Long

Commune de la Somme

Ce village, capitale de la tourbe au XIXe, possède un capital hros du commun, une château, une église néogothique et l’une des rares petites centrales hydroélectriques construites avant 1914.


long - Long (Somme) Crédits : CRDP d'Amiens

Code postal : 80510

Nombre d’habitants : 658 en 2010

Canton d’Ailly-le-Haut-Clocher

Long fut au XIXe siècle la capitale de la tourbe. Le département de la Somme comptait alors 257 tourbières et celles de Long étaient les plus riches. A Long, celles-ci ont été exploitées jusqu’en 1959 et cette activité, l’extraction de la tourbe (qui devient pour l’acheteur un combustible de chauffage ou un engrais), a permis à la commune de reconstruire son église, d’installer une centrale électrique.

Les marais voisins de la vallée de la Somme, situées dans le finage de Long, sont les plus opulentes réserves de tourbe de la vallée. Au XIXe siècle, la concession des tourbières, exploitées de tous temps, ont été vendues aux enchères.

L’ensemble de ces fonds a abondamment irrigué les finances de la commune. Ce qui explique que dès le XVIIe siècle, celle-ci est en lutte pour la l’arpentage de ces terres avec les communes voisines, à savoir L’Etoile et Longpré-les Corps-Saints.

La toponymie témoigne encore de l’existence de ce passé proche. Le hameau du Catelet, voisin de Long, doit ainsi son nom à la technique de séchage de la tourbe dans une prairie, à la proximité du lieu d’extraction, les zones humides. Mais nulle trace visible ne subsiste de cette intense activité autour des tourbières aujourd’hui.

L’église de Long


Long, l’église - Long, l'église Crédits : CRDP d'Amiens

L’église néo-gothique de Long a été la première élevée dans ce style dans le département. Achevée en 1851, ayant conservée la flèche originelle, elle est construite en pierre – et non en briques – suivant le modèle de Notre-Dame de Bonsecours, près de Rouen.

En 1876, elle est ornée d’un orgue, fabriqué par le grand facteur Cavaillé-Coll.


Long, l’église - Long, l'église Crédits : CRDP d'Amiens

Le château


Long, le château - Long, le château Crédits : CRDP d'Amiens

Ancienne forteresse des comtes du Ponthieu et de la famille de Fontaine depuis le IXe siècle, le château est démoli une première fois en 1361 puis une seconde vers 1700.
Il est alors reconstruit dans le style Régence, en 1733 par H.C. De Buissy pour un montant certainement fort important qui lui vaudra son surnom de « folie de Buissy ».

Le bâtiment principal est orienté est/ouest, construit en briques et pierres, il a une forme rectangulaire flanquée sur chacune de ses façades de 3 pavillons polygonaux à 3 pans.

Dès l’origine, le château possède de beaux communs auxquels viendront s’adjoindre 2 belles serres classées aujourd’hui à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.
Il traverse la Révolution et la Première Guerre mondiale sans trop de dommages. Il souffrira davantage de son occupation par les troupes allemandes entre 1939 et 1945.

Il est racheté, en ruine, par M. Vanglabeke, P.D.G. des peintures Avi. Les travaux de réhabilitation durent 7 ans pour aboutir à l’aspect actuel du château.

Long et l’énergie

Le troisième monument historique de la commune est la centrale hydro-électrique, achevée en 1903. Le courant électrique à domicile !

Aujourd’hui, pour Long, c’est l’heure des éoliennes.

Le parc éolien de Long est en service depuis le 1er octobre 2007. Composé de 5 aérogénérateurs, il développe une puissance totale de 8.35 MW. Suivant les recommandations officielles, ces éoliennes sont situées sur le plateau dominant l’agglomération. Malgré ces précautions, elles sont bien visibles depuis l’agglomération, mais également depuis les communes voisines de Villers-sous-Ailly et Ailly-le-Haut-Clocher. Il faut dire qu’avec une hauteur de plus de 100 mètres, ces installations sont difficiles à cacher…

En 2010, la Picardie est la première région productrice d’énergie éolienne de France (14 % de la production nationale). 48 parcs éoliens produisent au total 660 MW.

Et si, comme le précise l’A.D.E.M.E., « les nouvelles éoliennes installées en France développent en général une puissance d’environ 2 MW, ce qui permet d’alimenter environ 2.000 foyers », la totalité des Picards pourraient à l’heure actuelle n’utiliser que cette énergie pour leur consommation domestique. Mais, en fait, tout ceci n’est que théorique. En effet, ce chiffre venant de l’A.D.E.M.E. n’est qu’une estimation établit sans prendre en compte ni la consommation liée au chauffage dans les foyers français ni les autres types de consommation d’électricité (sur l’espace public, sur les sites industriels …).

Cet équipement cependant est un volet d’importance du plan énergie-climat régional, voté en 2007 et qui s’étale sur sept années. Son objectif bien sur est de réduire les gaz à effet de serre, diversifier les offres d’énergie – en particulier renouvelables -, créer des emplois dans le secteur des éco-énergies …

Ce plan bénéficie d’une enveloppe de 100 millions € (dont 45 millions apportés par le Conseil régional, 22 millions par l’A.D.E.M.E. et 33 millions par les fonds européens). Pour un projet éolien, les deux premiers partenaires réunis contribuent ainsi à hauteur de 50 % du total du coût du projet.
Mais encore faut-il pour la commune concernée que le futur projet entre dans le cadre d’une Z.D.E. ou Zone de développement de l’éolien. Introduite par la loi du 13 juillet 2005 et créée par arrêté préfectoral, celle-ci doit reposer sur trois critères : le potentiel éolien de la zone, le raccordement au réseau électrique existant, ainsi que la protection du patrimoine, des paysages et des sites.

L’installation d’un parc éolien ne peut donc être qu’un aménagement concerté du territoire et du paysage. L’étude d’impact en constitue d’ailleurs la pièce maitresse et les premières habitations avoisinantes doivent être impérativement situées à plus de 500 mètres de distance du site.

L’écluse


Long, l’écluse - Long, écluse Crédits : CRDP d'Amiens

Cette « longue » voie qui traverse la vallée et mène ses habitants jusqu’au hameau du Câtelet a donné son nom au village de Long.

Au Moyen Âge, dès le XIIe siècle, un château contrôle l’accès de ces lieux, le franchissement de la Somme grâce à un pont de bois. A Long, ses seigneurs percevront un droit de passage sur la Somme jusqu’à la Révolution.
Au commencement du XIXe siècle, la canalisation du fleuve met fin à l’antique coutume. Une écluse sur le canal est construite en 1824, puis agrandie en 1887 et mise aux normes du gabarit Freycinet.

Celle-ci est la n°22 de ce canal de la Somme. D’une longueur de 32 mètres et construit en béton, l’ouvrage a pour vocation de réguler le débit du fleuve, d’en maintenir l’étiage pour la navigation de la batellerie, mais aussi d’en évacuer les crues.

L’écluse et ses vantaux à ouverture manuelle occupent ainsi un des deux cotés d’une digue, tandis que l’autre est celui du déversoir. Ce dernier possède un des derniers barrages à vannes levantes encore en fonction dans la région picarde. Une antiquité.

Sur ces terres tourbeuses, surviennent parfois des affaissements du terrain, provenant des effondrements du sol. L’écluse, faite de briques, de bois et de fer, a régulièrement besoin d’être restaurée. Tout comme la maison éclusière.

Une plaque apposée sur sa façade indique toujours les distances de Saint-Simon (123 km), vers l’amont, et Saint Valéry (52 km), vers l’aval. Le site est un des hauts lieux de promenade de la vallée de la Somme.

Tourisme et cabanons


Long, un cabanon - Long, cabanon Crédits : CRDP d'Amiens
Derrière les clôtures, on rencontre des chalets, des pontons, des huttes, des barques.
D’espace de travail et de production, les étangs de Long, comme tous les plans d’eau de la vallée de la Somme, sont devenus des lieux de loisirs et de détente. Pécheurs et chasseurs – déjà présents dans l’entre-deux-guerres - ont définitivement remplacé les tourbiers, « tireurs », « broutteux », « copeux » et autres « déchargeurs ».

Le crucifix


Long, le crucifix - Long, le crucifix Crédits : CRDP d'Amiens

De nombreux monuments dans le paysage rural témoignent de l’importance de la foi et de la dévotion des sociétés du passé. L’église, au centre du village et dont le clocher émerge au-dessus du toit des habitations, et le cimetière placé bien souvent au milieu des champs à l’extérieur de l’agglomération, en sont les signes les plus visibles. Cependant de multiples croix de chemin sont également l’expression d’une véritable christianisation des campagnes. Un même village peut en posséder quatre ou cinq, plantées à la limite de l’agglomération, à un carrefour, sur la place ou sur le chemin qui mène de l’église au cimetière.
Dans le département de la Somme, la majorité de ces nombreux calvaires sont érigés pendant la période concordataire, soit entre 1801 et 1905. Pendant ce siècle où la législation est favorable, aux croix de pierre des périodes antérieures s’ajoutent sur l’espace public des monuments aux multiples aspects. Dans leur grande majorité cependant, ceux-ci qui subsistent encore sont faits de fer, même si on remarque également sur le bord des routes des croix de bois. Dans ce cas, deux simples poutres assemblées forment ainsi une croix latine, sur laquelle est accroché un Christ.
Parfois cependant, à côté de ces lieux de dévotion à l’architecture sommaire et aux minces qualités esthétiques, on observe un monument plus ouvragé et soigné, remarquable donc.

Le crucifix planté dans le hameau du Catelet, près de Long est adossé à une maison aux soubassements de briques, il est entièrement ouvragé en bois.

D’une hauteur de 5,20 mètres et d’une largeur de 2,25, l’imposant calvaire a été érigé là en 1833, sous la monarchie de Juillet.
C’est ce que nous apprend l’inscription relevée au dos des bras de la croix : « Jean-Baptiste Papin, donateur de la croix en 1833 ».

Sur la maitresse poutre, on peut lire également « Papin âgé de 75 ans ».

L’historien de Long, Jean Bellard, écrit que Jean-Baptiste Papin est un paysan, né au Catelet en 1752, qui s’élève au fur et à mesure de son existence jusqu’à l’aisance que lui confère le statut de rentier. C’est ainsi qu’on le qualifie au moment de sa mort, en 1842.
Le « calvaire Papin » est restauré en 1981 par un menuisier de la commune, M. Nepveux, et repeint par les frères Leroy, à Bray-les-Mareuil.

Comme tous les calvaires de bois, celui-ci a été sensible à l’usure du temps. Après quelques décennies, ces monuments sont le plus souvent démontés, la re-plantation donnant lieu à une nouvelle cérémonie religieuse qui réaffirme le caractère sacré de l’endroit.


Long, le crucifix - Long, le crucifix Crédits : CRDP d'Amiens

Ainsi, ce serpent, Satan montant vers Jésus et le tentant de nouveau au dernier instant, ces rayons aux bras de la croix, tout comme leurs extrémités, ces différents motifs et l’ensemble du monument du Catelet ne sont peut être d’origine.
 

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Désiré Emmanuel (CRDP d’Amiens)

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