Michel, Charles-Henri

peintre (1817-1905)

Charles-Henri Michel est né à Fins dans la Somme le 13 janvier 1817 et mort à Paris le 6 janvier 1905. Il est essentiellement un peintre d’histoire et affectionne les sujets religieux.


Charles-Henri Michel, buste actuel en béton - Charles-Henri Michel, buste actuel en béton Crédits : CRDP d'Amiens

Les parents de Charles-Henri Michel, tous deux originaires de la région, sont agriculteurs. Son père décède alors qu’il a neuf ans.

Sa mère doit assumer seule l’éducation et la subsistance de l’enfant ainsi que celles de ses deux frères.

Charles-Henri entre très jeune au service d’un avoué de Péronne. Il y demeure trois ans, montrant dès cette époque un goût prononcé pour le dessin.
Sa mère l’y encourage, le confiant aux bons soins de Jules Dufour, lui-même élève d’Auguste Dehaussy, un peintre péronnais de renom.

Ce dernier lui enseigne son art, en même temps qu’il l’accueille dans son atelier. L’élève, assidu, y côtoie le poète et sculpteur Hector Crinon, autre artiste picard venu lui de Vraignes.

Charles-Henri Michel demeure auprès du maître jusqu’en 1835, année où il monte à Paris.

L’année suivante est celle des premiers succès. Son Intérieur d’atelier, l’artiste peignant obtient une médaille d’argent à Amiens, L’artiste malade étant lauréat, l’année suivante, d’un concours organisé par la Société des Amis des Arts de la Somme.

En 1838, le jeune peintre fait un séjour à Anvers, dans la jeune Belgique, afin d’y étudier la peinture flamande.

De retour en France, il expose à Paris dès 1840, fréquentant l’Académie de Charles Suisse, un atelier de peinture situé quai des Orfèvres, dans l’Île de la Cité.

Là, grâce au recours à des modèles, Charles-Henri Michel perfectionne sa technique.

En 1843, il entre à l’Académie des Beaux-Arts, se partageant à cette époque entre Paris et Péronne, son art et sa famille. Le décès de sa mère, survenu en 1847, ne changera pas ces habitudes.

En 1851, Michel part pour l’Italie, un voyage qui dure trois années et décide de ses futures orientations vers la peinture religieuse.

S’il se qualifie plus tard de «  peintre d’Histoire et de Religion », c’est un portrait, celui de Célanie Harlé, fille d’un député de la Somme, qui fait son mariage.

Celui-ci est célébré le 5 mai 1854 à Aizecourt-le-Haut . Le couple aura trois enfants, trois garçons : Auguste, né l’année suivante, en 1855 ; Félix, né en 1856, et enfin Paul, en 1860.

À cette époque, les Michel demeurent à Paris, l’atelier du peintre étant situé au 18 de la rue de Varenne, rive gauche.

En 1855, une de ses œuvres, Un Ange de plus au ciel, est présentée au public lors de l’Exposition universelle. Plus tard, en 1859, Le Crucifiement est acheté par l’Etat pour l’église de Péronne, où est déjà exposé depuis 1854 son Baptême du Christ par Saint Jean .

Deux années plus tard, Charles-Henri Michel obtient une médaille de troisième classe au Salon de l’Académie, pour sa Conversion intérieure .

Le peintre picard a désormais acquis une certaine notoriété, celle-ci lui permettant de vivre dans l’aisance que lui procure la vente de ses toiles.

En 1865, Jésus source de vie est acquis par l’État pour le musée d’Amiens, en cours d’aménagement.

Puis, en 1866, la Sainte Communion est acheté par du musée du Louvre. En 1867, Le Renoncement est acheté par le musée de Varzy, dans la Nièvre, l’année suivante, L’Exilé de la patrie céleste , par le musée d’Orléans.
L’épouse du peintre décède en 1864.

En 1871, avec la guerre franco-prussienne, Michel, accompagné de ses enfants, quitte la capitale.

Dans les années qui suivent, le peintre se consacre à son « grand œuvre », une série de seize tableaux, toujours d’inspiration religieuse, issus de L’Imitation de Jésus-Christ . Ceux-ci sont offerts en 1957 par ses descendants au monastère de la Grande-Chartreuse, dans l’Isère.

À la fin du XIXe siècle, au moment où Jeanne d’Arc devient une figure des célébrations nationales et patriotiques, le peintre exécute deux tableaux d’histoire, une originalité dans son œuvre : La Dernière Communion de Jeanne d’Arc en 1899 – aujourd’hui au musée de Rouen – ainsi que la Remise de l’Étendard en 1901 - qui se trouve dans la chapelle du château de Blois. Ceci annonce la béatification de l’héroine en 1909 par la Papauté. 

Charles-Henri Michel décède le 6 janvier 1905, à son domicile parisien, rue Lecourbe, des suites d’une grippe. 


Charles-Henri Michel, la Madonne des anges - Charles-Henri Michel, la Madonne des anges Crédits : CRDP d'Amiens

En 1951, le docteur Paul Michel, son fils, a fait don de trois tableaux à l’église de Fins : la Madone des Anges (1859),


Charles-Henri Michel, Ecce Homo - Charles-Henri Michel, Ecce Homo Crédits : CRDP d'Amiens

Ecce homo (1904),


Charles-Henri Michel, Vision de Sainte Thérèse d’Avila - Charles-Henri Michel, Vision de Sainte Thérèse d'Avila Crédits : CRDP d'Amiens

et Vision de sainte Thérèse d’Avila (1904).

Le musée Alfred-Danicourt de Péronne possède de nombreuses œuvres de Charles-Henri Michel, fusains, crayons et pastels, autant de dons venus de collections particulières, de ses différents héritiers. 

Ses dessins à la plume sont particulièrement remarquables.


Charles-Henri Michel, buste en bronze de 1909 - Charles-Henri Michel, buste en bronze de 1909 Crédits : CRDP d'Amiens

Depuis 1909, la commune de Fins honore la mémoire du peintre Charles-Henri Michel. Un buste en bronze réalisé par Athanase Fossé est inauguré sur la place du village en 1909.

En 14-18, les Allemands ont fait fondre le buste pour faire des canons ! Après ce conflit, un nouveau buste en bronze a été placé sur le socle vide. Cette copie de l’œuvre originelle est détruite au cours du second conflit, entre 1940 et 1944. 


Charles-Henri Michel, buste vandalisé par les Allemands - Charles-Henri Michel, buste vandalisé par les Allemands Crédits : CRDP d'Amiens

Aujourd’hui, l’effigie actuelle du peintre picard est une grossière copie en béton, replacée là, à Fins, sur l’initiative de la municipalité. Cette copie résiste mal aux intempéries et se délite par endroits.

Dans la commune, une ferme porte encore sur sa façade une plaque indiquant l’emplacement de sa maison natale.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; CRDP Picardie

Vos commentaires

  • Le 15 novembre 2014 à 15:43, par Charles-Henry MICHEL En réponse à : Michel, Charles-Henri

    Je vous remercie de m’avoir donné crédit pour les documents qui figurent ici.

    Répondre à ce message

  • Le 16 janvier 2015 à 14:36, par brissy En réponse à : Michel, Charles-Henri

    bonjour, je cherche copie de l’article parue dans la revue septentrionale, dont mon cousin René Brissy dit "le cholleux est , je crois, l’auteur paru à l’occasion de l’inauguration du buste de Charles Henri Michel.
    Merci

    Répondre à ce message

  • Le 11 février 2016 à 12:04, par Miguel Vorcro En réponse à : Michel, Charles-Henri

    J’ai deux peinture de Charles Henri Michel 1817/1905. (Saint-Aignan-sur-Cher et de Montrichard, petite ville sur la gouttière cher jamais Val de Loire).

    Répondre à ce message

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