Ermenonville

Le parc Jean-Jacques Rousseau

C’est à Ermenonville, sur l’île des peupliers, dans un parc paysager de 50 hectares, que fut inhumé Jean-Jacques Rousseau.


- Le parc Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville Crédits : CRDP d'Amiens

Situé au sud du département de l’Oise, à 45 km de Paris, Ermenonville doit sa célébrité à un domaine (début du XVIIe siècle) ayant appartenu à Gabrielle d’Estrées et qui, devenu propriété du marquis René Louis de Girardin (1735-1808), servit de dernière demeure au philosophe Jean-Jacques Rousseau (1712-1778). Le 28 mai 1778, Rousseau y trouva le repos avant de s’éteindre le 2 juillet suivant, à la suite d’une rupture d’anévrisme. Amoureux fervent de ce parc à l’anglaise que Girardin avait restauré et embelli à partir de 1766, il fut inhumé dans cette petite île de l’étang des Peupliers, avant que son cercueil ne fût transporté au Panthéon le 11 octobre 1794, par décret de la Convention.
Ce site devint rapidement un haut lieu de pèlerinage et participa à la légende d’un philosophe dont les écrits influencèrent les révolutionnaires de 1789.

Ce parc reste une curiosité par sa richesse, sa fraîcheur et l’harmonie de son agencement : cascades, grottes, nymphées, « fabriques » évoquent le « promeneur solitaire » qu’était Jean-Jacques Rousseau. La propriété fut vendue au XIXe siècle à la famille Radziwill, avant d’être rachetée par le Touring Club de France en 1938, puis par le Département de l’Oise.

Si le pavillon où résidaient Rousseau et sa compagne n’existe plus, le musée Jacquemart-André, installé dans le logis abbatial de Chaalis à quelques kilomètres d’Ermenonville, lui rend hommage à travers toute une collection d’objets et d’écrits.

Les jardins ont leur histoire.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, s’opposent deux types d’aménagement paysager, le « jardin à la française » et le « jardin à l’anglaise ». Le premier, comme à Vaux-le Vicomte ou à Versailles, reprend les canons du genre fixés en Italie au cours de la Renaissance auxquels il donne une ampleur inédite, ces grandes perspectives qui s’alignent depuis la façade des châteaux. La nature y est alors dominée et ordonnancée. Tel est le message.

Son antithèse naît en Angleterre au XVIIe siècle. Outre-Manche, le jardin est avant toute chose paysage. Il s’organise selon des cheminements sinueux, des points de vue donnant sur des folies ou fabriques, de petites constructions qu’orne un agencement de végétaux. Volumes, formes, reliefs, couleurs doivent faire naître l’inspiration, des sentiments esthétiques au promeneur qui a le choix de son parcours. Davantage qu’un programme, qu’un exposé, qu’une démonstration, le jardin à l’anglaise est une initiation.

En France, le jardin à l’anglaise s’impose au siècle de Lumières, au moment où une partie de l’élite nobiliaire, gagnée aux idées libérales, est attirée par sa symbolique de liberté, son refus des codes. 

Ainsi le conçoit le marquis René-Louis de Girardin à Ermenonville. Pour aménager les 50 hectares du parc de son château, il engage des artistes réputés - Fragonard, Hubert Robert, Moreau le jeune – ainsi que des jardiniers écossais. Entre 1766 et 1776, ceux-ci vont créer un véritable parc paysager, construire une vingtaine de fabriques (petits monuments ornés de citations philosophiques) autour de l’étang qui fait face à la demeure du marquis.


- Le parc Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville Crédits : CRDP d'Amiens

Sur la photo ci-dessus, le temple de la philosophie, dédié à Michel de Montaigne, l’œuvre du peintre Hubert Robert qui s’est inspiré du temple de la Sibylle, à Tivoli. Les six colonnes de cette fabrique portent chacune le nom d’un grand penseur moderne, ainsi qu’un mot latin le caractérisant : Newton (lucem) , Descartes (nil in rebus inane) , Voltaire (ridiculum) , Rousseau (naturam) , William Penn (humanitatem) , Montesquieu (justitiam) . Le temple est en voie d’achèvement, comme la philosophie elle-même qui, à l’époque, entraine l’Homme sur la voie de la connaissance. Quelques pierres déposées sur le sol sont là pour en témoigner.

Deux années après son achèvement, le parc reçoit un visiteur de marque, en la personne de Jean-Jacques Rousseau. Le philosophe, initiateur du préromantisme avait trouvé là, à Ermenonville, son paradis esthétique.


- Le parc Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Sahaguian Franck

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