Muches

Galeries refuges creusées dans la craie

Ces galeries creusées dans la craie servaient de refuge en cas d’attaque du village. Elles ont été utilisées lors de la Première Guerre mondiale.


Muches de Naours - Les Muches de Naours Crédits : CRDP d'Amiens / Michel Gombart

Les muches se composent d’une grande galerie appareillée de 1 à 1,50 m de large, de 1,6 à 1,8 m de haut qui s’enfonce dans un banc de craie de bonne qualité de 15 à 20 m sous la surface.

En bas, une ou deux grandes galeries identiques se développent à l’horizontale avec de multiples ramifications qui desservent de très nombreuses chambres, disposées de part et d’autre, en vis-à-vis ou alternées.

Le plafond est creusé sous un banc de silex horizontal, ce qui lui confère une bonne résistance. Des niches et trous creusés laissent à penser que le mobilier était en bois, et qu’une porte fermait l’accès de chaque pièce ; parfois une cave-cachette permettait aux réfugiés de mettre à l’abri des victuailles, des grains.

Les puits d’aération de surface étaient cachés, les souterrains disposaient bien sûr de puits d’eau.

Certains pouvaient atteindre des dimensions considérables : 110 m de rue et 56 chambres à Bouzincourt, 160 m de rue et 82 chambres à Domqueur, 500 m de rue et 140 chambres à Naours.

Il existe très souvent une liaison avec l’église, parfois même dans l’église (Bouzincourt et Forceville).

La défense de tels ouvrages reposait sur leur taille et sur le nombre des réfugiés. L’accès était étroit, mais sans chicane, pour permettre l’évacuation rapide des habitants.

En bas, les nombreuses ramifications obligeaient l’assaillant à se diviser dans le noir, sans connaître la topographie du lieu, avec l’impression d’être perdu au milieu d’un labyrinthe, cerné par des gens hostiles.

Les souterrains furent réutilisés au XXe siècle lors de la Première Guerre mondiale, comme cantonnements, dépôts d’armes, hôpitaux, et lors de la Seconde Guerre mondiale, par les populations locales pendant les bombardements ou par les armées belligérantes comme poste de commandement.

À Naours, les muches ont été utilisées comme poste de commandement par les Allemands.
 

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Boulnois Alain

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