Parmentier, Antoine Augustin

Pharmacien et agronome (1737 - 1813)

En 1757, Parmentier est apothicaire à l’armée. Il est fait prisonnier par les Prussiens. En prison, appréciant la nourriture pour cochons qu’on lui donnait (les pommes de terre), il décide d’en propager la culture en France.


Antoine Augustin Parmentier - Antoine Augustin Parmentier

Antoine-Augustin Parmentier est né à Montdidier, le 12 août 1737, dans une maison proche de l’église Saint Sépulcre à l’emplacement de l’actuel n° 15 de la rue qui porte son nom.

Sans fortune, en 1753, alors âgé de 17 ans, il entre comme apprenti apothicaire chez maître Frison dans une des officines de Montdidier.

En 1755, un de ses parents, apothicaire à Paris, le prend chez lui et complète son instruction.

Il s’engage dans l’armée à vingt ans en tant qu’apothicaire sous-aide et fait la guerre en Prusse. Il obtient le titre de pharmacien en second de l’armée, alors que la guerre de Sept Ans va commencer.

Fait prisonnier par l’ennemi, il connaît les geôles de Frédéric II, roi de Prusse. Pour toute nourriture, on lui donne des pommes de terre, aliment jusque-là réservé aux porcs, dont il apprécie les vertus nutritives.


Pommes de terre - Pommes de terre Crédits : designwallah-Flickr-CC

Cette délicate attention des ennemis décide de sa vocation, car Parmentier aime les pommes de terre et se résout d’en propager la culture en France dés qu’il recouvre la liberté, en 1763.

Le 16 octobre 1766, Parmentier est nommé apothicaire gagnant maîtrise de l’Hôtel des Invalides c’est là qu’il commence ses premières plantations de pommes de terre. Six ans plus tard, en 1772, il obtient le brevet d’apothicaire major des armées.

La même année, l’Académie de Besançon propose pour son concours le thème des végétaux de remplacement dans l’alimentation humaine. Le mémoire de Parmentier qui a pour titre « Végétaux qui pourraient suppléer en temps de disette à ceux que l’on emploie communément à la nourriture des hommes » lui vaut d’être lauréat dès 1773.

En 1786, Parmentier obtient du gouvernement la concession dans la plaine des Sablons, au lieu dit « Les Sablons », de cinquante-quatre arpents de terre stérile. Il les fait ensemencer et la récolte venue, en psychologue avisé qui connaît bien l’attrait de fruit défendu. Il entoure son champs d’un cordon de sentinelles qui se retirent la nuit venue. Les maraudeurs accourent et remplissent leurs sacs comme on pouvait le prévoir.

Un jour de réception à la cour, Parmentier présente au Roi Louis XVI un bouquet de fleurs de pommes de terres, le monarque en prend une et la met à sa boutonnière, et les courtisans imitent bien sur l’exemple royal. Cet événement ne passe pas inaperçu.


Fleurs de pommes de terre - Fleurs de pommes de terre Crédits : ComputerHotline, Flickr, CC

Grâce à son activité incessante et la rigueur avec laquelle il soutient ses opinions, Parmentier commence à connaître le succès dans certains milieux aristocratiques, mais il se heurte encore au scepticisme de ses contemporains.

Au sein de l’armée, il est amené encore à prendre part à la guerre d’indépendance des Etats-Unis en Amérique et, militaire toujours, il participera encore aux guerres de la Révolution. La révolution gronde et en 1789, Parmentier est suspecté d’avoir accepté du Roi Louis XVI, le cordon de l’ordre de St Michel ; il se cache pour échapper à la guillotine.

En 1793, la convention reconnaît ses mérites et par décret du 23 nivôse an II (14 janvier 1794), il reçoit 3000 livres et devient Premier pharmacien des armées. Il entre au conseil de Santé puis en 1796 à l’académie des Sciences. Il est, grâce à l’appui de Napoléon, nommé en 1795 pharmacien militaire en chef (c’est à ce titre qu’il impose la vaccination contre la variole entre 1805 et 1813) et membre de l’institut.

À la création de l’ordre de la Légion d’Honneur, il est promut officier.

Il publie de nombreux ouvrages consacrés, aux végétaux nutritifs, particulièrement à la pomme de terre, aliment complet qui, par sa composition, en paraît être le meilleur d’entre eux. Sa devise favorite était « Nissi utile est quod facimus stuita est gloria » (Vive la paresse si l’étude est stérile).

Le 17 décembre 1813, il meurt d’une pneumonie à l’âge de 76 ans. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

Les distinctions de Parmentier

Premier président de la société de pharmaciens de Paris

Fondateur du journal de pharmacie et de chimie

Fondateur de la société d’encouragement à l’industrie nationale

Inspecteur générale du service de santé,

Président du conseil de salubrité,

Administrateurs des hôpitaux et hospices.

Officier de la Légion d’Honneur.

En reconnaissance, le 18 juin 1848, la ville de Montdidier lui élève une statue.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia

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