Monument national des chars d’assaut, Berry-au-Bac

Construit sur les plans de l’architecte Real del Sarte, le monument national des chars d’assaut est le premier des monuments commémoratifs de la bataille du Chemin des Dames d’avril 1917.
L’édifice est inauguré le 2 juillet 1922 en présence des généraux Foch, Weygand et Mangin.


Monument national des chars d’assaut - Berry-au-Bac, Aisne Crédits : Canopé-CRDP Amiens

L’usage qui prévaut pour l’implantation d’un monument est celui du lieu d’engagement de l’unité commémorée. Ainsi celui-ci est-il érigé au lieu-dit de la ferme du choléra à Berry-au-Bac, rappelant le premier engagement des chars français au cours de la Première Guerre mondiale.

L’idée d’utiliser cette nouvelle arme de combat émane du colonel Jean-Baptiste Estienne.

Après les sanglants échecs des offensives de l’année 1915 en Champagne et en Artois, Estienne qui commande la 6e Division d’Infanterie du général Pétain, obtient l’accord de Joffre pour la construction d’un prototype. Dès lors, il organise cette nouvelle arme qu’il nomme « artillerie d’assaut » ou « artillerie spéciale », dont les combattants sont recrutés dans les différentes armes existantes.

Ce sont des chars Schneider qui participent à l’offensive du 16 avril avec la Ve Armée. Sur les 128 engagés, les trois-quarts sont immobilisés par des pannes, atteints par l’artillerie allemande ou incendiés. 180 hommes perdent la vie ou sont blessés, sur un total de 780 soldats. Pertes élevées, progression peu significative, le premier engagement n’est pas donc vraiment concluant. Il est aussi source de questionnement tactique sur la manière d’utiliser au mieux ces « cuirassés terrestres ».

Les enjeux de la construction et de l’inauguration de ce monument sont circonscrits au seul engagement des blindés et à la volonté des anciens combattants de l’artillerie d’assaut de construire une mémoire à cette arme nouvelle. Le monument lui-même traduit cette retenue : sobre, il n’est qu’un bloc de granit bleu sur lequel sont gravés les noms des soldats tués dans les chars. C’est un monument aux morts qui fixe un moment de la bataille dont le souvenir est assumé par l’armée.

Contributeur(s) initial(ux)

Bertrand Belvalette

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