Musée du Touage et canal souterrain de Riqueval

Canal réalisé entre 1801 et 1810

Ce tunnel le plus ancien conservé en Picardie est aujourd’hui, le seul endroit au monde où l’on pratique encore le système du touage (remorquage des péniches à la chaîne).


Le canal de Saint-Quentin à son entrée dans le tunnel. Crédits : CANOPÉ Amiens

Le canal de Saint-Quentin est inauguré en 1810. De Saint-Quentin à Gauchy, de Saint-Quentin à Cambrai, il relie l’Oise, la Somme et l’Escaut, avant l’ouverture du canal du Nord. Il possède une particularité remarquable cependant. Pour joindre Riqueval et Le Catelet, Napoléon impose le creusement d’un souterrain de plus de 5 Km de longueur (5.670 mètres). Celui-ci passe sous les villages de Bellicourt et Bony et rend indispensable le touage ou remorquage des péniches à la chaîne.

Réalisé entre 1801 et 1810 sous la direction de l’ingénieur A.N. Gayant, le tunnel de Riqueval, long de 5670 mètres, est inauguré par Napoléon 1er en avril 1810. La traversée du tunnel s’effectue à l’aide de toueurs. Il est le tunnel le plus ancien conservé en Picardie et est, aujourd’hui, le seul endroit au monde où l’on pratique encore le système du touage (remorquage des péniches à la chaîne).

Qu’est-ce qu’un toueur ?

Dès le début du XIXe siècle en se pose la question du halage des bateaux qui fréquentent le canal. Le système du bateau treuil, ou toueur, est donc adopté. Dans un premier temps, celui-ci est mû par des chevaux disposés en manège sur son pont, puis une machine à vapeur est installée à son bord, avant celle d’un moteur électrique en 1910. Ce toueur – de 25 m de longueur et 5 m de largeur – est capable de remorquer 32 péniches, chargées par exemple de charbon.

A la vitesse moyenne de 2,5 km/h, le toueur se hale sur une chaîne – de 8 km de long et d’un poids de 96 tonnes – qui s’enroule sur un cabestan situé sur le pont. Celle-ci repose au fond du canal et est fixée à chaque extrémité du souterrain. Le toueur tire dans son sillage, une « rame » de bateaux, dont les moteurs sont obligatoirement éteints pour la traversée du canal souterrain.
Chaque traversée du tunnel dure plus de deux heures, un moment de convivialité à l’époque pour les mariniers qui fréquentent les lieux.

A l’heure de son bicentenaire, le toueur de Riqueval, devenu un musée vivant, hale encore deux rames par jour de péniches et autres bateaux de plaisance. Depuis l’ouverture du canal du Nord et à la baisse du trafic sur le canal de Saint-Quentin – 1600 péniches en 2002 -, Voies navigables de France évoque projet de la pose d’un système de ventilation mécanique dans le tunnel, permettant aux bateaux d’en effectuer la traversée à l’aide de leur moteur dans le tunnel.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; CRDP Picardie

Vos commentaires

  • Le 15 août 2015 à 11:11, par Delestre En réponse à : Musée du Touage et canal souterrain de Riqueval

    Ce site est remarquable de par les moyens mis en oeuvre à l’époque, et surtout le fait que ces équipements soient toujours en place et même encore utilisés à des fins de transport, de plus en adéquation avec les contraintes écologiques actuelles.
    Celui-ci mériterait d’être beaucoup plus connu. Heureusement, je viens ce matin de profiter d’un magnifique reportage à son sujet, celui-ci ayant été diffusé sur RMC.

    Salutations à tous les amateurs d’histoire et d’architecture fluviale.

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