Lenglen, Suzanne

Joueuse de tennis (1899 - 1938)

Reine des courts pendant les années folles, l’indétrônable et populaire Suzanne Lenglen demeure à ce jour, avec 19 trophées, la championne française la plus titrée de l’histoire de Roland Garros.


Suzanne Lenglen en 1920 Crédits : CIO

Une diva du tennis

Le 24 mai 1899 à Compiègne : naissance d’une future championne. Suzanne Lenglen tient sa première raquette dès l’âge de 11 ans. Un cadeau que son père Charles, riche industriel, lui offre pour jouer sur le court en terre battue de la propriété familiale, située à Marest-sur-Matz, dans l’Oise. Rapidement, l’adolescente développe une vraie passion et de grandes capacités pour le tennis. Son père choisit de l’entraîner. Bien lui en a pris… Suzanne dispute son premier tournoi à seulement 13 ans. Un an plus tard, le champion du monde néo-zélandais Anthony Wilding la sollicite pour faire équipe en double mixte. Et à son premier championnat de France (le futur Roland Garros), en 1914, Suzanne atteint déjà la finale. Avant d’être sacrée, trois semaines plus tard à Saint-Cloud, championne du monde sur terre battue. Elle n’a alors que 14 ans.

Un palmarès de légende

Il faut attendre l’intervalle de la première Guerre mondiale avant de revoir la jeune tenniswoman sur les courts. Celle-ci continue cependant de s’exercer et de peaufiner son style avec ses amis ou des officiers de retour du front. En 1919, à Wimbledon, elle affronte en finale Dorothy Lambert Chambers, 41 ans, sept fois victorieuse. Déjouant tous les pronostics, Lenglen remporte une bataille acharnée, sauvant deux balles de match : 8-10, 6-4, 7-9. Sa carrière définitivement lancée, elle enchaîne les victoires : indétrônable jusqu’au dernier championnat du monde sur terre battue en 1923, elle cumule six titres en simple à Wimbledon, autant en championnat de France, trois médailles olympiques, dont l’or en simple, décrochées à Anvers en 1920… Au total, pas moins de 241 tournois remportés en sept ans et une série inouïe de 171 victoires consécutives !

Une icône, un style
Suzanne Lenglen contre Helen Wills en 1926 à Cannes Crédits : CIO

Souvent comparée à une ballerine, Suzanne Lenglen se déplace comme personne, bondit, lève la jambe pour appuyer un smash, frappe les deux pieds en l’air… Ses techniques inédites, sa grâce et sa vitesse fascinent le public. Le spectacle attire les foules, tous raffolent de celle qu’on surnomme « L’invincible » ou « La divine ». En 1920, lors des Jeux olympiques d’été d’Anvers, Lenglen transforme radicalement le tennis féminin en initiant un nouveau look, destiné à perfectionner son jeu. Elle est en effet la première à fouler le court bras nus et jupe au-dessus du genou, tenue réalisée par l’un des plus grands couturiers de l’époque, Jean Patou. Devenue égérie de son « équipementier haute-couture », Lenglen fait fureur en se présentant sur les courts en manteau de fourrure, parée de bijoux ou d’un bandeau rose dans les cheveux. La Picarde, également réputée pour ses coups de sang, devient un symbole d’émancipation féminine. En 1926, ayant mis un terme à sa carrière amateur, elle participe à la première tournée professionnelle de tennis aux USA. Mais c’est un flop. La championne rentre à Paris en 1928 et crée une école de tennis, reconnue plus tard centre fédéral d’entraînement. A 39 ans, le 4 juillet 1938, elle succombe à une leucémie foudroyante. Son nom reste éternellement lié à l’histoire du tennis…


Court Suzanne Lenglen Crédits : Taz974/Flickr/Creative Commons

Contributeur(s) initial(ux)

Candice Cazé ; Picardia

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