Lefevre, Marthe

Enseignante et résistante (1886 - 1945)

Enseignante, Marthe Lefèvre s’engage, dès juillet 1940, dans la résistance. Arrêtée par la Gestapo et déportée, elle meurt dans le camp de Ravensbrück. Bohain donne son nom à une rue, et Saint-Quentin à un collège.


Marthe Lefèvre Crédits : CIDFF
 

Née le 17 décembre 1886 à Bohain, décédée le 27 février 1945 à Ravensbrück en Allemagne, Marthe Lefèvre est la fille de Simon Jean-Baptiste, entrepreneur de charpentes et d’Elise LEFEVRE, ménagère. Sa famille est très éprouvée par les conflits de 1870 et 1914. Elle passe son enfance à Bohain.

 

Une carrière consacrée à l’enseignement

Après une scolarité excellente dans une école religieuse, elle entre à l’Ecole Normale de Laon en 1902. A l’issue de sa formation, en 1905, elle va à Bath en Grande Bretagne perfectionner son apprentissage de la langue anglaise. A son retour, elle devient institutrice stagiaire à Rozoy-sur-Serre. Ensuite, elle est institutrice à Guise pendant 6 ans, à Saint Thomas pendant 7 ans. Evacuée en Bretagne (Finistère) de 1917 à 1919, à son retour elle prend un poste à Marchais pendant 6 ans. Elle devient directrice d’école à Origny-Sainte-Benoîte et y exerce pendant 4 ans. Elle termine sa carrière à la direction de l’école des filles du Faubourg d’Isle à Saint Quentin de 1930 à 1942.

Une résistante de la première heure

Dès juillet 1940, elle écrit au Général de Gaulle pour lui signifier son soutien. Frêle, mais vive et nerveuse, Marthe LEFEVRE c’est, en quelque sorte, un un ouragan patriotique, qui multiplie les provocations... Ainsi, en 1941, se présente-t-elle, pour effectuer une inspection scolaire à Bohain, coiffée d’un canotier orné d’un ruban tricolore et les épaules couvertes d’un foulard de soie aux couleurs britanniques. Elle réunit les élèves dans la cour de l’école et leur fait chanter la Marseillaise. A sa retraite, elle va demeurer chez sa mère très âgée, au n°12 de l’avenue de la République à Saint Quentin et s’investit totalement dans la Résistance. Elle est agent de liaison entre l’Angleterre et un réseau de résistance. Ainsi, elle accueille et loge en avril 1943 le capitaine BIELER, un canadien des services secrets britanniques. Elle aide à la création du réseau « Musician Tell », recrute des résistants isolés, accueille les parachutistes anglais. Elle facilite l’évasion de 20 soldats anglais. En septembre 1943, elle accueille et cache Yolande Beekman, jeune anglaise opératrice-radio du réseau Musician Tell. En janvier 1944, prévenue des arrestations et lors du démantèlement du réseau, elle préfère rester auprès de sa mère plutôt que de fuir et prendre le « maquis ». Le 15 janvier 1944, elle est arrêté par la Gestapo puis déportée à Ravensbrück où elle meurt le 27 février 1945 du typhus.

 
Une reconnaissance posthume

Son nom est donné à la rue par décision municipale le 8 mars 1946. Cette rue commence rue Jean Jaurès et se termine rue Jacquart. Cette rue était auparavant dénommée « Chemin des Eramettes », appelée aussi Cité Ficheux du nom du propriétaire d’un coron de maisons ou rue Pasteur prolongée. Elle reçoit à titre posthume la médaille de la Résistance française par décret du 11 mars 1947. Elle est citée à l’Ordre de l’Armée par décision n°854 de Max Lejeune avec Croix de Guerre, étoile Vermeil le 17 août 1950. La Croix de la Légion d’Honneur lui est attribuée par décret du 25 octobre 1950.

Marthe Lefevre par « Picardia », publié le 15/03/10 Marthe Lefevre par « Picardia  », publié le 15/03/10

 

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia

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