Jardin des Plantes d’Amiens

Le Jardin des Plantes d’Amiens est l’un des plus beaux et des plus
anciens jardins botaniques de France. Lieu de savoir et
site de production végétale unique, il a été aménagé au XVIIIe siècle par
un clerc épris d’horticulture.


Jardin des Plantes d’Amiens Crédits : Jardin des Plantes d’Amiens

Le Jardin des Plantes d’Amiens est l’un des plus beaux et des plus anciens jardins botaniques de l’Hexagone. Aménagé au XVIIIe siècle par un clerc épris d’horticulture, ce jardin est un lieu de savoir et un site de production végétale unique. Il occupe une place à part dans l’histoire et le cœur des Amiénois.

Un espace d’enseignement à ciel ouvert

Le 13 mai 1751, un arrêt royal signé par la main de Louis XV fait don à la mairie d’Amiens du Jardin du Roy, situé à deux pas des remparts de la ville et dont les origines remontent au XIIIe siècle. « Abandonné à perpétuité » à l’Académie d’Amiens, le jardin – qui deviendra ensuite le Jardin des Plantes d’Amiens – est profondément transformé par Dom Robbe, prieur du couvent des Feuillants. Ce passionné de botanique a la lourde tâche d’y établir un nouvel espace, exclusivement destiné à l’usage et au perfectionnement de l’étude des végétaux.

Pendant trois longues années, le prélat défriche, plante des dizaines de variétés de fleurs et autres végétaux, puis fait bâtir un pavillon. C’est là – sur les bancs de l’amphithéâtre sis au rez-de-chaussée – que, dès 1754 et pendant plus d’un siècle, seront donnés les cours de botanique du Jardin des Plantes d’Amiens. Ces cours, voulus par l’Académie, étaient publics et ouverts « à des gens studieux et de tout âge en volonté de s’instruire pour mieux connaître les plantes et les végétaux ».


Jardin des Plantes d’Amiens - Plan dessiné par Pinsard Crédits : Jardin des Plantes d’Amiens

En constante progression, le jardin manque pourtant de disparaître sous la Révolution, suite à la dissolution de l’Académie d’Amiens .

Il ne doit son salut qu’à la ferveur du corps médical amiénois et du conservateur Legrand qui en font un lieu d’enseignement de premier plan. La serre chaude et l’Orangerie, bâties en 1802, accueillent les futurs herboristes et autres pharmaciens en devenir. Trannoy, professeur de l’époque, compta même parmi ses élèves – le temps d’un cours de botanique en 1803 – l’Impératrice Joséphine.

 

A partir des années 1830-1840 , le Jardin des Plantes d’Amiens devient une véritable référence dans l’enseignement de la botanique en France, sous l’impulsion du docteur Jean-Baptiste-Grégoire Barbier – directeur de l’École de Médecine et de Pharmacie d’Amiens – et du docteur Lemerchier – fraîchement nommé à l’Hôtel de Ville. Au même moment, le pavillon du jardin accueille lui un muséum, où se déroulent les premières expositions florales de la toute nouvelle Société d’Horticulture du département de la Somme.

C’est aussi à cette époque que le Jardin des Plantes se met, pour la première fois, au service de la Ville d’Amiens. Le conservateur Duflot – qui a réorganisé scientifiquement l’agencement du jardin –fournit les végétaux qui garniront le premier jardin public amiénois, le square Saint-Denis.

Le Jardin des Plantes d’Amiens dépasse alors sa première mission pédagogique pour devenir un véritable fournisseur de végétaux.

 

Le Jardin des Plantes, centre de production végétale


Jardin des Plantes d’Amiens - Serre Napoléon 3, reconstruite à l'identique en 2006 Crédits : Jardin des Plantes d’Amiens

Dans la première moitié du XXe siècle, le Jardin des Plantes d’Amiens continue de se développer, malgré la suppression du cours public de botanique par la mairie en 1895.

En 1930, le jardin s’étend sur 8 000m2. Il dispose d’un pavillon et de serres (dont la serre Napoléon III, édifiée en 1899) comprend un petit arboretum et expose une collection de plantes officinales, médicinales, tinctoriales et alimentaires.

Au cours du XXe siècle, le jardin fait surtout face à des besoins toujours plus pressants de la part de la Ville. Les lieux de production sont agrandis, de nouvelles serres hollandaises sont installées, de même que des bâtiments techniques et des locaux pour le personnel. La mission pédagogique à l’origine du jardin est progressivement mise entre parenthèses, au profit d’une production végétale croissante. Les plantes qui sortent chaque année du Jardin des Plantes servent désormais à fleurir l’ensemble des espaces publics amiénois.

 

Des plantes, des usages et des hommes

En 2001, le Jardin des Plantes d’Amiens fête son 250e anniversaire. A cette occasion, le lieu renoue avec sa vocation première d’enseignement public : il est décidé que la mission botanique du jardin serait profondément réhabilitée. En quelques années, quatre grandes collections de plantes liées à l’histoire de Picardie voient le jour, axées sur le thème « Des plantes, des usages et des hommes ». A travers les allées du jardin, le visiteur se familiarise avec différents sujets, comme la connaissance des plantes, l’Homme et la consommation, l’Homme et l’industrie ou encore l’Homme et la santé.

Lieu de production et de savoir disposé sur un hectare de verdure, le Jardin des Plantes d’Amiens a su traverser les siècles. Ouvert au public toute l’année, il reste un lieu de promenade agréable à deux pas du centre-ville.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia

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