Gribeauval, Jean Baptiste Vaquette de

Militaire (1715 - 1789)

Ce Picard mena Napoléon à la conquête de l’Europe en réorganisant l’artillerie française au XVIIIe siècle. Il s’appuie sur l’arsenal de La Fère pour révolutionner les méthodes de fabrication en imposant des normes standardisées, rendant ainsi l’armée française la plus performante d’Europe.

Napoléon 1er répétait qu’il « devait ses victoires à ce génie de Gribeauval »… Dans ses usines, Henri Ford s’est inspiré de la standardisation de la fabrication qu’il a imposée ...

Canon aux Invalides Crédits : http://www.flickr.com/photos/kantr/4086546149/ Creative Commons

Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval a réorganisé l’artillerie française au XVIIIe siècle et fait de l’armée française la plus performante en Europe. Il a révolutionné les méthodes de fabrication en imposant des normes standardisées partout. Il s’est appuyé sur l’arsenal de La Fère, site pilote de ses expériences.

Résolument moderne, organisé, fin stratège, Jean-Baptiste est né à Amiens en 1715, habitant Bovelles au sommet de sa gloire. Il est décédé à Paris en 1789.

Fils d’un magistrat seigneur de Gribeauval, en quête d’aventure, il s’engage à 22 ans. Son destin se dessine. Marie-Thérèse d’Autriche reconnait ses qualités et le nomme chef d’artillerie… Puis il part en Prusse chez Frédéric II ; avec ces deux séjours, il connait les meilleures armées d’Europe. Fait prisonnier, il est échangé par l’impératrice d’Autriche, décoré, adulé … et rentre en France. En 1764, le duc de Choiseul, ministre de la guerre, le nomme maréchal, puis inspecteur général de l‘artillerie. Il va transformer de fond en combles le corps des mines et l’artillerie.

Son adage : « profite de la paix pour préparer la guerre. »

Gribeauval trouve une armée mal en point, des canons lourds, des fusils impossibles à réparer quand ils s’enraient. Obsédé par l’efficacité, il calcule tout, surveille la qualité de la fonte, diminue l’espace entre le boulet et le canon pour gagner en précision. Dans un pays où chaque ville a ses propres mesures, où chaque fondeur a les siennes et garde ses secrets de fabrication, il impose un système rationnel : unité de calibres, de munitions, d’outils et de méthodes d’entretien. Il rédige le cahier des charges et le fait valider par ordonnance royale en 1765. Une fois le système lancé, il envoie ses contrôleurs surveiller les ateliers. Il fabrique des prototypes, réalise des tests comparatifs, essaie le matériel dans des conditions réelles et impose sa méthode.

Il choisit ses fournisseurs. L’atelier de Saint-Etienne, très performant, est subventionné pour sortir les fusils. Les essais se passent à La Fère. Depuis que Mazarin y a ouvert un arsenal modèle en 1666, la ville vit pour l’armée. Louis XV ajoute un moulin à poudre et la première école d’artillerie, puis une école du génie. 490 hommes y sont cantonnés, les casernes s’agrandissent régulièrement.

Furieux, les armuriers écartés montent une cabale mais rien n’arrête Gribeauval. C’est un changement de ministre qui entraîne sa disgrâce temporaire après qu’il ait refusé un passe droit pour le duc d’Orléans. Il préfère favoriser les officiers compétents aux nobles héritiers : « si l’intrigue est nécessaire pour parvenir, l’esprit de corps est perdu et le bien du service en souffrira. » Il se retire sur sa terre de Bovelles et bâtit un château aux dépendances gigantesques pour loger sa troupe et ses chevaux. Puis, une fois rappelé à Versailles, il poursuit son œuvre avec efficacité.

Il pense aussi à ses soldats, instituant une retraite par cotisation et met sur pied un atelier spécial, adapté aux artilleurs invalides.

Encore un aspect de son esprit pionnier. Avec son adjoint Nicolas Cugnot, il construit aux frais du roi un prototype de machine à vapeur en fonte, très lourde, trop lourde … Mais avant Watts.

L’armée révolutionnaire a fait la preuve de son talent en gagnant la bataille de Valmy en 1792 grâce à la précision des armes, à la mobilité des canons et à leur rapidité de mouvement. La supériorité de l’armée française sera évidente lors des campagnes de Napoléon !

Quelles techniques ?

Gribeauval allège les canons pour avancer plus vite. Ses canons sont manœuvrés par les soldats, sans chevaux. Les canons en bronze tirent des boulets de 2 à 6kg qui portent à 600m pour la mitraille et 800m pour les boulets. C’est plus loin que l’adversaire. Les canons sont plus précis car équipés d’une visée qui s’ajuste en hauteur. L’obusier envoie jusqu’à 1200m un boulet en fonte contenant de la poudre et une fusée qui s’enflamme au départ. Les fusils Gribeauval sont utilisés en France jusqu’en 1840, imités en Europe et aux Etats-Unis. Les matériels sont interchangeables et donc réparables.

Des canons Gribeauval sont exposés sur l’esplanade des Invalides à Paris.

Jean Baptiste Vaquette de Gribeauval, le Picard qui mena Napoléon à la conquête de l’Europe. par « Elisabeth Gillion », publié le 25/05/10

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Gillion, Elisabeth

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