Graves, Louis

Archéologue, botaniste et géologue (1791-1857)

Directeur de cabinet du préfet de l’Oise, il parcourt toute les communes du département et rédige les Annuaires statistiques de l’Oise , précieux outil de travail pour les chercheurs.

Tous les chercheurs de l’Oise utilisent le « Graves », c’est-à-dire les Précis statistiques du département de l’Oise, annuaires des 29 cantons des arrondissements de Beauvais, Clermont, Compiègne et Senlis, publiés en 9 volumes, de 1827 à 1851. Pourquoi ? Parce qu’on est sûr d’y trouver une notice sur chaque commune du département de l’Oise. Mais l’œuvre considérable de Graves ne se limite pas à ce précieux répertoire statistique.
Annuaire de l’Oise, précis statistique de Clermont

Qui était réellement Louis Graves ?

Avant même d’être le rédacteur des « Annuaires statistiques de l’Oise », Graves fut archéologue, mais surtout un botaniste passionné et un géologue de niveau européen, à la pointe de la recherche en Sciences naturelles à son époque.

Louis Graves est né à Bordeaux le 21 octobre 1791. Son père, colon de Saint-Domingue, ruiné, se réfugie dans le domaine des Loges, près de Jonzac (Charente-Maritime). Le jeune Louis fait de brillantes études à Bordeaux, complétées par des études de médecine.

En 1814, il est nommé secrétaire de l’Académie de Bordeaux, on lui confie la direction du Musée de Bordeaux. En 1814, c’est la fin de l’Empire, Louis XVIII devient roi. Louis Graves suit en 1815 vers Paris les notables bordelais.

En 1817 : il arrive à Paris avec M. de Germiny, nommé Préfet de l’Oise, et devient directeur de cabinet du Préfet, puis chef de division, conseiller de préfecture et, en 1830, Secrétaire général. « Véritable et perpétuel administrateur du Département de l’Oise ». Il parcourt à pied toutes les communes de l’Oise, et commence la rédaction des Annuaires statistiques des cantons. Le premier est Chaumont-en-Vexin en 1827, le dernier est Beauvais en 1851.

En 1842, il quitte Beauvais et fait don à la Société académique de la magnifique collection de géologie départementale pour le Musée, qui fut détruit en 1940. Il est un des premiers membres de la Société géologique de France et participe à la création de la Société botanique. Il seconde M. Legrand à la Direction des Forêts, jusqu’à la Révolution de 1848.

Le Conseil général de l’Oise, le 26 novembre 1848, le rappelle pour terminer les Notices statistiques. Fin 1848, M. Hippolyte Passy, ministre des Finances, le réintègre dans l’Administration des Forêts. En janvier 1851, le ministre des Finances le nomme secrétaire général de son ministère, puis il retourne à l’administration forestière. Le 29 janvier 1852, M. Bineau, ministre des Finances, le nomme sous-directeur des régies financières du ministère. En 1854, il est nommé Directeur général de l’administration des Forêts. Il meurt à Paris d’une congestion le 5 juin 1857.

L’œuvre de Louis Graves

Graves a publié, en plus des Précis statistiques du Département de l’Oise par cantons, une Notice archéologique sur le département de l’Oise (1re éd en 1838, 236 p.), et un Essai sur la topographie géognostique du département de l’Oise (804 p) en 1847. La Notice archéologique est rééditée et considérablement augmentée en 1856 (500 p), et un Catalogue des plantes observées dans l’étendue du département de l’Oise (306 p) paraît en 1857. Avec les Précis statistiques, c’est une œuvre considérable de plus de 5 000 pages.

Les Précis statistiques par cantons, extraits de l’Annuaire de l’Oise

La « grande œuvre », de Louis Graves, la plus connue et la plus utilisée, reste les « Précis statistiques par cantons », dont les volumes ont été réédités récemment. Ces ouvrages comportent des tableaux statistiques, mais aucune illustration ni carte. Les notices ont été rédigées sur 25 ans, de 1827 à 1851.

Les volumes sont répartis ainsi : Arrondissement de Beauvais : T.1 (Auneuil, Beauvais, Chaumont), T 2 (Coudray-Saint-Germer, Formerie, Grandvilliers, Marseille) et T.3 (Méru, Nivillers, Noailles, Songeons). Arrondissement de Clermont : T.4 (Breteuil, Clermont, Crèvecœur, Froissy) et T.5 (Liancourt, Maignelay, Mouy, Saint-Just-en-Chaussée). Arrondissement de Compiègne : T.6 (Attichy, Compiègne, Estrées-Saint-Denis, Guiscard) et T. 7 (Lassigny, Noyon, Ressons-sur-Matz, Ribécourt). Arrondissement de Senlis : T.8 (Betz, Creil, Crépy-en-Valois, Nanteuil-le-Haudouin) et T.9 (Neuilly-en-Thelle, Pont-Sainte-Maxence et Senlis).

Chaque Précis statistique consacré à un canton, gros de 100 à 250 pages, est organisé selon un plan identique : Topographie physique, Population, Administration avec des notices détaillées par communes, les plus utilisées par les chercheurs, puis Agriculture et Industrie. Ces notices, donnent une description très détaillée et très vivante de tous les aspects de la vie au 19e siècle, des territoires aux végétaux, aux animaux et aux populations, décrivant les activités agricoles et industrielles, avec des exemples concrets. Un ensemble très riche d’informations, qui constitue une somme inégalée.

On trouve dans le « Graves » des statistiques très détaillées, des descriptions précises de la géographie, des paysages, de l’histoire des communes de l’Oise, mais surtout un état très documenté des populations, des mœurs, des activités agricoles et industrielles des pays de l’Oise au milieu du 19e siècle. Une œuvre immense, à redécouvrir, qui n’a pas d’équivalent au 20e siècle. Ce texte est le résumé d’un article à paraître dans le T.3 de Mémoires d’ici.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Boulet Claude

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