Picardie dans l’Encyclopédie

La Picardie dans l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert

Bien avant la décentralisation et la création des régions, la Picardie était une province. Louis de Jaucourt , « l’esclave de l’encyclopédie », lui consacre un article.


L’Encyclopédie, page de titre du premier tome, 1751 Crédits : ets.lib.uchicago.edu/ARTFL/OLDENCYC/images, Wiki commons

« PICARDIE, la, (Géog. mod.) : province de France, bornée au nord par le Hainault, l’Artois et la mer ; au midi par l’ile de France ; au levant par la Champagne, et au couchant par la Manche et la Normandie. Elle a 48 lieues du levant au couchant, et 38 du midi au nord. Ses principales rivières sont la Somme, l’Oyse, la Cauche, la Scarpe, la Lys, et l’Aa. Cette province est abondante en blé et autres grains.

On divise la Picardie en haute, moyenne et basse. La haute comprend le Vermandois et la Tiérache ; la moyenne, l’Amiénois et le Santerre ; la basse comprend le pays reconquis, le Boulenois, le Ponthieu et le Vimeu. Les fabriques et les manufactures y occupent beaucoup de monde, on y fait quantité de serges, de camelots, d’étamines, de pannes et de draps ; il y a plusieurs verreries. On voit dans la forêt de la Fere, au château de saint Gobin, la manufacture des glaces, d’où on les transporte à Paris pour être polies.

Outre le gouvernement militaire de Picardie, qui comprend trois lieutenances générales, il y a des gouverneurs particuliers de villes et citadelles. Amiens est la capitale de la province.

On compte quatre évêchés dans le gouvernement de Picardie, tel qu’il est aujourd’hui : Amiens et Boulogne sont suffragans de l’ archevêché de Rheims : Arras et Saint Omer en Artois sont sous la métropole de Cambrai.

Le nom de Picardie n’est pas ancien, et ne se trouve en aucun moment avant la fin du XIIIe siècle, où Guillaume de Nangis a appellé ce pays Picardie. Matthieu Paris parlant de la sédition arrivée l’an 1229 à Paris, entre les bourgeois et les clercs ou écoliers de l’université, dit que les auteurs de ce trouble, furent ceux qui étoient voisins de la Flandre et qu’on nommoit communément Picards.

La Picardie ayant été conquise par Clodion, tomba sous la domination des rois Francs ; ce prince établit à Amiens son siege royal. Méroué lui succéda, ainsi que Childeric son fils. Ensuite la Picardie échut en partage à Clotaire fils de Clovis, et resta sous la domination des rois de France, jusqu’à Louis le débonnaire, qui y établit en 823 des comtes qui devinrent preique souverains.
 
Philippe Auguste s’arrangea de cette province avec Philippe d’Alsace, comte de Flandres. En 1435 Charles VII, engagea toutes les villes situées sur la Somme au duc de Bourgogne, pour quatre cent mille écus. Louis XI les retira en 1463, et, depuis ce temps-là, la Picardie n’a plus été aliénée. »

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Picardia

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