Fonderie de Trélou-sur-Marne

Un exemple de sauvetage d’entreprise

Placée en liquidation judiciaire en 1999, la fonderie renaît de ses cendres sous forme de société coopérative de production, grâce à la mobilisation de quelques-uns de ses salariés.


Fonderies de l’Aisne, Trélou-sur-Marne - Les Fonderies de l’Aisne à Trélou-sur-Marne Crédits : CRDP d'Amiens

Créée en 1924 et installée depuis 1950 au hameau de Chassins, sur le territoire de la commune de Trélou-sur-Marne, dans le sud de l’Aisne, la fonderie Denis ouvre au mois de février 1999 un second pôle dans la zone industrielle de Dormans, dans le département voisin de la Marne.

Le site de Chassins reste pleinement consacré à la fonderie proprement dite, celui de Dormans réalisant les opérations de contrôle d’étanchéité, les essais de pression, etc.

Cette entreprise de métallurgie s’est spécialisée dans la fabrication de pièces, en petites et moyennes séries, à destination des équipementiers automobiles, de la chauffagerie.

À cette époque, la P.M.E. emploie 92 salariés, cadres et ouvriers.

Au printemps 1999, la presse locale se fait l’écho de rumeurs d’une fermeture des sites.

Le directeur de l’entreprise, Jean-Michel Denis, se veut alors rassurant. Pourtant la fonderie Denis est placée en liquidation judiciaire, le 5 mai 1999.

La renaissance

Elle ne renaîtra de ses cendres que grâce à la mobilisation de quelques-uns de ses salariés qui se mobilisent pour créer le 1er juin 1999 Les Fonderies de l’Aisne , sous la forme d’une S.C.O.P.(société coopérative de production).

Ils réunissent 300.000 € de capital et bénéficient d’un prêt bancaire, des aides du Conseil régional ainsi que du Conseil général de l’Aisne, 75.000 € chacun.

Aujourd’hui, la nouvelle organisation de la production implique une plus grande polyvalence de ses employés coopérateurs, une diversification de sa clientèle.

En 2009, 90 % de son chiffre d’affaire se faisait dans le secteur de l’équipementerie des poids lourds. C’est moins de 50 % aujourd’hui.

Les Fonderies de l’Aisne ont conquis de nouveaux clients, par exemple des fabricants de chaudière à condensation (20 % du C.A.) ou des sociétés du secteur nautique (12 %).

Ses bons résultats ont rendu nécessaires de nouveaux investissements, l’engagement d’employés supplémentaires.

L’effectif de l’entreprise atteint 33 salariés à la fin de l’année 2011, 8 embauches supplémentaires étant prévues dans un avenir proche.

A l’intérieur du monde foisonnant des statuts juridiques des entreprises du secteur privé, la société coopérative se trouve en situation minoritaire mais n’est pas une rareté.

Les Fonderies de l’Aisne sont l’une des 678 coopératives recensées en Picardie, dont 28 sociétés coopératives de production. Présents dans les secteurs agricoles et du bâtiment, les S.C.O.P. sont plus rares dans l’industrie.

Les S.C.O.P. de l’industrie comptent 804 salariés pour 9014 emplois sur l’ensemble du secteur coopératif dans la région picarde.

Un emploi picard sur dix, soit 59000 emplois, relève du secteur de l’économie sociale, soit près de 5100 employeurs dans la région, pour une masse salariale qui pèse 1,14 milliard d’euros.

Les Fonderies de l’Aisne de Trélou-sur-Marne ont été parmi les premières sociétés à bénéficier du Fonds régional d’investissement solidaire, le F.R.I.S.

Depuis 2008, celui-ci a pour but de donner aux coopératives les mêmes outils financiers qu’aux autres formes de structures associatives, des garanties d’emprunt et des avances sur emprunt qui permettent de créer un fond de roulement pour les nouvelles sociétés. 

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; CRDP Picardie

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