Le Crotoy

Commune de la baie de Somme

Le Crotoy est le paradis de la pêche à pied pour les coques et pour la récolte des salicornes.


Le Crotoy, vue aérienne - Le Crotoy, vue aérienne Crédits : CRDP d'Amiens

Code postal : 80550

Nombre d’habitants : 2219 en 2010

Coordonnées GPS. longitude : 1.61211000, latitude : 50.23012000. 

Gentilé : Crotellois, Crotelloises

Canton de Rue

Communautés de communes : Authie-Maye

Port du nord de la baie de Somme.

Bien exposée au sud, Le Crotoy est la seule ville de la France septentrionale dans cette position. Elle bénéficie du meilleur ensoleillement et se trouve ainsi protégée des vents froids.


Le Crotoy, la marée - Le Crotoy, la marée Crédits : CRDP d'Amiens

Face à la baie et au spectacle merveilleux offert par l’arrivée et le retrait de la mer, renouvelé à chaque marée avec son jeu de lumières toujours changeantes sur les bancs de sable et de vase, se sont édifiés, dès le début du siècle, des résidences secondaires, des hôtels au style architectural original et plus récemment des résidences collectives...


Le Crotoy - Le Crotoy Crédits : CRDP d'Amiens

sans compter les vastes terrains de camping-caravaning relégués dans l’arrière-pays. Par suite, le bourg de 3 000 habitants décuple ses effectifs chaque été.

Un lieu a été voué par la municipalité au stationnement des camping-cars, une aire gratuite. Tout comme les automobilistes, ces derniers parviennent jusqu’au Crotoy grâce à une nouvelle voie rapide, l’autoroute A16, en service depuis 1991.


Le Crotoy - Le Crotoy Crédits : CRDP d'Amiens

Les mutations

Le Crotoy a bien entendu une vocation maritime, mais celle-ci connaît une mutation profonde depuis trois décennies.

C’est ainsi qu’une dizaine de chalutiers et autres barques de pêche demeurent immatriculées au port et amarrées à l’estacade en bois.

La pêche côtière est la première activité historique du port. Mais, tout comme leurs voisins d’en face de Saint Valéry , les marins du Crotoy sont victimes de l’ensablement de la baie de Somme, à raison de 15 ha par an.

Ces pécheurs alimentent toujours les marchés locaux, les restaurateurs ou les visiteurs d’occasion en poissons plats, les soles notamment, en crevettes – les « sauterelles », d’où le nom de « sauterelliers », communément donné à leurs bateaux - et autres coquilles Saint-Jacques.

Mais cette activité historique a perdu de son dynamisme tout au long du XXe siècle.


Le Crotoy, vue aérienne - Le Crotoy, vue aérienne Crédits : CRDP d'Amiens

Pourtant, dès 1861, un bassin de chasse (long de 1200 m et large de 600 m, pour une surface de 66 hectares) est construit au Crotoy, afin de maintenir pour les bateaux de pêche la présence d’un chenal, une voie vers la haute mer.

Emprisonnant les eaux de mer à marée haute, les libérant à marée basse, celui-ci doit maintenir pour les bateaux un chenal, une voie vers la haute mer. En vain. L’ouvrage est actuellement délaissé. Il s‘envase. En 1991, le port de Saint Valéry a cessé toute activité commerciale, bientôt suivi par celui du Crotoy. Aujourd’hui, les bateaux qui fréquentent les chenaux de la Baie de Somme sont ceux des plaisanciers. 


- Le Crotoy Crédits : CRDP d'Amiens
La baie de Somme, au large du port, est également fréquentée par les pécheurs à pieds, quelques centaines qui produisent encore de 3 à 4000t de coques par an, les « hénons » des Picards. Une tradition locale.

Depuis le début des années 1980, 14 mytiliculteurs élèvent aussi la moule dite « de bouchots », ces pieux sur lesquels les coquillages s’accrochent dans l’estran. 2000 tonnes sont produites dans l’année et l’activité fait vivre 72 salariés. Celle-ci a obtenu l’appui des collectivités locales qui ont favorisé l’installation en 2010 d’une usine de traitement et d’épuration au Crotoy. Un investissement de 5 millions d’euros.


Le Crotoy - Le Crotoy Crédits : CRDP d'Amiens

Le Crotoy et ses populations voient donc leur rapport à la mer, les ressources que celle-ci leur procure évoluer. Davantage que les eaux vives du large, ce sont les sables de la baie qui font naître l’activité économique, le tourisme notamment.

Dès 1840, un établissement de bains s’installe au Crotoy. Mais le flot des touristes n’est porté que plus tard, avec l’arrivée du train en 1887.


Le Crotoy - Le Crotoy Crédits : CRDP d'Amiens

Le Crotoy possède ainsi un front de mer exceptionnel, une plage de sable fin exposée au Sud, d’où la vue courre jusqu’au Hourdel, la pointe sud de la baie de Somme.

Le visiteur peut aujourd’hui en faire la traversée à pieds, accompagné par un guide local, qui lui racontera en chemin l’évolution récente de la flore et de la petite faune des sables. Avec l’ensablement, toujours.


Le Crotoy - Le Crotoy Crédits : CRDP d'Amiens

La commune prend aujourd’hui l’allure d’une station balnéaire. Ses habitants en fournissent les prestations : bains de mer, station de chars à voile et vols à voile, plan d’eau douce, port de plaisance, club de navigateurs, associations de randonnées, résidences Pierre et vacances , nombreux hôtels et chambres d’hôtes...
Malgré la stagnation actuelle de la population, de nouveaux lotissements pavillonnaires se construisent au Crotoy.

La commune, classée parmi les « plus beau villages de France », voit se multiplier en ces murs les résidences secondaires (559 en 1968, 1467 en 2008). Ceci raréfie l’offre de logement, pour ses jeunes habitants notamment, d’autant plus que le phénomène est davantage accentué de l’autre coté de la baie de Somme, à Saint-Valéry.


Le Crotoy, vue aérienne - Le Crotoy, vue aérienne Crédits : CRDP d'Amiens

Le paradis des peintres...et des autres

Dès 1840, un premier établissement de bains s’installe au Crotoy. Dans les décennies qui suivent, le port est visité par les peintres, Sisley, Seurat, Toulouse-Lautrec, plus tard par Manessier, et par les écrivains, Victor Hugo et Jules Verne notamment.

Le flot des touristes est porté par le train. Une ligne de chemin de fer, arrivant en ligne droite depuis Noyelles-sur-Mer, est inaugurée en 1887. La plage de sable fin du Crotoy, exposée au Sud, est très fréquentée en période estivale, ses cabines de plage en témoignent.

Le Parc ornithologique du Marquenterre situé à proximité, la Réserve naturelle de la Baie de Somme, créé en 1994, en renforce de nos jours l’attrait aux yeux des promeneurs.


Le Crotoy, le milieu rural environnant et le parc du Marquenterre - Le Crotoy, le milieu rural environnant et le parc du Marquenterre Crédits : CRDP d'Amiens

Diversification des productions


Le Crotoy, vue aérienne - Le Crotoy, vue aérienne Crédits : CRDP d'Amiens

La baie de Somme, cette vaste étendue de sable et d’eau marine, voit se diversifier ses productions.

La salicorne, tout d’abord. Cette plante comestible, qui pousse sur les zones de vase salée entre le Hourdel et Saint Valéry-sur-Somme. Les picards en produisent 400 à 500 tonnes chaque année, soit 80 % de la consommation française. Mise en bocaux, la salicorne est appréciée des gourmets. Mais gare, la salicorne est menacée dans son terrain naturel par la spartine, une plante concurrente.

Les prés-salés retentissement encore davantage des bêlements des agneaux, le Crotoy étant traversé par la remue une fois l’an. Ces animaux paissent en bord de mer, ce qui donne à leur viande une saveur très caractéristique appréciée par les connaisseurs.

L’élevage de ces ovins s’est développé depuis les années 1980.

13 éleveurs possèdent un cheptel de 3600 animaux, qui pâturent sur les 1200 ha des mollières et des bas-champs. Chaque année, 2000 agneaux sont commercialisés chez les bouchers et restaurateurs de la baie de Somme et d’ailleurs, de juillet à février, sous la marque « Estran ». Depuis 2007, cette production renommée a obtenu l’Appellation d’Origine Contrôlée, l’A.O.C. d’« agneau de pré-salé ».

Usine de traitement des coquillages

Chaque année, 350 hénonniers , licenciés et répertoriés, pour la plupart originaire de la baie, attendent l’ouverture officielle de la pêche, fixée par un arrêté préfectoral.

Avec ses limites cependant, 5 litres de coques par personne, car il ne faut en aucun cas épuiser le gisement, 2.000 à 7.000 t de coquillages, essentiellement situé à l’embouchure de la Maye, près du Crotoy.

À coté de ces amateurs, il y a également ceux qui en vivent, les pécheurs à pieds professionnels. Au nombre d’une cinquantaine vers 1900, d’une centaine à en vivre directement dans les années 1980, ceux-ci produisent encore de 3 à 4000 t de coques par an.

De septembre à décembre, du lundi au vendredi, les hénonniers partent à marée basse et en tracteur jusqu’au gisement. Leur travail s’effectue à la main, avec râteau et venette, le crible scellé par les autorités. Les coques sont placées dans des paniers, nettoyées et mises en sacs. Les pécheurs remontent ensuite à vélos ces sacs pesant jusqu’au tracteur. Leur production – 90 Kg par jour et par personne - est expédiée, soit à l’épuration pour environ 48 heures afin d’être vendus en frais, soit directement en conserverie.


Le Crotoy, usine de traitement des coquillages - Le Crotoy, usine de traitement des coquillages Crédits : CRDP d'Amiens
Avec, la baie du Mont Saint Michel, l’estuaire de la Somme demeure le lieu de production principal des coques. Mais, pour un autre coquillage, la moule dite « de bouchots », on emploie les mots d’élevage et d’aquaculture.

Face à l’ensablement de la baie, la conchyliculture apparait en effet comme une activité de remplacement pour les marins du Crotoy, le moyen de demeurer dans leur port d’attache, d’éviter l’émigration qui leur est promise vers Le Tréport avec leurs bateaux de pêche. La mytiliculture fait vivre 72 salariés permanents, mais également 300 emplois induits dans la fourniture, le conditionnement, ou la commercialisation.
Dans ce cas cependant, la mytiliculture est un élevage. Car si les coquillages naissent au début du printemps, le mytiliculteur intervient très vite, les capte grâce à des cordes en coco, disposées sur un portique en bois. Là, le naissain de moules se développe jusqu’à la fin de l’été. En septembre, ces cordes sont enroulées en spirale autour des bouchots, des pieux de bois exotique, de 3 à 5 mètres de hauteur, plantés dans le sable de l’estran.

Plusieurs dizaines de milliers de ces bouchots sont ainsi plantés sur la côte du Marquenterre, attendant peut être, comme sur d’autres littoraux français, l’avènement de la mécanisation du travail.
En 2010, cette activité est devenue d’importance dans la baie.

Avec 2000 tonnes produites, les sites picards commencent en effet à compter dans la production totale française (77000 tonnes).

60 % de ces moules de bouchot sont vendus dans la région picarde, à une centaine de restaurateurs de la baie et d’au delà ou aux poissonneries. Le coquillage est réputé pour ses qualités gustatives. Cependant, pour la moule, comme pour la coque, le classement des eaux de la baie de Somme en zone B (une norme européenne) impose à ces coquillages d’être nettoyés de leur sable, mais également d’éventuelles bactéries, avant d’être mises en vente sur les marchés.
Ce traitement préalable s’effectuait jusqu’alors dans les conserveries espagnoles. Et les prix d’achat de la production picarde s’imposaient aux producteurs. Très fluctuant, de 1,5 à 3 Euros la tonne, ces prix rendaient le revenu des mytiliculeurs aléatoires.

Le début de la saison de pêche en baie de Somme s’effectuait dans un climat d’inquiétude, de tension.

Depuis 2010 cependant, un nouveau centre de traitement et d’épuration des moules, un centre conchycole donc, est ouvert au Crotoy, sur le site de l’ancien camping. La construction est un investissement de 5 millions d’euros supportés par les collectivités locales, par les mytiliculeurs eux-mêmes.


Le Crotoy, usine de traitement des coquillages - Le Crotoy, usine de traitement des coquillages Crédits : CRDP d'Amiens

Avec ses 360 m2 d’ateliers, celui-ci a une capacité de traitement de 10 tonnes par jour, ce qui correspond à la production locale de moules en saison, soit d’avril à octobre. Sur le site, une place est également réservée aux hénonniers.

Voilà donc la production picarde diversifiée et pérennisée.

Monument Caudron


Le Crotoy, monument à la mémoire des frère Caudron - Le Crotoy, monument à la mémoire des frère Caudron Crédits : CRDP d'Amiens

Au centre de son jardin public, la ville du Crotoy a élevé en 1934, puis restauré en 1954, un monument à la mémoire des frères Caudron, Gaston et René, deux des pionniers français de l’aviation. Non loin du front de mer, deux rues portent un nom de baptême évocateur : « Rue Gaston Caudron », « Rue de l’Ecole Caudron ».

Citons également un « Chemin des avions » qui prend naissance sur la plage. De quoi reconstituer ce passé commun qui lie la ville aux deux illustres frères et à la naissance de l’avion.
Fils d’agriculteur et natifs de Favières, Gaston et René Caudron se passionnent pour les sports mécaniques et l’aviation.

En 1909, ayant eux-mêmes construit un biplan, mais dans l’attente d’un moteur, ils font tirer l’appareil par leur jument à la Ferme de Romiotte, entre Ponthoile et Forest-Montiers, et le planeur s’élève dans les airs. La même année, au moment où Blériot effectue la première traversée de la Manche, les frères Caudron installent leurs ateliers de construction à Rue, ainsi que la toute première école de pilotage dans la ville voisine du Crotoy.
Alors qu’ils mettent au point le premier hydravion en 1912, dès l’année suivante, au Crotoy, l’enseignement a maintenant une vocation militaire. Au cours de la Première Guerre mondiale, en 1915, l’ainé, Gaston, se tue dans un accident d’avion.

René Caudron tiendra désormais seuls les rênes de l’entreprise, la Société des avions Caudron. Devant l’avancée des troupes allemandes, l’usine quitte la Somme pour Issy-les-Moulineaux et Lyon. L’école de pilotage elle demeurera au Crotoy jusqu’en 1928, date à laquelle elle sera transférée à Ambérieu-en-Bugey, dans l’Ain.
Cette année là donc, l’épopée des deux frères Caudron se sépare de la Somme. C’est désormais avec Méaulte, depuis 1922, et avec Henri Potez que se poursuit cette histoire de l’aviation dans le département. De cette histoire, au Crotoy, il ne demeure que ce monument, quelques noms de rue.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Firmin80 ; Désiré Emmanuel (CRDP d’Amiens)

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