Jauquet, Jeanne

Infirmière (1905 - 1966)

Jeanne Jauquet, infirmière et assistante sociale s’est entièrement consacrée à soulager les souffrances des autres. Elle fut particulièrement efficace pendant la guerre pour cacher et nourrir tous ceux qui étaient en danger.


Jeanne Jauquet Crédits : CIDFF

Résistante et juste !

Née le 8 juillet 1905 à GREMILLY (Meuse), décédée le 13 février 1966 à SOISSONS. Lorraine d’origine, elle sort diplômée comme infirmière et assistante sociale de l’Ecole de Strasbourg. Dès ses premiers contacts avec les malades en 1929 au cours d’une grave épidémie, elle reçoit une médaille d’argent de la ville de METZ pour son courage et son dévouement. Elle quitte la Lorraine et dirige pendant cinq ans à Laon la clinique chirurgicale du Docteur LEMARCHAL. Elle arrive à Soissons en 1936 comme assistante sociale au dispensaire départemental. Elle est alors gravement malade. Au retour de l’évacuation, elle obtient l’autonomie de son service dans le cadre de la réorganisation des services du dispensaire, lequel est installé boulevard Jeanne d’Arc dans une petite maison isolée.

A la Libération, le dispensaire reviendra au sein de l’hôpital car il faut rendre la maison. En 1952, le dispensaire est installé dans l’immeuble de la rue des Minimes qui appartient au Département. Au sein du dispensaire, elle assure des services importants : dépistage de la tuberculose, BCG, lutte contre le cancer. Chez elle, elle poursuit son oeuvre et reçoit dans son appartement de trois pièces au deuxième étage de la librairie face à l’hôtel du Lion Rouge les fugitifs pourchassés par les Allemands. Ainsi elle accueille deux jeunes mamans et soignera leurs enfants comme s’ils étaient les siens. Elle accueille aussi les malades qui ne peuvent se rendre au dispensaire. Dès juillet 1940, Mademoiselle JAUQUET a adhéré à la Résistance. Sa première activité a été de ramasser les armes et les postes émetteurs parmi les épaves des champs de bataille de la région. Une des premières affiliées du réseau « VERITE », elle assurait les liaisons avec le Capitaine de gendarmerie DESCAMP, qui arrêté en 1941 fut décapité en Allemagne, et avec Monsieur PLUCHE, garagiste, lui aussi mort en déportation, lequel entreposait des journaux clandestins et des armes. Le grand secret de son rôle lui vaut d’échapper à la rafle qui décima la totalité du groupe. Elle se rendit au garage PLUCHE pour y détruire les documents compromettants avant que l’occupant ne s’en empare.

En qualité d’infirmière chef au dispensaire départemental, elle disposait d’une voiture dont elle avait aménagé la malle pour y loger les prisonniers évadés qui devaient franchir la ligne de démarcation à CHAVIGNON, et dans l’autre sens, les réfugiés qui voulaient rentrer en zone interdite. Plus de cent personnes lui doivent sans doute ce passage de la « frontière » et des facilités qu’elle leur procurait ensuite : pièces d’identité, vêtements… Elle procure de nombreux refuges sûrs afin de protéger des juifs, des aviateurs anglais ou américains, des Alsaciens et des Lorrains. Les cacher, les nourrir, leur procurer de fausses pièces d’identité… c’était la mission qu’elle s’était donnée.

Après la Libération, elle est décorée de la Croix de Guerre accompagnée d’une citation à l’ordre de la Nation signée du Général de Gaulle. Elle reçoit également plusieurs citations de l’Armée anglaise. Elle refuse la Croix de Chevalier de la Santé publique estimant que ses titres militaires ne lui donnaient pas le droit de la porter. Cette croix lui fut décernée dix ans plus tard pour son action sociale.

Puis elle reprend discrètement son travail d’infirmière avec dévouement et énergie. Atteinte d’une maladie incurable, elle décède après des mois de souffrance en février 1966. Sur son lit d’hôpital, malgré la douleur, elle se soucie du fonctionnement de son dispensaire et de la santé de ses malades.

Le conseil municipal de Soissons du 5 octobre 1970 rend hommage à Jeanne Jauquet en attribuant son nom à une nouvelle rue desservant un lotissement. Le 18 juin 1979, elle est inscrite sur la liste des Justes, son dossier porte le numéro 1594a.

 

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia

Vos commentaires

  • Le 1er février 2016 à 10:45, par Pluche Guy En réponse à : Jauquet, Jeanne

    Je suis l’aîné des petits-enfants de Ludovic Albert Pluche et l’aîné de son second fils Raymond.
    Je suis né à Soissons le 01/11/31.Je me souviens un peu de Mlle Jauquet,à qui j’ai peut-être servi de l’essence étant enfant pour un petit pourboire...mais pas de cette voiture aménagée pour le transport de passagers clandestins,ce qui montre bien sa discrétion !
    Cet article est le premier,depuis que j’ai entrepris des recherches sur l’action de mon aïeul dans la Résistance,qui mentionne explicitement qu’il cachait des armes et documents au garage bien avant son arrestation de Novembre 1941 et sa connection avec cette héroïque et modeste Jeanne Jauquet. Merci aux auteurs de cet article. Guy Pluche.

    Répondre à ce message

  • Le 1er février 2016 à 11:05, par Pluche Guy En réponse à : Jauquet, Jeanne

    Guy Pluche ,petit-fils de ludoviic Pluche.

    Répondre à ce message

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