Gothique en Picardie (le)

XIIe - XVIe siècles

Cathédrales, églises et châteaux gothiques , reflètent la croissance économique et démographique de cette terre de contact entre la Flandre et Paris, ainsi que le savoir-faire et les pratiques. Malgré les ravages des guerres et des révolutions, on peut encore admirer un riche éventail d’édifices.


Notre-Dame d’Amiens Crédits : Megathud, Creative commons
Érigées entre les XIIe et XVIe siècles, les cathédrales, les églises ainsi que les châteaux gothiques de Picardie reflètent la croissance économique et démographique de cette terre de contact entre la Flandre et Paris, ainsi que le savoir-faire et les pratiques - liturgiques et militaires - des hommes qui suscitèrent leur construction. C’est sur la richesse du sol, de ces forêts et de ces carrières que les évêques et les seigneurs s’appuyèrent pour financer et alimenter des chantiers de cathédrales et de châteaux dont la démesure est l’expression de la foi et de l’émulation. La régénérescence dont le style gothique a fait preuve à travers les siècles est également le reflet de cette expression. Les maîtres d’ouvrage, soucieux d’originalité, suscitèrent en effet le renouvellement constant des formes ; c’est pourquoi, de Noyon à Senlis, de Soissons à Laon et de Beauvais à Amiens, les cathédrales offrent l’éventail le plus représentatif des styles gothiques. Ces grands édifices ont aussi étendu leur influence à l’ensemble de la Picardie et des chantiers alentours, favorisant la construction de petits édifices - églises ou demeures civiles - qui, à leur échelle, participèrent au développement et à l’évolution des formes et techniques gothiques.
 

L’Aisne gothique
Plan de la cathédrale de Laon Crédits : Dessin de Viollet-Leduc

Des terres qui virent l’émergence du style gothique, celle de l’Aisne est l’une des plus fécondes et, aussi, l’une des plus touchées par les destructions de la Révolution (abbayes Saint-Jean-des-Vignes à Soissons et Notre-Dame à Longpont) de la Grande Guerre (Soissons, Cerny-en-Laonnois). Malgré tout, elle garde encore une multiplicité d’édifices fondateurs des techniques gothiques et promoteurs de ses formes. D’importantes carrières de pierre ont aussi favorisé la réalisation de chantiers d’envergure, qu’ils soient religieux, civils ou militaires.

À côté des cathédrales, l’architecture religieuse dans l’ancien diocèse de Soissons et de Laon, est en effet marqué par de grandes constructions comme Orbais, Braine, Mont-Notre-Dame, Essômes, Longpont et Saint-Jean-des-Vignes. Par ailleurs, des groupes d’églises résultant d’une maîtrise commune, notamment Mons-en-Laonnois, Laval, Nouvion-le-Vineux et Vorges, uniformisent le paysage tandis que l’influence des cathédrales sur leur diocèse respectif suscite une architecture homogène. Face à ces grands vaisseaux, comme en réponse au pouvoir religieux, s’impose la marque du pouvoir seigneurial avec l’édification de châteaux majeurs pour l’histoire castrale tels que Coucy, Château-Thierry et La Ferté-Milon.

L’Oise gothique
Saint-Pierre de Beauvais Crédits : Megathud, Creative commons

Au département de l’Oise correspondent les anciens diocèses de Noyon, de Senlis et de Beauvais.

Cette région est privilégiée par la qualité de sa pierre calcaire, à grains fins, favorable aux formes gothiques. C’est pourquoi la vallée de l’Oise constitue le berceau de ce style et en favorisa les étapes du développement. Ainsi, dès le début du XIIe siècle, apparaissent des édifices fondateurs, tels que Saint-Lucien et Saint-Etienne de Beauvais, Saint-Germer-de-Fly et Saint-Leu-d’Esserent, tandis que la seconde moitié du siècle est marqué par deux chantiers majeurs que sont les cathédrales de Noyon et de Senlis. Le XIIIe siècle est quant à lui caractérisé par le foisonnement des chantiers paroissiaux et, surtout, par la reconstruction de la cathédrale de Beauvais qui, encore au XVIe siècle, avec celle de Senlis, donnera le ton en favorisant le développement de l’architecture flamboyante.

Un tel succès résulte de la proximité du pouvoir royal. L’évolution de l’activité architecturale dans la région a en effet suivi de très près l’évolution de la situation politique : à la courbe sinueuse de l’ascension royale de Louis VII à François Ier, se superpose celle du dynamisme des constructeurs.

 
La Somme gothique

Le département de la Somme, qui correspond à l’ancien diocèse d’Amiens, s’étend sur la plaine crayeuse, recouverte de limon, de la Picardie occidentale. La tendresse de cette pierre a largement déterminé l’apparition du style gothique (Lucheux, Airaines) et son développement au XIIIe siècle, notamment à la cathédrale d’Amiens. À l’instar de celle de Reims, la cathédrale d’Amiens s’imposa comme l’œuvre la plus aboutie du siècle en matière d’architecture et de sculpture. Il n’en reste pas moins que la Somme n’est pas marquée par de grands chantiers rayonnants tels qu’en connut l’Oise.

Moins tournée vers le domaine royal que les autres régions de la Picardie et plus ouverte aux influences formelles et techniques évoluant de part et d’autre des rives de la Manche, elle n’a pas eu, avant le XVIe siècle, de rôle majeur dans la promotion du style gothique. Il faut en effet attendre la période flamboyante, avec des édifices comme Fontaine-sur-Somme, Abbeville, Saint-Riquier, Auxy-le-Château et Rue, pour qu’un renouveau architectural s’impose et et encourage la réalisation d’autres constructions. Comme pour l’architecture religieuse, l’architecture civile et l’architecture castrale, bien que bénéficiant de vestiges des XIIe et XIIIe siècles, sont principalement représentées par des ouvrages de la fin du Moyen Âge : châteaux de Lucheux, Olhain, Rambures.

 

 

 

 

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia

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