Gresset, Jean-Baptiste

Auteur dramatique et poète (1709 - 1777)

Protégé de Madame de Pompadour, Gresset finit par subir la disgrâce royale. Pour se conformer au pouvoir royal et religieux, il renie et brûle une partie de ses œuvres. De reconnu, il est devenu méconnu.


Jean-Baptiste Gresset, par Louis Tocquet Crédits : Château de Versailles

« Par eux-mêmes souvent les méchants sont trahis. »
Le Méchant (1745)
Page de garde de Le Méchant

Né à Amiens en 1709, Jean-Baptiste Louis Gresset débuta sa carrière comme professeur. En 1734, il consacre sa première œuvre, un « Poème spirituel et malicieux », à Ver-Vert histoire d’un perroquet de Nevers. Il fut reçu en 1748 à l’Académie Française grâce à sa comédie, le Méchant.

En tant que protégé de Mme de Pompadour, il fait l’objet de nombreuses attaques.

Après une disgrâce royale, il se retira dans sa ville natale, dont il fonda l’Académie.

Il brûla de nombreuses œuvres inédites sur les conseils de l’évêque d’Amiens. Il écrit dans sa Lettre sur la Comédie : « Je profite de cette occasion pour rétracter aussi solennellement tout ce que j’ai pu écrire d’un ton peu réfléchi dans les bagatelles rimées dont on a multiplié les éditions, sans que j’aie jamais été dans la confidence d’aucune ».

Dans sa première œuvre, Ver-Vert, il avait pourtant indiqué à son espièglerie le chemin de la postérité :

"on dit pourtant (pour terminer ma glose
en peu de mots) que l’ombre de l’oiseau
ne loge plus dans le susdit tombeau ;
que son esprit dans les nones repose,
et, qu’en tout temps, par la métempsycose,
de sœurs en sœurs, l’immortel perroquet
transportera son âme et son caquet."

Jean-Baptiste Louis Gresset meurt en 1777.

Vu par Léopold Derôme

Dans la préface de Poésies choisies de Gresset, Léopold Derôme (1833-1889) compare, sans les placer à la même hauteur, l’auteur de Vert-Ver et La Fontaine :

Le talent et le tempérament de Gresset sont tout entiers dans ce poème de quelques centaines de vers. (...) Par le piquant de la forme, la gracieuseté inoffensive de la plaisanterie, l’abondance de l’imagination, la facilité de l’expression toujours neuve et pleine d’abandons, il emporta du premier coup le suffrage de la foule et celui des maîtres de la littérature. On n’avait rien vu de semblable depuis la bonhommie de La Fontaine. (...)

Il n’en a pas l’ampleur, l’expérience morale, la naïveté terrible. Il en approche néanmoins par plus d’un endroit.

La critique de Voltaire

Pour se conformer au pouvoir royal et religieux, Gresset renie une partie de ses œuvres, ce qui lui vaut une critique de Voltaire - auteur qui avait pourtant salué son travail - dans Le pauvre diable :

Gresset dévot, long-temps petit badin,
Sanctifié par ses palinodies ;
Il prétendait avec componction
Qu’il avait fait jadis des comédies
Dont à la Vierge il demandait pardon.
Gresset se trompe, il n’est pas si coupable
Un vers heureux et d’un tour agréable
Ne suffit pas ; il faut de l’action,
De l’intérêt, du comique, une fable,
Des mœurs du temps un portrait véritable,
Pour consommer cette œuvre du démon !

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia

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