000 ha de biens fonciers, auxquels s’ajoutent plus de 17000 bâtiments soit 8,5 millions de m2 bâtis.

Ces biens comprennent les 4000 gares, les entrepôts, les ateliers, les usines, mais aussi des bureaux, des logements, et des locaux médicaux et sociaux.

Depuis 1999, s’ajoutent à cette liste les Boutiques S.N.C.F. , des lieux de commerce dans les centres-villes des grandes agglomérations.
En 2012, on en dénombre 197, dont 32 pour Paris, et une seule en Picardie, à Senlis. Certaines de ces Boutiques se sont installées dans des villes dépourvues de gare.

Le slogan : « Acheter vos billets en faisant vos courses ».

Ces boutiques ont un concurrent direct, le site internet de la SNCF.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; CRDP Picardie

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Vous pouvez aussi laisser un commentaire sur cet article

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.