Lambert, Juliette

Femme de lettres et féministe (1836-1936)

Amie de George Sand et de Gambetta, féministe, son salon est l’un des cercles républicains les plus en vue sous Napoléon III. Elle fonde la Nouvelle Revue en 1879 ce qui lui permet d’encourager les débuts littéraires de nombreux auteurs. Elle écrit elle-même romans et articles.


Juliette Lambert

Née le 4 octobre 1836 à Verberie dans l’Oise, décédée le 23 août 1936 à Callian. C’est la fille d’un médecin de Chauny, le docteur Jean-Louis LAMBERT. Elle passe les 17 premières années de sa vie à Chauny, chez ses grands parents. Vers 1862, une dangereuse affection des voies respiratoires étant venue compromettre gravement sa santé, on l’envoya passer la mauvaise saison à Cannes. Le pays lui plaît tant qu’elle y retourne chaque hiver et y fait construire une villa.

Elle épouse Alexis LA MESSINE, avocat, lequel meurt en 1867.

Ensuite elle épouse Edmond ADAM, avocat, adjoint au maire de Paris en 1848, conseiller d’Etat en 1851, député de la Seine, fondateur du Crédit Foncier, préfet de police du gouvernement de la Défense nationale en 1870 puis sénateur inamovible en 1877. Elle vit à Paris. Dans son hôtel du boulevard Poissonnière (190 boulevard Malesherbes), elle tient salon, recevant des hommes politiques surtout son ami Léon Gambetta, des hommes de lettres, des peintres, des sculpteurs, des savants, des industriels et des financiers. Ce foyer de résistance à Napoléon III est un des cercles républicains les plus en vue de l’époque. Ensuite, le monde artistique et littéraire prend peu à peu une place prépondérante. Femme d’influence, elle se veut l’incarnation de la « Grande Française », déterminée à rendre à la France abaissée son rang en Europe, jusqu’au bellicisme et à la xénophobie. Elle est notamment l’apôtre d’une alliance avec la Russie.

Pendant le siège de Paris en 1870-1871, elle tient un journal et relate les difficultés rencontrées pour traverser cette époque. Elle est nommée présidente du Comité des ambulances et on lui confie la responsabilité de 50 lits pour soigner les blessés. Amie de George Sand, elle se détache de Gambetta lorsqu’il accède à la présidence de la Chambre et elle se tourne vers la littérature en fondant en 1879 la Nouvelle Revue. Elle y publie notamment les premiers romans de Paul Bourget et Le Calvaire d’Octave Mirbeau. Elle encourage également les débuts littéraires de Pierre Loti, d’Alexandre Dumas fils et de Léon Daudet. Sous son nom de jeune fille dont elle retire le t final, elle-même a écrit de nombreux romans, essais et biographies sans compter les articles dans les journaux et revues de son époque. Elle fut une grande voyageuse et une ardente féministe et s’impliqua beaucoup dans la politique. Le 5 août 1882, elle achète à Gif-sur-Yvette dans l’Essonne le domaine de l’Abbaye où elle vit de 1904 jusqu’à sa mort.

En 1914, elle reprend la plume pour exalter le courage des Français. Elle est la seule femme qui ait assisté à la signature du Traité de Versailles. En 1935, elle reçoit la médaille de la Reconnaissance Française. Elle décède en 1936 à l’âge de 99 ans et repose au Père Lachaise dans la même tombe qu’Edmond ADAM.

La rue Juliette LAMBERT va de la rue de la Chaussée à la rue Arthur Lacroix, anciennement rue de Royaumont, puis rue du Chastelin et rue des Casernes.

Juliette Lambert par « Picardia », publié le 17/03/10

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia

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