Maisons rurales picardes

Briques, pierres, bois et torchis

Les maisons rurales traditionnelles de Picardie ont souvent une architecture mixte de briques et de pierres, les plus vétustes utilisent le bois et le torchis.


Maison rurale à Marles - Maison traditionnelle marloise Crédits : CRDP d'Amiens

Maisons rurales de l’Aisne

Maison à Bosmont-sur-Serre dans l’Aisne

Situé entre la Thiérache au nord, dont il constitue l’une des bordures le long de la vallée de la Serre, et le Laonnois au sud, le Marlois se caractérise par une architecture mixte de brique et de craie. La pierre y est fréquemment employée dans le gros oeuvre des constructions, en petites pierres de taille ou en moellons. Parfois, elle sert juste à renforcer une maçonnerie de brique, sous forme de chaînages placés aux angles du bâtiment ou autour des portes et fenêtres.

Maison du Soissonnais à Oeuilly dans l’Aisne


Maison rurale à Oeuilly - Maison traditionnelle à Oeilly Crédits : CRDP d'Amiens

La maison rurale soissonnaise est une variante régionale de la maison dite d’Ile-de-France.

Elle se décline suivant la profession du propriétaire et selon la géologie du sous-sol, depuis Cuts aux confins du Noyonnais où elle abritait petits fermiers et tisserands, jusqu’à Acy où elle servait d’habitation aux vignerons. Elle se caractérise par ses deux pignons appelés « en pas de moineaux », ou encore dits « à redents » ou « à gradins », formés d’une seule assise de pierre calcaire, rectangulaire, de 25 à 30 cm de hauteur.

Cette forme serait héritée des pignons médiévaux à crochets qui ornaient de grands édifices (ex : la grande salle du palais épiscopal de Laon, du XIIIe siècle).
Il reste de nombreuses maisons de ce type, en particulier sur les franges du Laonnois et du Soissonnais.

Celle d’Oeuilly a la particularité d’être bâtie en pierre calcaire sur un rez-de-chaussée surélevé abritant un cellier et un fournil. Un escalier droit permet d’accéder aux deux pièces d’habitation à l’étage.

Un toit en tuiles plates a probablement remplacé un toit en chaume, matériau fort combustible, interdit au début du XIXe siècle en raison des risques d’incendie.

Les cheminées s’adossaient sur les pignons à redents, ici à l’épi de faîtage en boule, et leurs souches émergeaient largement au-dessus du toit pour faciliter le tirage et évitaient les flammèches promptes à déclencher l’incendie.

La corniche profilée en doucine et les linteaux cintrés des fenêtres permettent de situer la date de construction de cette maison au début du XVIIIe siècle.

Le presbytère de Barzy-en-Thiérache


Maison rurale à Barzy-en-Thiérache - Le presbytère de Barzy-en-Thiérache Crédits : CRDP d'Amiens

Ce presbytère a été reconstruit en 1788 à l’emplacement du précédent. Sa structure en brique avec chaînages de pierre bleue autour des baies et la symétrie de sa façade, soulignent le soin apporté à cette construction dont le coût était réparti entre les décimateurs et les paroissiens.

Aménagé en école maternelle en 1911, le bâtiment a ensuite servi de bureau de poste à partir du milieu du XXe siècle. Il est aujourd’hui divisé en deux parties dont la plus étendue sert de maison d’habitation ; la partie restante servant de salle de réunion à usage communal. 

Maisons rurales de l’Oise

Les maisons normandes de Gerberoy


Maisons normandes de Gerberoy - Maisons normandes à Gerberoy Crédits : CRDP d'Amiens

Le village de Gerberoy, situé à la frontière entre la Picardie et la Normandie, est classé depuis 1982 parmi les cent plus beaux villages de France. Les maisons sont construites en bois, en torchis, en brique et en silex.

Maisons à pans de bois de Songeons


Maisons à pans de bois de Songeons - Maisons de bois et torchis à Songeons (Oise) Crédits : CRDP d'Amiens

La commune, comme Gerberoy, sa voisine du même canton, possède de belles maisons à pans de bois qui datent du XVIe au XVIIIe siècle.
 

Maison ancienne à Mouy


Maison ancienne à Mouy - Maison traditionnelle à Mouy Crédits : CRDP d'Amiens
Maison ancienne avec un rez-de-chaussée en pierre du pays et un étage avec une structure en bois remplie de briques et recouverte de torchis.

Maison à Emeville


Maison à Emeville - Maison traditionnelle à Emeville Crédits : CRDP d'Amiens

Maison en bois près de Romescamps


Maison rurale à Romecamps - Maison traditionnelle en bois à Romescamps Crédits : CRDP d'Amiens
Maison originale en bois avec une avancée du toit sur le côté droit qui abrite un escalier extérieur.

Maisons à Parnes


Maisons à Parnes - Maisons rurale à Parnes Crédits : CRDP d'Amiens

Les anciennes maisons villageoises, rénovées, sont habitées par des personnes travaillant à l’extérieur du village, dans les villes du Sud de la Picardie ou en région parisienne. Le matériau de construction est la pierre calcaire dont plusieurs variétés forment les plateaux environnants.

À la Picardie picarde » de la brique (ouest, centre, nord) s’oppose la Picardie « parisienne » de la pierre (sud et sud-est). 

Rénovation de l’habitat rural à Tricot


Rénovation de l’habitat rural à Tricot

Le gros bourg de Tricot (1500 habitants), situé au milieu du plateau picard, associe une fonction agricole, une fonction industrielle (fabrication de pelles pour travaux publics : 200 salariés ; d’articles de literie : 90 salariés) et celle de centre de service de son espace rural.

La réalisation de petits immeubles collectifs contribue à maintenir sur place les jeunes actifs et donne à cette portion de rue un aspect plus urbain que rural. Elle traduit l’amélioration récente du parc immobilier et des paysages des villages picards. 

Maisons rurales de la Somme

Maison rurale de Hangest-sur-Somme


Maison à Hangest-sur-Somme - Maison traditionnelle à Hangest Crédits : CRDP d'Amiens
La vétusté du bâtiment témoigne de l’archaïsme de bien des maisons villageoises traditionnelles bâties en torchis.

Maison rurale à Lamotte-Warfusée


Maison à Lamotte-Warfusée - Maison traditionnelle à Lamotte-Warfusée Crédits : CRDP d'Amiens

Bâtie en torchis sur soubassement de briques, couverte d’ardoises. Semi abandonnée, la maison est devenue une résidence secondaire.

Maison à Montdidier


Maison à Montdidier - Maison traditionnelle à Montdidier Crédits : CRDP d'Amiens

Montdidier possède un faubourg semi-rural avec habitat ancien modeste.
Rue en pied de versant, dominée par l’église sise sur le rebord du plateau. Maison traditionnelle en briques.

Maisons traditionnelles à Picquigny


Maisons traditionnelles à Picquigny - Maisons traditionnelles à Picquigny Crédits : CRDP d'Amiens

En 1963, dans un petit ouvrage de la Société des Antiquaires de Picardie, l’érudit Maurice Crampon écrivait encore à propos de Picquigny, dans la vallée de la Somme, à l’ouest d’Amiens :

"La Grand’Place, à elle seule, suffirait à donner à Picquigny un cachet moyenâgeux … Quelques spécimens de pignons en gradins, si nombreux … ont trouvé grâce devant les modernes vandales, mais les maisons de bois aux étages en encorbellement, adornés de têtes grimaçantes et de délicats rinceaux se font de plus en plus rares aujourd’hui ».

Aujourd’hui donc, quelques-unes de ces façades de pierres, de ces pignons demeurent.

Ainsi face à la mairie, les autorités municipales ont replacé à la fin du XXe, une statue de la Vierge dans sa niche. Mais où sont passés les « têtes grimaçantes » chères à l’Antiquaire 


Détail de maison à Picquigny - Maisons traditionnelles à Picquigny Crédits : CRDP d'Amiens

Seule subsiste une statue de Saint Jean Baptiste du XVIIe siècle, au bas de l’escalier du même nom, qui monte vers le château, une forteresse médiévale.


Détail de maison à Picquigny - Maisons traditionnelles à Picquigny Crédits : CRDP d'Amiens
Maurice Crampon fustigeait également les « démolitions malencontreuses » du XIXe siècle.

À voir la photo, il aura manqué à notre époque un de ces élans de réhabilitation qui fait redonner au centre des communes leur allure d’autrefois : pavage des trottoirs, réhabilitation des façades …


Rénovation de l’habitat rural à Picquigny - Maisons traditionnelles à Picquigny Crédits : CRDP d'Amiens

Manque à ces maisons des XVIIe et XVIIIe siècles une politique édilitaire, initiée par quelques esprits éclairés.

On a vu cela en d’autres temps - au lendemain de la Seconde Guerre mondiale – et en d’autres lieux - en Alsace – et avec quels résultats !

Maison à Pont Rémy


Maison à Pont-Rémy - Maison traditionnelle à Pont-Rémy Crédits : CRDP d'Amiens

Un paysage picard, l’une des rues d’un village typique de la vallée de la Somme, Pont-Rémy, entre Amiens et Abbeville, deux habitations voisines, deux oppositions de style également.

A droite, un mur élevé en parpaings que surmonte une toiture de tuiles mécaniques, ouverte sur une cheminée cimentée et équipée d’une gouttière de P.V.C. Cette façade est percée par une ventilation, signe que ses occupants ont choisi d’installer une pièce d’eau sur cette partie de leur propriété, une salle de bains vraisemblablement. Le confort d’aujourd’hui en somme. De même que cette boîte de couleur blanche, qui se laisse deviner à droite de l’image et au ras du sol, et qui fait le décompte de la consommation de gaz à l’intérieur de cette maison. Celle-ci interpelle l’œil de l’observateur par son inachèvement. Un enduit devra tôt ou tard recouvrir ce mur extérieur qui donne sur l’espace public. Pourtant, elle n’en appartient pas moins à notre époque, avec ses matériaux issus de la civilisation industrielle.

A gauche, figure le passé de ce village, un temps où régnait le torchis. La façade de cette habitation, élevée sur un solide soubassement de briques, en est couverte.

L’ensemble aurait besoin d’une sérieuse rénovation. Notamment le pignon qui donne sur la construction précédente, dont le précieux enduit a disparu, ce qui laisse voir le clayonnage, cette armature de bois.

En bois également, cette porte qui donne sur l’arrière-cour et qui redemande une couche de peinture. La toiture est faite d’ardoises, la gouttière de zinc. Celle-ci déverse les eaux de pluie sur un bout de mur, puis sur le trottoir, tandis qu’une tôle ondulée masque les trous dans la façade, à la jonction d’avec la maison mitoyenne.

Quelques éléments de modernité se laissent néanmoins deviner, un escalier en béton par exemple qui a le mérite de s’élever jusqu’à une antique porte vitrée. Au dessus de celle-ci surtout, une lampe fixée sur la façade en éclaire les abords.

Ainsi chacune de ces deux habitations à ses imperfections, à l’une appartient l’inachèvement, à l’autre les outrages du temps. 

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Sahaguian Franck ; Plouvier, Martine

Vos commentaires

  • Le 27 juin 2016 à 17:22, par lambot philippe En réponse à : Maisons rurales picardes

    Bonjour,
    Mon épouse et moi venons d’acquérir un bien immobilier à Malzy et nous souhaiterions savoir à quelle époque remonte sa construction. Les archives ayant été détruites pendant la précédente guerre mondiale, nous n’avons que la piste d’une rumeur faisant état d’une construction de la fin du XVIIIe siècle sans plus de précision.
    Pouvez-vous nous aider ou nous mettre sur une piste, svp ?
    Merci d’avance
    Philippe

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