Moulins à vent de Picardie

La répartition des moulins à vent en Picardie est très inégale. Seule la Somme avec la proximité de la mer bénéficie de vent plus régulièrement. Détruits massivement pendant les deux guerres mondiales car pouvant servir de points d’observation, ils n’ont pas été reconstruits.


Moulin à vent de Saint-Maxcent Crédits : S. Mary
Moulin de Saint Maxent, dans la Somme.

Les moulins à vent en Europe sont relativement récents, puisque apparus au cours du 12e siècle. L’une des premières mentions en France se trouve au Marquenterre en 1191.

Ils captaient la force du vent à l’aide d’ailes munies de barreaux sur lesquels on tendait des toiles, plus ou moins selon la force du vent. En Picardie, c’étaient des ailes flamandes, avec une planche d’un côté, et une toile de l’autre côté. Quelques rares moulins ont été équipés au 19e siècle d’ailes modernes en planches, dont on pouvait régler la surface sans arrêter le moulin. Evidemment il faut pouvoir orienter les ailes face au vent, ce qui a abouti au développement de plusieurs types de moulins à vent.

S’ils ont été nombreux, ils disparurent dès le 19e siècle avec l’apparition de moulins à eau modernes aux capacités de mouture importantes et moins dépendants des fluctuations de l’eau, car équipés de moteurs annexes à vapeur ou diésel. Il faut compter en effet qu’un moulin à vent ne fonctionnait qu’un jour sur trois en moyenne. De plus en Picardie, les 2 guerres mondiales en ont beaucoup détruit, car pouvant servir de point d’observation ou de point de repère. Ils ne furent pas reconstruits, étant déjà à l’époque démodés.

Une répartition inégale

Si les moulins à eau sont présents dans tous les départements grâce à un réseau hydrographique important, la répartition des moulins à vent est très différente selon les départements. En effet d’après la statistique de 1809 sur les moulins à blé, ils étaient 805 dans la Somme (66% des moulins), 422 dans l’Oise (43%) et seulement 371 dans l’Aisne (28%). Cela s’explique par l’importance des vents dans la Somme qui est proche de la mer.

Types de moulins

3 types de moulins à vent en Picardie.

Le moulin pivot

Le plus ancien, le moulin pivot se compose d’une grande cage de bois qui porte les ailes et comporte tous les mécanismes, et se met face au vent en pivotant sur un énorme pivot de chêne. Il n’en subsiste plus qu’un seul à St-Maxent (Somme). Deux autres existent au parc de Naours, mais sont en fait des moulins flamands déplacés dans les années 60.

Le moulin tour

Ensuite vient le moulin tour : une tour en maçonnerie renferme les mécanismes, et son toit qui porte les ailes pivote sur un rail circulaire, d’abord de bois, puis de métal, pour pouvoir mettre les ailes face au vent. Quelques uns ont été restaurés dans la Somme : Candas, près d’Amiens, Eaucourt-sur-Somme près d’Abbeville, Frucourt (qui est un moulin fortifié) qui sont tous les trois visitables. De plus celui de Bussus-Bussuel a retrouvé un toit, mais pas encore d’ailes ni de mécanismes. A Warloy-Baillon, un moulin est en cours de restauration. Très peu a été fait dans les autres départements : un projet de restauration a Elaincourt-Sainte-Marguerite il y a quelques années, et dans l’Aisne le moulin de Largny-sur-Automne, près de Villers-Cotterêts avait été restauré par son propriétaire, mais a été abandonné au décès de celui-ci.

Le moulin tour en bois

Enfin, un dernier type beaucoup plus rare, cantonné dans le nord de la France : le moulin tour en bois. Sa tour était une charpente de bois, recouverte de planches et de bardeaux de bois pour la protection des intempéries. Il existait dans la Somme où il semble avoir été assez répandu du littoral jusqu’à la région d’Amiens. Les 2 derniers exemplaires n’ont pas été restaurés, ce sont ceux de Vaudricourt (démonté mais pas encore reconstruit) et Citernes (en très mauvais état actuellement, qui possédait des ailes à jalousies surtout répandues en Grande Bretagne). Il faut cependant noter une tour en bois très originale à Pontavert (Aisne) qui possédait une tour très évasée, une toiture hémisphérique et des ailes Berton en planches au lieu des traditionnelles ailes en toiles. Il a malheureusement été démoli pendant la première guerre mondiale.

Usage des moulins

Les moulins ont servi essentiellement à produire la farine. Pour cela, le moulin possède 1 ou2 paires de meules en pierre. Celle du dessous est fixe (la dormante), celle du dessus tourne (la courante), écrasant le grain qui est introduit entre les 2 meules. Elles étaient complétées parfois par une bluterie pour séparer la farine du son, et produire ainsi une farine plus blanche.

Dans la Somme, on trouvait en plus des moulins à huiles, qui écrasaient les graines soit à l’aide de meules verticales travaillant sur leur chant, soit à l’aide de pilons de bois qui s’abattaient dans des mortiers creusés dans une poutre. C’étaient soit des moulins pivot, soit des moulins tour.

Les éoliennes du 19e siècle

Modernes moulins à vent, maintenant démodées, les éoliennes parfois assez complexes, ont servi pour le plus souvent pour élever l’eau de villages ou de châteaux, mais aussi parfois pour les châteaux d’eau de certaines gares à l’époque de la vapeur. Il n’en subsiste maintenant que de petits modèles très simples dans les champs pour abreuver les animaux.

Des moulins plus discrets

En dehors des moulins à eau et des moulins à vent, il y eut aussi des moulins à manèges, actionnés par des animaux marchant en rond. C’étaient le plus souvent des moulins à usage agricole, comme les moulins à pomme connus de tous, mais aussi des moulins à huile, des moulins de pompage de l’eau (il existe le bâtiment d’un manège pour l’eau au château de Bertangle (Somme), et des manèges pour actionner des batteuses dans certaines fermes (par exemple à Orainville (Aisne) et Creuse (Somme).

Et il ne faut pas oublier des manèges industriels qui ont participés au début du 19e siècle à l’essor de l’activité de textile au 19e siècle, comme à Amiens où ils étaient très nombreux.

Souvent ignorées aussi, les cages d’écureuil, grandes roues à l’intérieur de laquelle marche un homme pour actionner un treuil. Elles ont été utilisées sur les chantiers des cathédrales, mais parfois aussi pour monter les cloches, et parfois restaient alors en place. Il en existe encore une à la cathédrale de Beauvais non visible des visiteurs.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Mary, Stéphane

Vos commentaires

  • Le 10 mai 2014 à 09:41, par Geoffrey En réponse à : Moulins à vent de Picardie

    Bonjour, pour vous signaler aussi un moulin a vent sur le département de l’Oise à Fouilleuse. Construit en 1672, était en état de ruine jusqu’à sa restauration de juin 1996 à 1997 grâce au maire du village de cette époque . Il aurait souhaité lui remettre un toit et des ailes, mais les fonds ne sont malheureusement pas disponible. A son sommet se trouve une table d’orientation. Possible de le visiter en prennent rendez-vous auprès delà mairie de fouilleuse.

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