Hersent (entreprise)

et la sucrerie d’Eppeville...

Première guerre mondiale… Les sucreries du secteur d’Eppeville sont fortement endommagées en 1917, et détruites après la retraite allemande du mois d’août 1918. Edme Sommier, riche raffineur parisien, et l’ingénieur Emile Tabary lancent l’idée d’une toute nouvelle sucrerie, appelée à devenir la plus grande sucrerie de France.
La taille du chantier et l’équipement hors normes exigent le recrutement d’entreprises hautement spécialisées. Les travaux débutent en 1920 par la stabilisation indispensable du terrain retenu, situé en zone marécageuse. Cette phase est confiée à l’entreprise Jean & Georges Hersent. Le coût de ces travaux de fondations s’élève alors à 10 millions de francs…


Georges Hersent Crédits : Académie de marine

Hersent est une entreprise de travaux publics et maritimes formée en 1904 par Jean et Georges Hersent. Cette importante société est née du savoir-faire et de l’ingéniosité d’Hildevert Hersent, leur père, ingénieur autodidacte, qui fait ses premières armes au milieu du 19e siècle, dans la construction d’écluses et d’un tunnel sur la ligne Paris Rouen.

Mais les qualités d’innovation et de technicité d’Hildevert Hersent ne sont réellement reconnues qu’en 1858, sur le chantier des fondations du pont de Kehl, sur le Rhin. Hersent, qui travaille alors pour l’entreprise Castor, réalise les fondations profondes du pont grâce à l’utilisation de caissons en tôles, alimentés par air comprimé. Cette technique innovante est éprouvée lors de la construction de nombreux autres ouvrages comme le pont d’Arles, sur le Rhône, en 1864. Hildevert, devenu l’un des principaux associés de l’entreprise, en prend la direction en 1874, à la mort de M. Castor. L’entreprise prend alors le nom d’Hersent, et s’étend à l’international. Elle intervient dans la régulation du Danube à Vienne, pour la création du nouveau port de Lisbonne, elle travaille à Anvers, à Bordeaux, ou au canal de Panama. En 1886, Hildevert devient président de la société des ingénieurs civils de France.
En 1887, l’industriel associe ses fils Jean et Georges à l’entreprise.

A la mort de leur père en 1903, les deux frères, tous deux ingénieurs de l’Ecole centrale des Arts et Manufactures, poursuivent avec le même dynamisme la réalisation des plus grandes installations portuaires, notamment dans les colonies et en Argentine. En 1902, ils construisent le grand port maritime de Rosario de Santa Fé et en assurent l’exploitation jusqu’en 1942. Les compétences de l’entreprise sont reconnues dans le monde entier. En France, elle est retenue pour la modernisation ou les extensions des ports de Cherbourg, Lorient, Dunkerque, Bordeaux ou Toulon. Georges Hersent, particulièrement attaché aux aspects techniques auxquels il est confronté à chacun de ses chantiers, est aussi un économiste éclairé qui fait évoluer la place des ports, et leur mode de gestion après la Première guerre mondiale. Enfin, il s’intéresse également aux questions d’éducation et urbanisme, et est élu Président de la Société des Ingénieurs civils en 1925.

Hersent est à la base (eh, oui, les fondations …) de la construction de la sucrerie d’Eppeville. Quant à l’objectif d’en faire la plus grande sucrerie de France, dès 1925, la productivité de 3000 tonnes de sucre par jour dépasse largement les chiffres des autres sucreries de la région ! De nouveau bombardée en 1940, puis reconstruite et modernisée, elle est toujours en activité, propriété de l’entreprise Saint-Louis Sucre.

Contributeur(s) initial(ux)

LAVAL Nadine ; Direction de l’Inventaire et du Patrimoine culturel / Région Picardie

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