Paul Magnaud

Magistrat (1848 - 1926)

Celui dont l’épitaphe est « le bon juge » a exercé ses fonctions de juge jusqu’en 1906 avant d’être élu député radical-socialiste. Nombre de ses jugements feront jurisprudence en matière de vagabondage, protection de la femme et des mineurs, et ouvrent la voie à la reconnaissance juridique de « l’état de nécessité ».


Buste de Paul Magnaud Crédits : Creative commons

D’abord avocat, Paul Magnaud entame une carrière dans la magistrature. Substitut à Doullens, il devient juge d’instruction à Montdidier, puis Senlis, et Amiens. Il préside le tribunal civil de Château-Thierry entre 1887 et 1906. Il fut clément dans nombre d’affaires, et eut des prises de position féministes. C’est devant le tribunal de Château-Thierry que plaide la première femme avocate en France, Jeanne Chauvin.

Le 4 mars 1898, le juge Magnaud acquitte une jeune ’fille-mère’, Louise Ménard, qui avait dérobé du pain chez un boulanger de Charly-sur-Marne, parce qu’elle n’avait rien mangé depuis deux jours. Le juge fonde sa décision, confirmée par la cour d’appel d’Amiens le 22 avril 1898, sur l’état d’absolue nécessité de la prévenue, en interprétation des dispositions de l’article 64 du code pénal. Il rembourse lui-même le coût du vol au boulanger.

Cette affaire fera la une de la presse parisienne, et lui vaudra le surnom de « bon juge », attribué par Georges Clemenceau, et qui fut ensuite inscrit sur sa pierre tombale.

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Picardia

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