Mémorial sud-africain de Longueval

Un mémorial et un musée

Les Sud-Africains ont payé leur tribut à la Bataille de la Somme, dans le secteur du Bois du Diable (Devil Wood). Un mémorial, inauguré en 1926, leur rend hommage.


- Le mémorial et le musée sud-africains de Longueval Crédits : CRDP d'Amiens

Le 20 avril 1916, suivant la promesse faite par le président Louis Botha, la 1st South African Infantry Brigade et ses quatre régiments, placés sous le commandement du Brigadier general H.T. Lukin, débarque dans le port de Marseille pour rejoindre le front Ouest.

Pendant la Bataille de la Somme, près de Longueval, le secteur du Bois du Diable (Devil Wood), décrété indispensable à toute progression vers l’Est, est confiée à la 1re Brigade sud-africaine.

Celle-ci connaît là son baptême du feu sur le front occidental.

Du 15 au 20 juillet 1916, pris sous de très violents tirs d’artillerie (jusqu’à 400 coups à la minute), à peine protégés par des abris construits à la hâte, coupés de l’arrière, ces soldats vivent là un véritable cauchemar.

À l’heure de la relève, des 3200 hommes de la brigade, seuls 143 sortent vivants de leurs tranchées…

Le mémorial

Après le conflit, au Bois Delville, où 600 dépouilles non retrouvées de soldats du Commonwealth, reposent, le mémorial national sud-africain est inauguré le 10 octobre 1926, par la veuve du président Louis Botha.

Dessiné par l’architecte Herbert Baker, il se situe en face du cimetière militaire du bois Delville, à l’extrémité d’une avenue bordée de chênes, dont les glands proviennent d’Afrique du Sud.

L’entrée s’effectue sous un arc de triomphe, surmonté par un groupe en bronze, réalisé par Alfred Turner.

Il représente Castor et Pollux, les jumeaux de la mythologie grecque, les Dioscures, tenant un seul cheval fougueux. Enfants de Léda et Zeus, l’un est mortel, l’autre divin. À la mort du premier, ce dernier obtiendra de Zeus qu’ils soient réunis dans l’immortalité.

Cette différence et ce destin commun sont à mettre en parallèle avec le Britannique et le Boer, maintenant compagnons d’armes et unis dans la nouvelle nation.

Le mémorial lui-même est un cénotaphe, un tombeau vide.

À quelques mètres derrière le monument, le musée sud-africain est une réplique du fort du Cap, inauguré en 1986.

Il commémore la contribution sud-africaine durant la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale, le Blocus de Berlin (1948-1949) et la Guerre de Corée (1950-1953).

Les deux maisons, qui se veulent typiquement coloniales, représentent, selon l’architecte, les deux peuples blancs d’Afrique du sud, et le mur semi-circulaire, les remparts de la civilisation.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; CRDP Picardie

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