Irrigation en Picardie

Assurer la production agricole

Malgré la pluviométrie de la région picarde, les changements climatiques de plus en plus extrêmes amènent les agriculteurs à irriguer pour assurer leurs rendements.


Parcelle de pommes de terre irriguée - Irrigation des pommes de terre dans la région de Vercourt Crédits : CRDP d'Amiens

Le climat picard, moins humide qu’on ne le croit, connaît des épisodes de sécheresse nuisible aux rendements. Aussi de plus en plus d’agriculteurs arrosent-ils pommes de terre (comme ici), betteraves, légumes, fourrages, voire céréales.

Les raisons du développement de l’irrigation

L’irrigation est un apport artificiel d’eau sur des terres arables à des fins agricoles. Contrairement à l’arrosage, qui concerne les petites surfaces cultivées et donc le jardinage, le terme d’irrigation est davantage employé pour les surfaces plus importantes, l’agriculture de plein champ, voire l’horticulture et le maraîchage.

Elle a pour but de pallier au déficit hydrique d’une zone cultivée pour en augmenter les rendements, pour permettre la diversification des cultures, une meilleure assimilation des engrais par la plante, une production régulière, en quantité et en qualité des produits.

Si l’irrigation assure des rendements élevés et garantis quel que soit le temps, elle peut entraîner des conflits d’usages sur l’eau car elle exerce une forte empreinte hydrique. Aujourd’hui, on cherche à mieux contrôler les besoin en eau des cultures, à utiliser des systèmes d’irrigation qui atteignent efficacement la plante et à sélectionner des variétés moins gourmandes en eau.

De nombreux paramètres sont à prendre en compte : l’évapotranspiration, les réserves en eau utile sur le site, le type de sol, la teneur en eau utile, la profondeur d’enracinement, la vitesse maximale d’infiltration de l’eau dans le sol, le pourcentage de tarissement initial du sol, etc.

L’économie de la filière agricole pousse les exploitants agricoles à irriguer pour assurer les rendements et la précocité des récoltes. Les entreprises agro-alimentaires passent de préférence des contrats d’approvisionnement avec les producteurs pratiquant l’irrigation.

L’irrigation exige de lourds investissements : forage pour atteindre la nappe souterraine, installation de pompage, réseau de canalisations, installation d’aspersion : rampes longues de plusieurs centaines de mètres, montées sur roues, ou canon asperseur comme ici. Le canon, ravitaillé en eau par un tuyau flexible noir, décrit un arc de cercle d’une valeur réglée par l’agriculteur, en général : 180°. Le chariot sur lequel il est monté se déplace lentement d’une extrémité du champ à l’autre par enroulement du tuyau autour de la grande roue accrochée au tracteur. 


Irrigation par rampes - Irrigation par aspersion Crédits : CRDP d'Amiens

Ci-dessus, une parcelle cultivée est irriguée par aspersion d’eau grâce à une rampe, une technique reproduisant la pluie. Cette irrigation sur pivot, répandue en Picardie, permet d’utiliser l’eau à une pression plus faible et assure une meilleure répartition des apports.

L’irrigation en Picardie


Parcelles de pommes de terre

Dans le cas de cette parcelle plantée de pommes de terre, l’exploitant agricole irrigue par aspersion qui offre un effet maximal au moment où la plante arrive à un seuil critique développement (floraison, maturation).

Pour éviter les pertes et les fuites, il faut éviter d’irriguer lorsqu’il y a du vent et entretenir correctement et régulièrement le matériel.

L’irrigation en France

L’agriculture est aujourd’hui une grande consommatrice d’eau : près de la moitié de la ressource disponible (eau pompée plus eau de pluie), davantage pendant la saison d’été.

Actuellement, 1,9 million d’hectares de terres agricoles sont irrigués (deux fois plus qu’en 1970), même si ceux-ci ne représentent que 5 % de la S.A.U., les champs de maïs surtout.

Trois régions - Aquitaine, Centre et Midi-Pyrénées - concentrent 50 % des surfaces irriguées.

En Picardie, un millier d’exploitations agricoles environ pratiquent l’irrigation.

En année moyenne, 60000 ha de cultures de pomme de terre et de légumes de plein champ sont irriguées. 

Règlements, compteurs d’eau, vérifications et amendes se mettent en place pour éviter les conflits sur l’eau.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia

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